Archive for Bouquins

One Day (David Nicholls, 2009)

Au risque d’en surprendre plus d’un, je me suis récemment dit qu’il fallait que j’ouvre un peu mes horizons en matière de “littérature”. C’est donc sous les recommandations d’un compagnon de voyage lors de notre virée au Pérou que je me suis décidé à lire One Day, ne m’ayant fait expliqué qu’un succinct résumé du livre.


L’idée de base est simple; raconter la vie de deux personnes et leur relation (ou manque de relation) en ne décrivant qu’une seule de leur journée chaque année, pendant 20 ans.


L’histoire débute donc le 15 juillet 1988 lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’université d’Edinbourg. Emma Morley et Dexter Mayhew se retrouvent dans le lit de cette dernière après une soirée arrosée et alors que l’alcool perd de son effet, nos deux personnages ne passent pas à l’acte. D’ailleurs, chacun de son côté se rend compte qu’il allait certainement faire une erreur : Emma, même si elle trouve que Dexter est beau comme un dieu, se dit qu’il est probablement superficiel (au vue de sa réputation) et va certainement filer à la première occasion et ne jamais la rappeler. Dexter quant à lui n’est pas satisfait d’avoir manqué d’accrocher Emma à son tableau de chasse et n’a envie que d’une chose, partir et la laisser en plan. Mais voilà, en un instant alors qu’ils auraient pu en rester là, au détour d’un silence inconfortable, Emma et Dexter partagent quelques réflexions sur leur vie et où ils seront lorsqu’ils auront 40 ans. Après leur petite discussion, ils finissent par se rendre compte que la compagnie de l’autre n’est pas si désagréable et va naitre entre eux une amitié forte. Mais voilà, les aléas de la vie vont-ils éloigner ou rapprocher nos deux protagonistes ?


Si le résumé en donne l’impression, le livre n’est pas du tout un roman à l’eau de rose. En tout cas, même si le livre décrit l’évolution des deux protagonistes et leurs interactions pendant une vingtaine d’année, le récit n’est pas fleur bleue et le ton ainsi que l’écriture sont résolument modernes et remarquablement bien rendus.

J’ai souvent du mal avec des passages de dialogues dans les romans et le fait qu’il est extrêmement difficile d’ajuster le niveau de langage parlé à l’écrit sans entacher la crédibilité du récit ; j’ai été impressionné par la déconcertante facilité avec laquelle David Nicholls parvient à faire que nos deux héros et le reste des personnages ont des conversations si naturelles, et ce à l’écrit. Un bon point donc ! (j’ai actuellement une amie qui le lit en français et apparemment la traduction est plutôt pas mal, donc forcément un plus !)


Tout cela ne serait que superficiel si le contenu du récit n’était pas aussi captivant et crédible. On devient très rapidement impliqué dans la vie d’Emma et Dexter même si au final nous n’assistons qu’à une seule journée de leur vie chaque année. J’ai eu du mal à lâcher le bouquin et l’ai fini en trois jours tant la lecture était addictive.

Et si visiblement le lecteur sait pertinemment ce que pense Emma de Dexter et inversement, l’auteur capture parfaitement le fait que les aléas de la vie prennent le dessus sur ce que chacun de nous désire vraiment et que les tournures que prennent nos destins ne sont en définitive qu’une question de timing, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire ; ce qui est ici tragiquement vrai pour nos deux personnages principaux dans One Day.


Mon seul regret dans le livre se trouve dans un des aspects de la vie de Dexter (Show ▼

) et qui n’aurait en rien gâché l’histoire si ce détail avait été occulté. Mais bon, je chipote, hein !


Un film a été tourné très rapidement après la publication de One Day, et apparemment il n’est vraiment pas à la hauteur du livre, donc si l’histoire vous intéresse, jetez-vous sur le livre, One Day ou Un Jour, est en vente dans toutes les bonnes crèmeries !

Red Country (Joe Abercrombie, 2012)


Vous deviez certainement vous y attendre, à chaque opus du sieur Abercrombie, il m’incombe la tâche d’écrire un petit billet sur son dernier livre. Et une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de Red Country, son sixième livre.


Après la trilogie de La Première Loi, l’auteur a publié deux romans dans le monde qu’il avait crée, à chaque fois bousculant les codes du genre Fantasy. Best Served Cold était une histoire de vengeance implacable alors que The Heroes relatait trois jours d’un conflit entre l’Union et les Hommes du Nord, et qui soulignait les inepties de la guerre.


Red Country (qui se déroule une dizaine d’année après The Heroes) quant à lui rend hommage aux westerns et se déroule dans le Vieil Empire qui avait déjà été évoqué lors de la première trilogie.

Shy South, Ro et Pit ainsi que leur père adoptif Lamb vivent paisiblement dans une ferme près de Squaredeal. Alors que Shy et Lamb se rendent à la ville pour vendre le grain qu’ils ont récolté durant l’année, leur retour à la ferme s’achève brutalement lorsqu’ils retrouvent le bâtiment brûlé et leur ami Gully, qui s’était occupé de garder les enfants, pendu. Aucune trace de Ro ni Pit.

Shy et Lamb partent donc sur les traces des bandits responsables de cet enlèvement, ne sachant pas que ce périple va faire ressurgir leur passé, qui fut plutôt sanglant…


Une introduction ma foi assez sympathique!


On commence par les points positifs. Comme à son accoutumée, Joe Abercrombie a un style très réaliste, brutal et cynique. Il en résulte une narration percutante et des dialogues avec de bons mots qui font souvent mouche. La trame est classique tout en incluant des moments intéressants (la construction de certains paragraphes par exemple) et des fausses pistes qui tiennent le lecteur en haleine. Par contre, j’ai trouvé le livre moins « drôle » que ses prédécesseurs, car même si ce n’est pas censé être comique, j’ai moins sourit que pendant la lecture des autres bouquins.

Deuxièmement, les personnages que l’auteur décrit ont tous des moralités ambigües et complexes; il y a souvent des gentils méchants et de méchants gentils… Chaque protagoniste a son histoire, plus ou moins travaillée, et c’est ce qui rend la narration d’autant plus intéressante, car comme à son habitude, la trame est racontée au travers des yeux des héros.

Finalement, j’aimerai évoquer l’ambiance western qui a été instaurée par l’auteur. Les descriptions des lieux du livre nous rappellent parfaitement les ambiances du far west et les scènes sont délibérément relatées de manière à pouvoir s’imaginer des étendues sauvages comme si on y était. Je pense que le mélange entre le monde créé par l’auteur et cet élément orignal insuffle une nouvelle dimension au genre Fantasy.


Et maintenant quelques points négatifs.

J’ai eu du mal à accrocher sur certains personnages; le ton du récit est moins cynique que d’habitude et cela se ressent dans les protagonistes, qui m’ont moins marqué que les livres précédents.

J’ai lu pas mal de fora qui louait la prose de l’auteur, décrivant cet épisode comme son meilleur livre, stylistiquement. Autant je pense qu’Abercrombie a bien réussi à poser le décor, autant j’ai senti certains passages assez balourds, essentiellement au niveau des dialogues. Je ne sais pas si c’est pour rester fidèle au code du western, mais il semblerait qu’avoir le dernier mot dans une tirade n’est pas aussi aisé que l’on pense!


J’ai relu le bouquin et mon sentiment, même si plus favorable que la première fois, est toujours tirant vers la déception. Je m’attendais à mieux; je ne sais pas si c’est parce que je suis insensible au mythe et codes du western ou bien parce que certains personnages ont manqué de me faire jubiler, mais je pense que c’est le livre le plus faible de la série.


Reste qu’on a pu retrouver avec plaisir certains personnages (y’a des surprises ici…) des précédents livres et qu’à présent Joe va s’atteler à une nouvelle trilogie, cette fois dans la même veine que la première. Connaissant son débit d’écriture, je pense qu’il ne faudra pas attendre trop longtemps pour pouvoir la lire!

L’homme qui voulait vivre sa vie (Douglas Kennedy, 1997)

De son titre original The Big Picture, L’Homme Qui Voulait Vivre Sa Vie est un roman de Douglas Kennedy.

Je ne connaissais rien de cet auteur, je ne savais même pas qu’une adaptation cinématographique avait été tournée il y a de cela peu temps (2010), mais c’est un livre qui m’a été prêté récemment et il faut le dire je n’avais rien d’autre à lire…je partais donc sur des bases saines d’objectivité totale.


Une autre remarque : c’est également le premier livre en français que j’ai lu depuis une éternité (le dernier dont je me souvienne, c’est Le Livre Sans Nom…) et je pense que mon opinion a légèrement été biaisée par sa traduction, car Douglas Kennedy est un auteur qui publie ses romans en anglais.


Ben Bradford est un avocat de Wall Street qui a tout réussi dans sa vie ; il va devenir associé au « jeune âge » de 38 ans,  a une belle épouse ainsi que deux enfants et tous vivent dans une banlieue chic et friquée du Connecticut. Mais voilà, Ben n’a pas eu un parcours typique et a dû renoncer à sa plus grande passion, la photographie, à son grand dam et celui de sa femme qui elle aussi aurait aimé être artiste. Néanmoins, cette vie parfaite n’est qu’une façade et le couple Bradford cache une fragilité proche de la rupture. Et il faudra qu’un évènement extraordinaire se produise pour que Ben prenne enfin le contrôle de sa vie et devienne l’homme qui voulait vivre sa vie.


Ouais, ouais, ouais, ma première remarque quant au style d’écriture du bouquin est purement relative à la traduction qui était moyenne. J’ai vraiment eu avec certains dialogues qui n’étaient pas fluides et surtout étaient sincèrement mal écrits/traduits. J’évoquais sans retenue Le Livre Sans Nom, par moment LHQVVSV (L’Homme Qui Voulait Vivre Sa Vie) me rappelait la traduction approximative de mon livre préféré. J’attendais franchement mieux à ce niveau !


L’affiche du film

Au niveau du contenu, il y avait du bon et du moins bon. L’idée de base est plutôt intéressante, avoir une deuxième chance dans sa vie, alors qu’on a dû renoncer à la véritable passion qui nous alimente ; ce concept très ouvert pousse à la réflexion, mais malheureusement c’est vraiment traité de façon superficielle et on tombe rapidement dans un récit classique, plutôt suspense.

Cette prise de position pourrait être acceptable si la trame était crédible, ce qui n’est pas toujours le cas. Il y a des moments assez invraisemblables qui gâchent quelque peu la lecture.


Je serai finalement curieux de savoir si l’un de nos lecteurs a lu le livre ou même vu le film (voire les deux) et si la même impression d’inachevé se fait sentir.

The End Specialist (Drew Magary, 2011)

La couverture de je ne sais pas quelle version...

Imaginez un monde où la science a tellement progressé qu’elle propose à l’être humain un vaccin contre le vieillissement. Trois injections et votre âge est éternellement figé dans le temps. Mais attention, éternellement jeune ne veut pas forcément dire immortel: une personne ayant reçu le vaccin peut toujours mourir de maladie ou bien même de blessures…

Tel est l’univers que nous décrit Drew Magary, au travers des yeux de John Farell un avocat (qui deviendra par la suite End Specialist (Spécialiste de la Fin, littéralement)) qui fut l’un des premiers hommes à obtenir le vaccin. Le livre suivra notre héros pendant près de 60 ans, décrivant les aléas de la vie d’un immortel et la manière dont il appréhende sa nouvelle vie ainsi que la façon dont la société se refaçonne face à ce nouveau challenge qui est de voir sa population ne plus mourir.


Un premier avertissement, si vous êtes thanatophobe, je ne conseille pas de lire le livre, même si les concepts qu’il évoque sont intéressants. L’histoire tourne essentiellement autour de la mort, donc si vous en avez une peur chronique, je ne vous le recommande pas…


J’avais lu des critiques dithyrambiques sur The End Specialist et mon impression après avoir terminé la lecture du roman est mitigée.


J’ai trouvé la première partie du livre ébouriffante, lorsque l’auteur pose le décor et décrit les changements politiques et comportementaux que le vaccin entraine. Après la nouveauté que représente la vie d’immortel, l’auteur introduit petit à petit les conséquences que cette avancée technologique peut avoir sur la société : épuisement des ressources naturelles, plus de retraite, montée de la violence dans une faction opposée au vaccin ou encore une appréhension tout à fait justifiée qui est comment le monde dans sa globalité peut supporter une population qui croit à l’infini…
Tout ce qui est décrit est crédible et l’auteur parle à la fois de détails macroscopiques et microscopiques.


La deuxième et troisième partie du livre sont un peu plus « bateaux », avec une trame qui redevient beaucoup plus classique, ce qui peut décevoir car cela prend le contrepieds du début du roman. Néanmoins, le choix qu’a fait l’auteur ne jure pas et je suis sur contentera la majorité des lecteurs.
La fin est prévisible, pas péjorativement, mais parce qu’elle est la conséquence logique de ce qui se passe dans le livre, ce qui est assez satisfaisant, surtout que l’auteur ne fait pas de concessions.


Ce qui m’a le plus gêné, c’est le ton très américain tout du long du récit. Parfois, cela passait sans trop de soucis, d’autres moments, j’avais vraiment envie de baffer l’auteur qui transpirait ce qu’on déteste le plus de nos voisins outre-Atlantique. Mais j’imagine que si notre lectorat s’intéresse à ce livre, la traduction française ne souffrira pas de cet affront de langage.


En définitive, je conseille de lire The End Specialist ; même si l’histoire vire vers une trame classique, la multitude d’idées que le récit renferme et les concepts qu’il aborde en font une lecture passionnante.


Attendez tout de même la version française, si vous ne voulez pas comme moi baffer l’auteur.

Snuff (Terry Pratchett, 2011)

Snuff est le 39ème roman du père Pratchett, auquel on doit de nombreux articles sur ce site, , ou encore et aussi . J’avoue m’être mis aux livres du Disque-Monde assez tard et je n’ai lu que les ouvrages ayant pour personnages principaux ceux de la Garde.

Un choix tout à fait personnel ainsi que celui d’effectuer la lecture des livres dans l’ordre chronologique, bien qu’apparemment tous les romans de Terry Pratchett puissent se lire sans compulser les autres. Ouaip, je préfère une certaine continuité dans la lecture.


Snuff est également un livre sur la Garde et, apparemment, au Royaumi-Uni il s’est placé en troisième position des livres qui se sont le plus vite vendu, avec 55000 copies en trois jours.


Après ces données je suis sûr indispensables au lecteur, voici le résumé du début de Snuff :


Le Commandeur Vimes, Duc D’ank-Morpokh et Contrôleur du Tableau Noir est en vacances forcées. Le Patricien Vetinari le somme de partir à la campagne accompagné de sa femme Sybil, son jeune fils Young Sam et du majordome Wilikins (ancienne brute des rues reconvertie en homme à tout faire, mais au service de nobles cette fois-ci).

Malgré ses réticences, Vimes se voit dans l’obligation d’accepter et de se retrouver face aux challenges que présentent la vie rustique : la multitude de servants à son service dans le domaine familial Ramkin, le pub qui se trouve sur les terres, les autochtones pas forcement commodes et les allusions aux Gobelins, qui sont considérés comme des vermines par les locaux.

Tout cela ne serait pas important si l’instinct des rues dont est doté le Commandeur Vimes ne l’avait pas mis en garde que quelque chose de pas très net était en train de se tramer. Difficile de mettre le boulot de côté lorsqu’on est un flic comme Lord Samuel…


Comme toujours, l’histoire du Snuff n’est qu’une façade pour laisser libre court aux facéties de l’auteur qui nous livre une fois de plus des détails qui feront sourire, pouffer ou bien même rire à s’en décrocher les mâchoires !

Reste que la trame est plaisante et que le bouquin se lit très vite, avec une mention toute particulière vers le milieu du roman, Show ▼

, qui offre un suspense haletant et dont il me fut difficile de me décrocher.


On prend également toujours autant de plaisir à voir les personnages qu’on affectionne dans la Garde, même si cet épisode met bien plus en avant le Commandeur Vimes. Les autres membres de la police sont également présents dans le récit, mais occupent une place de second plan.


J’avais un peu d’appréhension avant la lecture de Snuff, car je me disais qu’il allait être difficile de renouveler la thématique de la Garde sans que cela sente le réchauffé, mais je pense que le contrat est bel et bien rempli car j’ai dévoré le livre avec plaisir, raffolant des anecdotes et des bons mots du Commandeur, qui font mouche presqu’à chaque fois. J’ai aussi bien aimé les interactions avec Wilikins qui est décidément un personnage haut en couleur et qui a la part belle dans le livre !


Si vous aimez Pratchett, alors foncez, vous ne serez pas déçus !

En mars sur Même Esprit

Comme en chaque début de mois depuis le début de l’année, je vous propose ce rapide sommaire rétrospectif, au cas où vous auriez loupé quelque chose !

En mars sur Même Esprit, on a donc parlé comme souvent :

En Mars sur Même Esprit, pas un mot sur les actes d'un déséquilibré

- de Musique ! Avec les Chansons de la semaine : ça a dépoté en début de mois, avec d’abord Give Me Your Life des étonnants Français de Skip the Use, puis avec un morceau plus ancien et plus extrême, P4 de Mass Hysteria. Stoeffler a pris le relais pour la première fois dans cette rubrique pour nous parler de Retreat des Rakes ; Somebody That I Used to Know de Gotye, qui m’a donné l’occasion de mener une petite enquête sur les conditions qui ont conduit au succès international de ce morceau ; et la dernière Chanson de la semaine était un titre un peu particulier puisqu’il s’agissait d’une des compos de mon groupe GOne, dont nous avons réalisé une version en français : Le Jour Où La Terre Ralentit.

- de Séries, avec une déception du côté d’Alcatraz, dont à la fin de sa première saison, notre spécialiste Ayastan regrette qu’elle n’aie pas tenu toutes ses promesses.

- On a moins parlé de Cinéma ce mois-ci (il faut dire que personnellement ça doit faire trois mois que je n’y ai plus mis les pieds…). Stoeffler nous a quand même parlé de The Descendants d’Alexander Payne (dont je soupçonne qu’il l’avait lui-même vu il y a un certain temps…), mais ça a été tout.

En Mars sur Même Esprit, on n'a pas parlé de la façon dont les sondages et les médias conditionnent ce que doit être l'actualité et se font parfois heureusement surprendre

- dans la catégories Bouquins, Jika nous a parlé de Pourquoi j’ai mangé mon père, un classique de l’Américain Roy Lewis qu’il a ressorti récemment de ses étagères, puis Stoeffler nous a présenté The Windup Girl de Paolo Bacigulapi (La Fille automate, en édition française), un roman d’anticipation.

- On est parti en Voyage à Winchester, dans le Hampshire en Angleterre avec Stoeffler

- Ça n’arrive pas souvent sur Même Esprit, mais Jika nous a parlé Théâtre, et plus précisément de la pièce Dernier Coup de Ciseaux, un classique international dans lequel le public entre en interaction avec les acteurs sur scène.

- Je vous ai parlé rapidement d’une courte expo Photo (elle continue jusqu’au 22 avril !) à la Fondation Henri Cartier-Bresson, qui présente des photos du Français Henri Cartier-Bresson et de l’Américain Paul Strand, prises au début du 20e siècle lors de leur voyage au Mexique.

- Vous avez pu découvrir un Jeu de stratégie sur IPhone : La Guerre des Roses, que Jika vous recommande.

- enfin pour finir, j’ai abordé un sujet qu’on pourrait classer en Sciences/ Société, avec cette grande investigation menée par moi-même pour comprendre pourquoi ma télé (comme ma chaîne hifi, comme ma Box HD,…) reste en veille quand je l’éteins.

Et en avril, qui va parler de quoi, alors ?

The Windup Girl (Paolo Bacigulapi, 2009)

Imaginez la Terre dans deux cents ans, le réchauffement de la planète a fait monter le niveau des océans, les ressources énergétiques naturelles ont été épuisées et la race humaine ne peut survivre qu’à l’aide de systèmes mécaniques qui emmagasinent l’énergie produite par des animaux génétiquement modifiés ou le peu de gaz produits par les industries. De surcroît, la nourriture bio n’existe plus et que des multinationales biotechnologiques ont réussi à créer des céréales et des légumes stériles leur assurant le monopole de la vente, et voire pire… Ces mêmes compagnies ont aussi poussé les limites de la science et créé des animaux et des humaines génétiquement modifiés pour exécuter des taches précises.

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Voilà le contexte de The Windup Girl, qui débute à Bangkok, capitale de la Thaïlande et un des seul pays à résister tant bien que mal à ces sociétés de calories, comme elles le sont appelées. Anderson Lake travaille pour une usine qui produit des systèmes mécaniques à base de ressort et servant à stocker de l’énergie. Très vite on comprend que son rôle ne se contente pas que de manager une petite usine et son adjoint, Hock Seng, un réfugié chinois, semble lui aussi cacher quelque chose. Ajoutons à cela que la branche armée du ministère de l’Environnement durcit le ton pour éviter que les multinationales augmentent leur influence dans le pays, et qu’au contraire le ministère du Commerce semble petit à petit vendre le pays aux compagnies de calories, il est difficile de savoir quel sera le destin du Royaume alors que les tensions entre les différents camps ne fait que s’accroître.

Et quand Anderson fait la rencontre d’Emiko, une Windup (une humaine génétiquement modifiée pour avoir comme but de satisfaire tous les désirs de son mécène), elle pourrait être la clé de son ambition ou alors précipiter sa chute.

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Vous l’aurez compris, The Windup Girl est un récit de Science-Fiction et plus précisément une dystopie, qui est exactement le contraire d’une utopie. En littérature là où l’utopie est une conception idéale du futur, la dystopie est plutôt synonyme d’avenir apocalyptique ou encore totalitaire. 1984, de George Orwell, ou encore La Route présenté ici sont des exemples de dystopie.

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The Windup Girl est une histoire complexe, comportant de nombreux personnages dont on se demande de quel côté penche leurs intérêts durant le récit ; opportunisme, coups de poignards dans le dos, tous les moyens sont bons pour rester en vie ou alors s’enrichir et peu de protagonistes inspirent ne serait-ce qu’une once de confiance.

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L’univers décrit est quant à lui totalement crédible et ce futur pas si lointain est presque palpable tant il est possible que les évènements actuels puissent produire un scenario semblable à l’avenir. L’ombre au tableau est que pour mettre en place un univers aussi riche et un bon nombre de personnages, il faut ralentir le rythme du livre et il faut attendre la moitié du récit pour commencer à voir se dessiner une trame et surtout comprendre dans quelle direction va le livre. C’est une interrogation que je me suis posé de nombreuses fois durant ma lecture.

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Mais si vous avez aimé la description que je vous ai faite du livre et que ça ne vous dérange pas que l’histoire mette du temps à se développer, alors lisez The Windup Girl, vous serez récompensé d’une histoire originale et des personnages ambigus mais intéressants. La fin quant à elle ne déçoit pas.

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Un achat que je recommande.

Pourquoi j’ai mangé mon père ? (Roy Lewis, 1960)

J’avais déjà lu ce livre il y a plus de 15 ans, et j’en gardais un très bon souvenir. Toujours bloqué au tome 4 du Trône de Fer, j’ai fait une petite pause et relu ce bouquin en quelques trajets de RER, et même si Pourquoi j’ai mangé mon père ? est paraît-il devenu un classique, je me suis que cette relecture méritait bien un petit article.

L’action se déroule à peu de choses près en l’an -452000 avant Memesprit.fr, en plein pléistocène…

 

Ouais, dit comme ça, c’est pas très vendeur. J’en vois déjà qui ricanent derrière leur écran, et il est vrai que cette période de l’histoire n’est pas non plus ma préférée (bah quoi ?! Y avait des singes, y en a un qui s’est mis debout, il a pris deux pierres, les a frottées, ça a foutu le feu, voilà quoi…). Pour tout dire, mes connaissances en la matière remontent à mes cours au lycée (au collège ?), et à La Guerre du Feu. Néanderthaliens, Homo Erectus, Anthropopithèques, Discothèques, tout ça, j’y connais rien.

 

Mais Pourquoi j’ai mangé mon père ? (PJMMP ?) prend le parti de nous cultiver en nous faisant rire, ou inversement, et le pari est parfaitement gagné.

 

Nous suivons les aventures (r)évolutionnaires d’Ernest, un pithécanthrope, c’est-à-dire celui parmi nos aïeuls qui descendit de l’arbre pour marcher debout sur la terre ferme. Ce fut certes un grand pas pour l’Humanité, mais cela n’améliora pas immédiatement les conditions de vie de nos ancêtres dans une Afrique inhospitalière, peuplée de prédateurs plus nombreux les uns que les autres.

 

Edouard, père d’Ernest et chef de tribu, guide la petite horde vers un avenir meilleur en brusquant les habitudes établies, et un beau jour, gravit un volcan et en rapporte le feu. Cela permettra à notre petite tribu de se chauffer, de s’éclairer la nuit, de tenir en respect les bêtes les plus féroces, d’aménager dans ces grottes dont toute la tribu rêvait depuis longtemps mais qui étaient jusque là occupées par les ours… Il faut dire qu’elles sont bien lumineuses et idéalement situées.

 

Parfaitement progressiste (sauf en ce qui concerne la place des femmes dans la grotte, curieusement il les préfère aux fourneaux), Edouard force le destin et impose à ses quatre fils de chercher une femme à l’extérieur de la tribu, encourage les peintures rupestres d’un de ses fils, le dressage de chiens sauvages pour tel autre, etc. Il s’oppose violemment en cela à Vania, son frère ultra-conservateur qui considère tout progrès comme une hérésie et qui n’aura de cesse d’alerter la tribu sur les dangers induits par les inventions d’Edouard. Leurs antagonismes donnent lieu à des échanges savoureux, à des argumentations très drôles, auxquelles Vania mettra fin le plus souvent par son mot d’ordre : « Back to the trees !! ». Bon, ses craintes ne sont pas totalement infondées, Edouard étant un peu le Gaston Lagaffe du pléistocène… Il y a un épisode en particulier qui m’a de manière évidente fait repenser à un évènement survenu en Asie il y a un an, mais je laisse les éventuels lecteurs y réfléchir…

Les thèmes abordés par Roy Lewis sont très divers : sorte de parcours initiatique de l’Humain, PJMMP ? aborde des problématiques tout à fait contemporaines en faisant discourir ses personnages avec un langage soutenu, ce qui rend le tout absolument burlesque et intéressant. Aux aspects purement pratiques de la survie dans une période effroyable pour l’homme (attraper sa nourriture à quatre pattes quand on tient difficilement sur deux…), nos héros se posent des questions nettement plus profondes telles que le partage des connaissances, la démocratie participative, les frontières, la place des femmes dans la société, etc.

Par ailleurs, et c’est tout aussi cocasse, Edouard a même conscience de sa propre condition et il n’aura de cesse de se situer lui et sa petite tribu dans la longue galerie de l’évolution, interrogeant par exemple son autre frère Ian, le globe-trotter qui a parcouru le monde sur ce qu’il a vu, de la Chine aux Balkans en passant par la corne de l’Afrique…

PJMMP ? n’est évidemment pas à prendre au premier degré : il ne s’agit absolument pas d’un essai ou d’un documentaire sur la préhistoire, et pas non plus de science-fiction ou d’un délire d’auteur sous l’emprise de produits illicites. C’est un bouquin facile à lire, très instructif et drôle.

Même les parents de Lucie descendent de Lucy, et devraient jeter un œil sur ce livre qui vous parlera de vous, qui vous en apprendra un peu tout en vous faisant rire et réfléchir, et c’est franchement déjà pas mal !


En janvier sur Même Esprit

Wow ! Quelle activité en ce début d’année ! Pas moins de 18 articles en un mois, et alors même que Jika et moi nous sommes faits paradoxalement plutôt discrets.

Pour ceux qui auraient manqué des trucs, et pour ceux qui aimeraient relire le meilleur, je vais tenter un exercice nouveau sur Même Esprit, en récapitulant tout ce qui a été publié le mois dernier.

L’événement de ce mois de janvier 2012 en France, c’était évidemment la mise officielle sur le marché des offres de l’opérateur téléphonique Free, et c’est LeNyko qui nous en a fait la présentation détaillée avec une remarquable réactivité.

Les fêtes de fin (et de début) d’année ont été l’occasion de partager plein de bonnes Recettes, comme les truffes aux cookies et à la crème de Marga, ou la Galette des Rois de Gattaca, et côté salé, les gougères à l’emmental de Catryn, et la salade vietnamienne au poulet de LeNyko. Dans un registre un peu différent, Jika continuait de son côté sa quête du meilleur burger de Paris au Breakfast in America.

Côté découvertes, Stoeffler se penchait sur une question que certains d’entre vous se sont peut-être déjà posée au moment critique : quelle est la vitesse d’un avion au décollage ? Je vous emmenais pour ma part visiter l’exposition Samouraï, armure du guerrier au Quai Branly à Paris. Je vous parlais aussi de 4 trucs rigolos autour de Google, à découvrir à ses heures perdues, et Ayastan vous expliquait en vidéo ce qu’est une roucoulette en handball.

Cinéma : en avant-première pour le public français (où le film n’est pas encore annoncé à ma connaissance), Stoeffler nous présentait Haywire de Steven Soderbergh, et revenait aussi sur des films sortis désormais en DVD et VOD, avec Biutiful d’Alejandro Inarritu, avec Javier Bardem dans le rôle principal.

Toujours attentif à l’actualité des Séries, Ayastan nous a tenu au courant des résultats des Golden Globe et nous a donné aussi ses premières impressions sur Alcatraz, série fantastique américaine qui tente de prendre la relève des regrettés Lost ou 4400. Féru d’anime, Stoeffler nous présentait de son côté Claymore, d’Hiroyuki Tanaka, et toujours rayon manga, mais cette fois sur papier, Planètes, de Makoto Yukiruma.

Tant qu'à faire des bilans...

Côté Jeux, Jika vous présentait la version IPhone de Wordfeud, un jeu de Scrabble en ligne amélioré, et je vous donnais mon avis sur la 2e édition du jeu de plateau stratégique tiré de la série à succès de Georges R.R. Martin, le Trône de Fer.

On vous a enfin parlé de Musique, avec un article présentant le groupe électro français Justice à l’occasion de la sortie de leur nouvel album.

Au niveau des échanges avec nos lecteurs, deux articles ont connu une belle (inter)activité ce mois-ci : l’inévitable Heytell, qui continue d’attirer vers nous plein de gens qui ont besoin d’un service après-vente (Oo) , et un autre article de Jika sur l’utilisation des smileys sur IPhone, qui a entraîné une discussion légèrement animée sur la question de l’invention (aux deux sens du terme) du fameux smiley.

Et en février alors, qu’est-ce qu’on raconte sur Même Esprit ? 8D

Planetes (Makoto Yukiruma, 2003-2004)

Couverture de la version de luxe

En l’an 2075, l’homme a franchi un cap dans la conquête spatiale. Il est maintenant capable de construire des bases sur la lune et de voyager aussi loin que Mars.

L’histoire débute avec l’équipage du Tool Box dont le boulot est de ramasser les débris éparpillés dans l’espace car en plus de 100 ans de conquête, il y en a des cochoncetés qui trainent en orbite ! Les membres du vaisseau sont le capitaine Fi Carmichael, son premier lieutenant Yuri Mihairokov et Hishirota Hoshino que tout le monde appelle Hachi (pour le nombre 8 en japonais) ou bien Hachimaki (pour bandeau en japonais car il arbore toujours un bandeau). C’est sur ce dernier que l’histoire va tourner : Hachi a pour rêve, malgré son métier qui ne paie pas des masses (mais dont il est fier), d’acheter sa propre navette spatiale et d’arpenter la galaxie comme il l’entend. Un jour, alors qu’une annonce sur une expédition vers Jupiter va avoir lieu, Hachi décide qu’il en fera partie et que cela lui permettra de conquérir à la fois, l’espace, la gloire et d’avoir enfin l’argent nécessaire pour réaliser son rêve.

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Voilà en résumé rapide ce qu’est Planetes, manga papier écrit entre 2003 et 2004.

De ce que j’ai pu lire, l’auteur a reçu le prix Seiun de la science-fiction pour Planetes et après avoir lu les 3 tomes de l’édition de luxe, je trouve que c’est assez mérité.

Même si l’histoire est de l’anticipation pure et dure, avec un thème somme toute assez banal de conquête spatiale, le manga est essentiellement tourné vers des réflexions sociologiques et philosophiques intéressantes, ce qui différencie Planètes d’autres œuvres de science-fiction.

Tome 2: il a une bonne bouille Hachimaki

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Je m’explique : un des thèmes récurrents dans le manga est la réaction des personnages face à l’immensité de l’espace et la manière dont ils appréhendent le fait d’être insignifiant face à cet univers infini. Mais aussi, en toile de fond, les hommes ont commencé à quitter la terre pour récolter de l’hélium 3, sur la lune, car le gaz rare est devenu la nouvelle source d’énergie indispensable. Alors que ces réserves lunaires sont en train de décliner, l’humanité décide de voyager plus loin dans le système solaire et d’étendre sa conquête vers Jupiter qui abriterait encore plus de sources d’énergie. L’auteur aborde ici un sujet brulant environnemental que l’on peut rapprocher de notre situation actuelle et qui dépeint avec fidélité l’insatiable avarice de l’homme qui est prêt à tout pour se procurer la source d’énergie qui alimentera son confort. D’ailleurs, les terroristes ont la part belle dans les livres. Se positionnant en opposants à la conquête spatiale, ils prônent un respect de l’espace et des confins qui n’ont pas été explorés en tentant de détruire une des stations orbitales atour de la Terre.

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On pourra aussi louer Planetes pour son réalisme. On voit très bien l’évolution technologique en 2075 amener l’homme sur mars ou bien imaginer l’humanité avoir déjà colonisé la lune. Rien de ce qui est avancé sur le plan scientifique n’est fou ou saugrenu (genre des vaisseaux allant plus vite que la vitesse de la lumière ou encore l’utilisation de trous noirs en guise de propulsion pour ne citer que ces exemples). Le réalisme est poussé sur d’autres nombreux détails, tel que l’utilisation de l’Hélium radioactif en tant que source d’énergie, ou encore les différents maux dont souffrent les

Et le dernier volume...

astronautes dans l’espace, ce qui facilite l’immersion du lecteur dans l’histoire.

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Rien dans Planetes n’a été fait à la légère et le résultat est un manga sympathique à lire qui bien qu’utilisant la science-fiction en toile de fond livre un point de vue intéressant sur l’attitude l‘homme face à lui-même, la société et l’espace.

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Le dessin animé existe également, mais je ne l’ai pas visionné.