Archive for Akodostef

Velouté de navets au gingembre (au Thermomix)

Non non, vous ne rêvez pas.

Non seulement, c’est mon premier article sur Même Esprit depuis bien longtemps, mais en plus, c’est une recette de cuisine ; et tenez-vous bien, c’est la première recette de cuisine AU THERMOMIX qui se publie ici ! Je chasse sur de nouveaux territoires, je tente d’élargir le cercle de notre lectorat !

…ou plus prosaïquement, je reviens à la base de l’une de mes motivations à écrire (qui avait entraîné d’ailleurs la publication de l’un de mes tous premiers articles) : me permettre de me souvenir d’une bonne recette que j’ai accommodé, pour pouvoir la refaire de la même façon lorsque j’ai aimé un plat !

J’utilise ici le fameux Thermomix (que je recommande à tous les gens qui ne veulent plus manger des plats industriels), mais ceux qui utilisent d’autres robots, ou savent transposer ces consignes en termes de cuisine classique pourront également s’en servir avec un minimum d’adaptation.

On fait énormément de soupe à la maison depuis qu’on a fait l’acquisition de cette merveilleuse machine, mais au bout d’un moment, on finit par tourner un peu en rond entre les 10 soupes qu’on sait maintenant faire sans trop de difficulté avec les légumes qu’on trouve le plus facilement plus ou moins tout au long de l’année. Et comme on s’est inscrits depuis peu à une AMAP et qu’on se retrouve avec beaucoup de légumes pas forcément faciles à cuisiner, j’ai tenté ce soir de nous trouver une nouvelle recette pour utiliser nos NAVETS.

Oui, vous avez bien lu, des navets. Et ben figurez-vous que cette soupe, ou plus exactement ce velouté, est un pur délice, et qu’en plus d’être originale, elle est esthétiquement très chouette et qu’elle pourrait facilement passer pour un plat de menu gastronomique, pour pas cher !

Bref, trêve de blabla, voici la recette. A l’origine, elle vient de , mais comme elle est pas super claire sur la page originale (on y parle de carottes alors qu’il n’y a pas de carottes…), je me permets de me la reproduire ici avec mes propres proportions et indications.

Les ingrédients :
- 500g de navets
- 10g de gingembre frais
- 1 pomme de terre de taille moyenne (non, ça ne veut rien dire ; je reviendrai préciser le poids la prochaine fois que je ferai la recette)
- 500g d’eau
- 130g de lait
- 200g de crème fraîche liquide (un petit pot de 20cl)

 

  • 1. Eplucher le gingembre, le mettre dans le Thermomix et mixer 5 secondes Vitesse 5. Réserver.
  • 2. Mettre les 500g d’eau dans le bol, découper les navets et la pomme de terre et les déposer en morceaux pas trop gros dans le panier de cuisson. Cuire 25mn à température Varoma, Vitesse Gentle stir setting.
  • 3. Garder dans le bol l’eau qui reste après la cuisson. Sortir les légumes du panier, les mettre dans le bol. Ajouter le gingembre, la crème fraîche liquide et le lait. Mixer le tout 20 secondes, Vitesse 10.

 

Et voilà ! C’est beau, c’est bon, et c’est vraiment original ! (pas très chaud par contre, on peut remettre à chauffer un peu pour une température idéale, je repréciserai les modalités aussi la prochaine fois que j’en ferai maintenant que j’ai la base, et j’essaierai d’ajouter une photo)

Scones au lait fermenté (Buttermilk Scones)

On l’attendait depuis un moment sur Même Esprit.

Elle a commencé à circuler sous le manteau dans une version anglophone que tout le monde ne peut pas lire.

Alors, c’est peut-être pas particulièrement la période des brunches, et c’est sans doute pas un plat typique des fêtes de fin d’année, mais voici quand même la recette des scones au lait fermenté (ou comment faire d’un seul coup un double plaisir à un ami (et sans lui offrir un cadeau matériel (enfin, j’me comprends))) !

Ingrédients :

350g de farine
1 sachet de levure chimique
100g de sucre en poudre
85g de beurre, coupé en petits bouts
Environ 175ml de lait fermenté ou de yahourt nature 0%

Durée : 25 minutes • pour 12 scones

1 Préchauffez le four à 200° (180° pour un four à chaleur tournante). Mélangez la farine et le sucre dans un saladier. Ajoutez le beurre en malaxant à la main jusqu’à ce que le mélange ait la texture de fines miettes de pain. Faites un puits au centre et versez le lait fermenté en une seule fois, puis mélangez doucement pour former une pâte molle.

2 Etalez la pâte sur une surface enfarinée et pétrissez brièvement. Rassemblez la pâte pour lui donner une épaisseur de 2,5cm puis découpez des cercles de 5cm de diamètre avec un couteau. Rassemblez les bouts de pâte qui restent, pétrissez-les à nouveau puis redécoupez des cercles. Vous pouvez recommencer ça autant de fois qu’il vous semble possible de refaire des cercles, mais au bout d’un moment, vous avez le droit de manger la pâte qui reste (quoique lait fermenté + farine, je suis pas sûr que ce soit super digeste)(il me semble d’ailleurs que Vorti, qui s’était amusée à manger sa pâte crue la première fois qu’elle a testé la recette, n’a pas récidivé ensuite).

3 Transférez les scones sur une feuille de cuisson, en les espaçant suffisamment les uns des autres, et faites cuire 12–15 minutes jusqu’à ce qu’ils aient gonflé et doré. Sortez ensuite les scones du four, et laissez-les refroidir sur une grille avant de servir (avec de la crème fouettée et de la confiture, dit la recette anglaise originale, perso je trouve ces scones excellents sans rien dessus – enfin si, Vorti met des raisins secs à un moment dans la pâte, mais je ne sais pas à quel moment, je la laisse le préciser en commentaire).

• Si vous êtes du genre à faire attention à ce genre de choses, chaque scone vaut environ 187 kcalories, 3g de protéines, 32g de glucides, 6g de gras, 4g de gras saturé, 1g de fibres, 9g de sucres ajoutés, et 0,42g de sel. Ça donne l’impression que c’est plein de trucs mauvais pour la santé, je vois pas l’intérêt de mentionner ça, mais je suis un traducteur intègre.

Cette recette est apparemment tirée de Good Food: 101 Cakes & Bakes (Kindle Locations 1644-1660), par Cadogan, Mary (2010-12-23). Random House UK. Kindle Edition.

Nb. Cet article devrait se voir augmenté d’ici la fin de la semaine prochaine d’une ou de plusieurs photos qui –j’espère !- feront  envie ;)

Little Fernand – L’atelier du Hot-Dog

Ecrin à hot dog du Little Fernand

L’ « écrin à hot-dog » du Little Fernand : très pratique pour manger la première moitié de son hot-dog sans se tâcher. Ça se complique un peu sur la deuxième moitié, mais ça reste quand même assez pratique.

J’ai la chance de travailler au cœur de Paris. J’en profite du coup pour aller à l’occasion déjeuner au Big Fernand, qui se situe en gros à 10mn à pied de mon taf (en marchant vite – mais je marche vite). C’est ce que j’ai voulu faire ce midi, mais malheureusement en arrivant à portée de vue de l’entrée du restaurant, j’ai vu la longueur de la file d’attente, et compris que j’allais devoir changer mes plans.

C’est là, au moment où j’étais sur le point de me résoudre à me contenter d’une salade de betteraves bio acheté à la supérette, que j’ai été sauvé par… Little Fernand !

On nous en avait parlé lors d’un précédent passage au Big Fernand, mais je n’y croyais qu’à moitié. Pourtant, ils l’ont bien fait ! Le Little Fernand est le pendant du Big, version hot-dog. On y retrouve le même esprit que chez son grand-frère : une petite salle, un espace archi-réduit pour la cuisine avec plein de monde qui s’affaire derrière, un service vivant et sans complexe. Les plats sont préparés à la demande et pourtant ils sont prêts pratiquement dès la fin du passage en caisse, ce qui est une grosse qualité par rapport aux autres pseudo-fast foods (lire notamment : Le Camion qui fume) : ici, quand vous voyez une longue file d’attente, c’est parce qu’il y a vraiment du monde, pas parce que ça prend une plombe de préparer votre plat (je ne dis pas que ce n’est pas bien de prendre du temps pour faire de la bonne bouffe, mais quand on compare le temps de préparation d’un burger au Big Fernand avec celle d’un burger du Camion qui fume, et alors que les burgers du premier sont meilleurs, il y a quand même un problème…) !

Les ingrédients sont de qualité, le pain bon et bien cuit et j’ai retrouvé avec le « Bzzz » les saveurs que j’avais adoré dans le « Victor » du Big Fernand (mélange sucré-salé avec la fourme d’Ambert, les oignons confits,…) ; reste que les viandes du Big sont parfaites en termes de consistance, de cuisson, etc, et que les saucisses du Little, si elles sont peut-être elles aussi excellentes – comme personnellement je suis moins friand de saucisses (ha ha, friand, saucisse, tout ça…), je suis moins connaisseur (y compris de mes propres goûts et attentes) en la matière- m’ont moins emballé.

Ce sera probablement le challenge du Little Fernand : réussir à trouver un public amateur de saucisses, là où d’une part capter les fans de burgers était bien plus simple pour le Big et où d’autre part les consommateurs habituels de hot-dogs ne sont pas franchement habitués à payer 12€ leur menu… (encore qu’on trouve aussi des burgers à tous les prix si on est prêt à sacrifier la qualité, donc finalement ce n’est pas vraiment un argument)

L’une des chances du Little Fernand à l’inverse sera peut-être sa proximité avec le Big : j’imagine qu’une fois que son existence sera mieux connue (les deux restaurants ne sont pas juste à côté l’un de l’autre contrairement à ce qu’on pensait que ce serait : le Little est au 45 rue du Faubourg Poissonnière, le Big au 55, il y a 100 mètres entre les deux ; du coup, je ne pense pas que tous les clients sachent que l’autre resto existe), il y aura pas mal de gens qui tout comme moi, en voyant la file d’attente au Big, se « rabattront » vers un Little de secours (qui restera un très bon plan, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).

A essayer donc, pour tous les amateurs de « finger food », de saucisses, du Big Fernand et puis allez, de bonne bouffe en général ;)

Menu du Little Fernand

Le menu lui-même fait déjà pas mal envie… :)

En bonus, voici la carte avec les différentes recettes et menus proposés :

- Le Meuh ! : Saucisse boeuf-porc, Vache qui rit, Oignons frits, Relish (cornichons cuits dans du caramel au beurre salé), Moutarde gingembre, Ketchup au vinaigre balsamique

- Le Bzzz ! : Saucisse veau-volaille, Fourme d’Ambert, Oignons confits, Moutarde cidre et miel, Ketchup au vinaigre balsamique

- Le Rrrrr ! : Saucisse veau-porc, Tartare (ail & fines herbes), Oignons frits, Moutarde cidre & miel, Ketchup au vinaigre balsamique

- Le Bêêêê ! : Saucisse veau-volaille, Chèvre, Éclats de noisette, Courgette grillée, Moutarde moût de raisin

- Le Houyou-youille ! : Saucisse boeuf-porc, Vache qui rit, Relish, Tabasco, Oignons frits, Moutarde piment d’Espelette

Ces sandwich-maison sont proposés à 10 € seuls. Il est possible de concevoir son propre hot-dog pour 7 € en choisissant la composition de sa saucisse (boeuf-porc / veau-porc / veau-volaille), puis son assaisonnement (moutarde cidre et miel / moutarde gingembre / moutarde moût de raisin, moutarde piment d’Espelette, Ketchup au vinaigre balsamique), en ajoutant éventuellement pour 1€ un topping (Relish / oignons frits / oignons confits / éclats de noisette / courgette grillée), et/ou pour 2€ un fromage (fourme d’Ambert / chèvre / Tartare (ail & fines herbes) / Vache qui rit).

On peut bien entendu aussi commander une « formule » qui incluera en plus du hot-dog un accompagnement, une boisson ou un dessert. A titre indicatif, je m’en suis tiré par exemple pour 14 € avec hot-dog, boisson et dessert.

Sauf erreur de ma part, on retrouve par ailleurs les mêmes desserts et boissons qu’au Big Fernand (sodas et eaux de base, Ch’ti blonde pour les amateurs de bière, thés glacés Arizona et Bionade , par contre, gros regret : pas de lait aromatisé… :( Pas de fernandines (les frites du Big Fernand) non plus en accompagnement pour les amateurs (perso je les trouve moyennes donc ça ne me gêne pas plus que ça), probablement à cause de la taille de la cuisine. A la place, ce sont des chips artisanales (mais en sachet) qui sont proposées.

 

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (Lorene Scafaria, 2012)

Cette fois, c’est officiel, et définitif : il ne reste plus que trois semaines avant l’impact d’un météore avec la Terre, qui entraînera la fin du monde.

N’ayant plus que trois semaines à vivre, l’humanité arrête sa routine quotidienne et s’apprête à vivre ces derniers jours. Pour une bonne part des gens, cela signifie renoncer globalement aux fards de la civilisation : il y a ceux qui abandonnent la politesse de façade et s’expriment désormais sans ambages, ceux qui arrêtent de faire attention aux excès de nourriture ou de boisson, ceux qui profitent sans limite des plaisirs jusque là interdits ou contraints par la norme : sexe et drogue à gogo. Il y a aussi ceux qui s’étaient préparés de longue date à la fin du monde et qui entendent bien survivre dans leur bunker même quand la surface sera en cendres, ceux qui mettent le feu et cassent tout, ceux qui préfèrent en finir tout de suite plutôt que d’affronter la terreur des derniers instants ou l’absurdité de l’existence dans ces conditions…

Et puis il y a Dodge (un prénom qui signifie aussi « esquive », en anglais, ce qui n’est sans doute pas fortuit), incarné par un Steve Carell qui paraît déjà être passé à côté de sa vie et qui semble pourtant avoir du mal à décider de ce qu’il doit faire au moment de la conclure. C’est une discussion impromptue avec une voisine cyclothymique (Keira Knightley) qui va lui donner une voie : elle, veut rejoindre sa famille pour passer ses derniers jours avec eux – lui, ira retrouver celle qui aurait dû être la femme de sa vie mais qui en avait marqué l’échec lorsqu’elle l’avait quitté.

Steve Carell, très bien dans le rôle du type gentil passé à côté de sa vie

Fuyant ensemble la folie de la ville, ils vont trouver une autre façon de profiter pleinement de leurs derniers jours d’existence : au lieu de multiplier les expériences ou de se perdre dans les excès, ils vont plutôt retrouver le sens de ce qui est véritablement important -l’humanité, et les liens qui unissent les hommes entre eux. C’est un message qui peut paraître assez conservateur, mais auquel mon tempérament me fait souscrire assez naturellement.

Ma copine est amoureuse de Keira Knightley

Formellement très sage, Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare n’est pas pour autant un film banal -le choix du cadre d’une apocalypse imminente pour une comédie romantique en témoigne déjà pas mal, et c’est cette originalité qui m’avait donné envie de voir le film lorsque j’ai vu la bande annonce. Assez drôle dans sa première moitié puis plus sérieux dans la deuxième, avec le bon tempo pour conclure sur une touche émouvante, c’est un film que je qualifierais avant tout d’attachant, principalement grâce à Steve Carell et à son personnage de loser semi-autiste en apparence qui se révèle en fait sensible et généreux.

Un petit mot en passant pour saluer le choix du titre français du film, que je trouve particulièrement bien trouvé, et à la fois plus drôle et plus approprié que l’original, Seeking a friend for the end of the world [En quête d'un ami pour la fin du monde].

Jane Eyre (Cary Fukunaga, 2011)

Ben, oui, j’ai été voir Jane Eyre. N’allez pas croire que c’était mon choix pour autant, c’était la vengeance choisie par Vorti pour lui avoir soi-disant *infligé* Kill List, qu’elle a détesté (de façon un peu trop véhémente à mon goût : je soupçonne qu’elle en ait rajouté pour obtenir que je lui « doive » un film ensuite).

Bref, j’ai vu Jane Eyre, dans cette nouvelle adaptation (il en existe plus d’une dizaine au cinéma, sans compter les téléfilms et les versions TV en plusieurs épisodes) de l’américain Cary Fukunaga. L’occasion pour moi de découvrir ce grand classique de la littérature anglaise, que je croyais écrit par Jane Austeen (à cause du prénom commun, voyez ? Mon cerveau crée parfois des connexions un peu débiles) alors qu’il est dû à une autre anglaise au patronyme célèbre, Charlotte Brontë (dont la sœur Emily a également écrit un classique, Les Hauts de Hurlevent). L’occasion aussi au passage de vérifier que « Jane Eyre » ne se prononce pas « Jeannère » (ça, je m’en doutais), mais finalement très simplement « Djene Ere » quand même (j’avais imaginé que ça aurait pu se prononcer « Djene Ailleur » voire « Djene Aillerie », mais pas du tout).

Aux faits ? Ok, fin des digressions, j’en viens aux faits.

Le film s’ouvre sur la course éperdue au travers des landes anglaises d’une jeune femme éplorée. On comprend rapidement qu’elle fuit, mais on ne sait pas encore quoi ; le film va alors se construire en mêlant deux trames, d’une part une suite de flashbacks nous ramenant à la prime enfance de notre mystérieuse héroïne jusqu’à cette scène d’ouverture, et d’autre part les événements qui suivent cette scène et dans laquelle celle-ci est recueillie par trois jeunes gens de la classe moyenne, dont le frère, jeune pasteur, est le chef de famille. On découvre ainsi à travers cette construction narrative moderne, l’histoire d’une jeune orpheline de la haute bourgeoisie recueillie par sa tante qui ne l’aime guère et qui trouve le premier prétexte pour l’envoyer dans un pensionnat où son caractère insoumis sera sévèrement et brutalement puni. Jusqu’à faire d’elle une jeune femme digne et bien élevée, capable à son tour d’enseigner au pensionnat, puis en tant que préceptrice lorsqu’elle a l’âge et les moyens de reprendre sa liberté. Elle va alors faire la rencontre du Lord Rochester, maître du château de Thornefield et père de la fillette dont elle doit assurer l’éducation. D’un caractère ombrageux, l’homme apparaît au premier abord comme un fieffé connard, mais celui-ci s’intéresse -et il est le premier- à la personnalité atypique de notre héroïne, et tous deux vont progressivement se découvrir, et tomber passionnément -mais platoniquement- amoureux l’un de l’autre.

L’amour entre un riche seigneur et sa gouvernante ne pouvant naturellement pas être heureux dans l’Angleterre victorienne, les événements -et un secret terrible que cache Rochester dans les pierres mêmes de son château- conduiront à la fuite désespérée de la jeune femme, découverte dans la scène d’ouverture. Celle-ci changera alors habilement son identité (de Jane Eyre en Jane Elliott : incognito total) pour commencer ce qu’elle espère être une nouvelle vie dans son nouveau foyer. Mais peut-on vraiment échapper pour toujours à la puissance de ses sentiments ? Une âme aussi assoiffée d’amour que celle de Jane pourra-t-elle se contenter d’une vie sereine mais aride auprès du jeune pasteur et de ses sœurs ?

Michael Fassbender... pas tout à fait au top de son sex-appeal dans ce film !

Le réalisateur Cary Fukunaga jette avec cette adaptation un pont entre les éléments traditionnels du film romantique à l’anglaise (avec costumes d’époque, respect du poids des conventions, construction ordinaire du cadre et de la lumière des images) et modernité (avec ce schéma narratif non-linéaire, et ce choix d’acteurs plus séduisants que ne sont supposés l’être leurs personnages, pour insuffler davantage qu’une dimension spirituelle à leur amour). Les puristes reprocheront peut-être ces choix qui éloignent cette version de l’œuvre originale, mais on ne peut pas vraiment dire que Fukunaga a réellement bouleversé l’histoire avec ces touches destinées à remettre le roman au goût du jour : on est loin d’une relecture du genre de celles qui fleurissent actuellement sur les écrans, autour de classiques comme Blanche-Neige ou de divers super-héros. Pour ne pas aller trop loin, le réalisateur a même fait en sorte que ses acteurs plutôt jolis (Michael Fassbender, dont la présence justifiera sans doute la moitié des entrées féminines du film, et Mia Wasikowska, déjà vue dans le Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton) ne soient pas ouvertement sexys, et conservent une apparence fade de rigueur (bon, dans le bouquin, ils sont censés être moches tous les deux, mais la nature humaine incline probablement davantage le spectateur à partager la passion des personnages s’ils sont séduisants et bien assortis, il est vrai).

Visuellement, les amateurs de film d’époque ne seront pas désorientés et auront plaisir à retrouver les beaux décors et costumes, et d’une façon générale l’atmosphère de l’Angleterre victorienne. Du point de vue de l’émotion, le film a échoué à me faire comprendre les formidables qualités que les deux héros se trouvaient l’un à l’autre. Il aurait sans doute fallu consacrer davantage de temps à l’évolution de la relation entre ces deux âmes blessées pour mieux faire ressentir la façon dont cet amour les aide à se guérir l’un-l’autre ; mais le film réussit à éviter d’être trop long (au sacrifice peut-être d’une partie du derniers tiers du film et de la relation de Jane avec le jeune pasteur, tellement rapidement expédiée que je me demande s’il n’aurait pas mieux valu carrément la faire disparaître, à ce compte-là), et le final sobre mais puissant a quand même réussi à me toucher (et même à faire verser une larme à Vorti-Cœur-de-Pierre, c’est dire !).

En somme, découvrir ce classique au travers de cette adaptation gentiment moderne ne m’a pas déplu, même si après réflexion j’ai le sentiment que le format « film de deux heures » est un peu court pour raconter tout ce qu’il y a à raconter, notamment en ce qui concerne l’évolution des sentiments des personnages ; sans qu’il s’agisse pour autant d’une bleuette, Jane Eyre reste quand même une histoire d’amour, donc je ne recommanderai le film qu’aux amateurs du genre et/ou aux spectateurs friands d’ambiances victoriennes.

Cima de Conegliano (Musée du Luxembourg)

Saint Sébastien (1500-1502)

A quoi tient la célébrité ?
Cima de Conegliano (de son véritable nom Giovanni Battista Cima, Conegliano étant le nom de la ville qui l’a vu naître), peintre vénitien de la Renaissance contemporain du Titien et d’Albrecht Dürer, est aujourd’hui à peu près inconnu du grand public, à la différence des deux pré-cités.

A la fin du XVe siècle, Cima de Conegliano (à l’italienne, on prononce « Tchima de Coneliano ») était pourtant reconnu comme l’un des maîtres de l’art sacré. J’avoue que, bien qu’ayant poussé mes études jusqu’à la Maîtrise de Communication de la Culture, si j’avais entendu parler de l’artiste, son nom ne m’était en tous cas pas resté en mémoire ; c’est donc totalement en aveugles que Vorti et moi avions décidé d’aller voir cette expo, sur la seule foi d’une mini-chronique très favorable dans notre hebdomadaire culturel de référence.

En arrivant devant le musée, j’ai quand même instantanément reconnu le Saint Sébastien figurant sur l’affiche… et j’ai craint le pire, parce que ce style lisse et ces couleurs pastel correspondent en gros à ce que je trouve de plus ennuyeux dans l’art de la Renaissance. Ça n’a toutefois pas été suffisant pour me faire rebrousser chemin, et nous avons donc poursuivi. Et finalement, je n’ai pas regretté, parce que voir ces toiles en vrai est une expérience très différente de la simple consultation sur livre ou sur écran (oui, désolé, les illustrations que je glisse ici ne rendent absolument pas justice aux originaux) ; c’est toujours vrai d’une façon générale, mais c’est la première fois que la preuve m’en apparaît de façon aussi flagrante. La luminosité de sa palette, mais surtout la qualité et la finesse du dessin, dans le rendu minutieux de la chape de l’évêque ou le détail de la veine au front du saint dans l’excellente Incrédulité de Saint Thomas (1505) par exemple, sont particulièrement frappantes.

L'incrédulité de Saint Thomas et l'évêque Saint Magne (1505)

L’exposition attire l’attention sur les décors des compositions par ailleurs généralement très sages de Cima de Conegliano : lui qui a triomphé à Venise venait en fait plutôt de l’arrière-pays (pour ne pas dire « de la campagne »), Conegliano étant un village modeste du nord-est de l’Italie. Et ce sont les paysages champêtres de la région de son enfance dont l’artiste s’inspirait pour ces décors, qui seraient d’après l’audioguide dans bien des cas suffisamment précis pour permettre de localiser le lieu dépeint.

Le nombre d’œuvres réunies pour cette exposition était assez faible dans l’absolu (une trentaine, je pense), mais l’accrochage aéré permettait de profiter sereinement de chaque toile, et cette visite relativement courte (pour 11€ quand même – voir des expos à Paris devient de plus en plus cher…), pour peu qu’on ait consacré à chaque œuvre le temps qu’elle mérite, avait au moins l’avantage de se boucler dans le temps parfait pour ne pas finir gavé ou sur les rotules, sans pour autant sortir déçu ; si bien qu’entré avec un a priori pas très positif, je suis reparti content d’avoir pu mieux apprécier le style très fin de cet artiste méconnu.

A noter : comme pour l’expo Artemisia au Musée Maillol, une appli smartphone est disponible (y compris sur place en téléchargement via le wifi du Musée, spécialement dédié), destinée à remplacer -avantageusement- un audioguide : le support est plus pratique (on peut mettre ses propres écouteurs, on peut mettre le guide dans sa poche pendant qu’on marche), et vous pouvez ensuite conserver ce guide et ainsi revoir à volonté les œuvres (reproduites en HD) et réécouter les commentaires qui les accompagnaient ; et même si 3,99 € c’est un peu cher pour une appli, ça reste moins cher que la location d’un audioguide. J’espère donc que ce système va continuer à se populariser.

Ah oui, un détail ! L’expo s’est tenue au Musée du Luxembourg du 5 avril au… 15 juillet 2012. Oui, ça veut dire que c’est fini, et que trop tarder à écrire ses articles, c’est mal. Je promets de me rattraper sur mes prochaines chroniques (consacrées notamment à Uraniborg, de Laurent Grasso au Musée du Jeu de Paume et au Panorama de Gerhard Richter au Centre Pompidou).

En juillet sur Même Esprit

Ah, juillet… le début des vacances, la liberté, plein de temps pour faire plein de choses… et pour ce qui me concerne en tous cas, moins de temps pour les raconter ici ensuite !

En juillet sur Même Esprit, on a parlé ni de Batman, ni de la tuerie d'Aurora

Heureusement, on aura pu compter sur les autres fidèles contributeurs du blog pour garder Même Esprit éveillé et continuer à vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Avec notamment plusieurs chroniques Cinéma : j’ai vu pour ma part des films plutôt hors normes ce mois-ci, avec le déroutant Holy Motors de Leos Carax, puis le surprenant et angoissant Kill List de Ben Wheatley. Aya vous a quant à lui conseillé le reboot indispensable (hem) The Amazing Spider-Man de Marc Webb.

En Musique, Stoeffler continue d’animer sa rubrique mensuelle répertoriant Les sorties CD du mois (très hip-hop en juillet, visiblement).

En Sport, Aya a enfin pu prendre le temps de rendre un hommage à l’immense champion Roger Federer (qui dans ma tête a l’air plus vieux que moi, mais qui n’a que 31 ans).

Pour le reste, Stoeffler est allé vérifier dans les archives historiques royales si tous les cygnes d’Angleterre appartiennent à la Reine comme il nous l’avait assuré à l’occasion de notre dernière balade en Albion (et la réponse est… dans l’article ;p ).

A peine revenu de vacances, il vous a aussi raconté notre succulent diner au Château de Salettes, dans le Tarn. Restée pour sa part à Paris, Gattaca a poursuivi de son côté sa tournée des burgers en testant cette fois la Cantine California, second food truck itinérant après le « Camion qui Fume » (approuvé ici aussi, et par la même, en mai dernier).

Bon, c’est un peu léger pour un mois complet, mais on va se rattraper en août, promis (il faut juste que je me motive enfin pour écrire les 5 articles que j’ai en retard sur les films que j’ai vus depuis, les livres que j’ai lus, les expos que j’ai visitées,… pas facile la vie de blogger, je vous le dis !). Vous avez vus d’autres trucs, vous ?

[Note : le cartoon d'illustration est signé Martin Vidberg]

Kill List (Ben Wheatley, 2011)

Il y a des fois dans la vie où tu te retrouves avec des places de cinéma qui sont valables jusqu’au 31 juillet, et on est le 23, et tu as une soirée de libre ; du coup, tu cherches quel film tu pourrais aller voir pour ne pas perdre bêtement tes places, et là tu tombes sur un film que tu avais un peu rapidement choisi d’ignorer parce qu’il avait un titre un peu trop tape-à-l’oeil, mais dont tu te souviens avoir vu en passant qu’un journal que tu lis régulièrement l’avais conseillé, et dont le synopsis paraît assez intriguant pour prendre le risque d’aller voir sans vraiment savoir sur quoi tu vas tomber.

C’est dans ces circonstances que je suis allé voir Kill List, de l’anglais Ben Wheatley (oui, c’est un film de 2011 ; en fait, c’est grâce à la renommée que lui a valu son dernier film, Touristes, qu’il présentait cette année à Cannes, que Kill List, tourné plus tôt (et en trois semaines), a finalement pu sortir en France).

Je ne savais pas quel genre de film ça allait être, mais j’avais visiblement quand même des idées préconçues, puisque les premières images m’ont totalement surpris : la première scène nous immerge en pleine scène de ménage entre Jay et sa femme Shel (MyAnna Bering, très schwing), à court d’argent du fait que Jay ne fait plus rien depuis 8 mois. Caméra à l’épaule, image au grain visible, l’ambiance est résolument réaliste, à tous les sens du terme. Le premier quart d’heure du film restera dans cette tonalité, dépeignant le quotidien du personnage principal, et nous laissant entrevoir un militaire professionnel retiré malgré son relativement jeune âge (il tire vers la quarantaine), qui a subi un traumatisme psychologique lors d’une intervention qui le laisse dans cet état de relative léthargie, alors que son couple va à vau l’eau.

Alors qu’ils reçoivent la visite à diner de Gal, le comparse et meilleur ami de Jay, accompagné de sa nouvelle conquête Fiona, se glissent progressivement dans le récit des indices plus précis sur l’activité récente de Jay, faisant naître un premier mystère : car sous ces dehors très ordinaires, Jay conserve dans son garage du matériel militaire professionnel, en particulier des armes, destinées à tuer. Et la proposition de job que vient lui soumettre Gal, qui a visiblement le total consentement de Shel, consiste apparemment à supprimer des gens, dont leur client aurait dressé une courte liste…

Gal, pas tout à fait le look du tueur à la cool classique...

Parallèlement à ces premières pierres qui détonnent par rapport à la vie en apparence rangée du couple, d’autres éléments se manifestent à leur tour, et qui construisent une ambiance encore plus insidieusement inquiétante : des cadavres de lapin déchiquetés, que semble abandonner leur chat dans leur jardin et dont Jay se fait un honneur de se faire un repas ; un symbole cabalistique mystérieux gravé derrière le miroir de la salle de bains par leur invitée lors du diner ; surtout, la bande son, qui distille par instants des stridences et des discordances qui évoquent largement plus un film d’horreur qu’un thriller classique centré autour d’un personnage d’exécuteur.

Ce sont les deux points forts du film.
D’une part, ce cadre apparemment ordinaire, avec une famille anglaise qui vit dans un pavillon de banlieue moyenne et mène une vie avec ses hauts et ses bas, où on s’engueule sur le fait que le père est au chômage. Le physique des acteurs (le duo Neil Maskell et Michael Smiley, tous les deux excellents), très ordinaires, et qui détonne complètement avec les films de tueurs professionnels à l’américaine où les héros sont forcément vaguement beaux gosses, ou ont au moins la classe. Rien de tout ça ici, et ce cadre en apparence banal apporte originalité et renouveau à ce genre quand même déjà très visité.

D’autre part, la montée en tension du film est parfaitement construite : le glissement du quotidien ordinaire vers ce métier bizarre, qui va conduire les personnages à fréquenter des gens louches, dans des lieux plus ou moins sordides, et à liquider des cibles ambigües qui s’adonnent à des activités dont on apprend de plus en plus au fur et à mesure du déroulement de l’histoire… les points d’ombres et les révélations incomplètes génèrent un suspense très habilement maîtrisé qui m’ont tenu en haleine pendant tout le film, malgré certaines longueurs ou baisses de tension.

C’est ce qui rend la toute fin du film d’autant plus décevante. Sans parler de la scène qui la précède et qui n’a aucun sens Show ▼

, la façon abrupte dont s’achève le film n’apporte rien Show ▼

, et ne résoud rien Show ▼

. Au moment du générique, le film avait fait une très brusque chute dans mon estime après être monté relativement haut. Après y avoir réfléchi un peu quand même (c’est entre autres pour ça que je trouve enrichissant d’écrire des articles sur les films que je vois), j’ai compris qu’on pouvait tout à fait recomposer les pièces manquantes du film à partir de l’expression finale du visage de Jay Show ▼

, et qu’une explication littérale aurait probablement été tout aussi décevante, tout en étant plus lourde et plus convenue. Bref, je me suis un peu réconcilié avec cette fin, que je ne trouve plus aussi mauvaise que lorsqu’elle m’est tombée dessus, même si je pense qu’elle aurait quand même pu être mieux amenée.

La poursuite dans les tunnels, très réussie

Au final, Kill List est un film d’angoisse original, remarquablement construit, avec quelques scènes très fortes (l’exécution de l’archiviste, le parcours de Gal dans l’entrepôt à la recherche de Jay, la poursuite dans les tunnels,…), et qui sans être un chef-d’oeuvre mérite quand même vraiment le détour pour les amateurs du genre (c’est à dire si vous m’avez bien suivi, les films d’angoisse, plutôt que les films d’action ou les polars).

Holy Motors (Leos Carax, 2012)

Bon, j’annonce pour commencer : je ne connais rien de la filmographie de Leos Carax dont je n’avais jusque là vu aucun film, et bien que j’aime voir des films (et les commenter, visiblement), je ne m’estime pas du tout cinéphile (je ne connais pas les classiques du cinéma et je n’ai aucune connaissance de la technique du cinéma).

Voilà.

Donc je ne vais pas me faire passer pour ce que je ne suis pas, mais je pense que ma position sera du coup aussi celle d’une partie conséquente du public.

La raison pour laquelle Vorti et moi sommes allé voir Holy Motors, c’est qu’on voulait se faire une toile et que parmi les films à l’affiche actuellement, celui-ci semblait pouvoir constituer une surprise (qu’on espérait naturellement bonne) par rapport à des choses plus stéréotypées comme L’Age de glace 4, ou Spiderman, la resucée. Le risque, évidemment, c’était aussi de se retrouver devant un film qui nous laisserait totalement de côté, comme The Tree of Life ou Melancholia, réputés chefs-d’œuvre mais qui m’ont barbé à mort. Mais comme la possibilité d’un vrai plaisir était plus attractive que la certitude d’une satisfaction tiède, on a pris le risque quand même.

L’ »histoire » est celle d’un personnage mystérieux, appelé « Monsieur Oscar » (Denis Lavant) par la femme élégante (Edith Scob) mais relativement âgée qui conduit sa limousine de lieu en lieu dans Paris, et dont le film suit la journée chargée : son activité va consister à changer intégralement d’apparence plusieurs fois dans la journée à l’aide de costumes, de postiches et de grimage de professionnel, pour incarner successivement plusieurs personnages au cours de scènes qui n’ont aucun lien entre elles.

Pour qui ? Pour quoi ? Ces performances ne semblent pas avoir de public, et on découvre au fur et à mesure du film que certains des protagonistes de ces scènes sont également des « acteurs », comme Monsieur Oscar. Quant à notre héros, il déclare lui-même à l’étrange personnage venu jusque dans sa limousine lui reprocher (légitimement) sa fatigue, qu’il continue à faire ce qu’il fait pour « la beauté du geste ».

On ne peut s’empêcher de rechercher une cohérence entre les scènes qui se suivent, d’essayer de comprendre où se situe le réel dans ce qui nous est montré. A défaut, on cherche un message, un sens à ces épisodes…
Pour ce qui est de la cohérence, il semble vain d’en chercher une : chaque scène ne semble qu’être un « flash » de l’auteur, une situation qui lui est apparue et qu’il a voulu tourner. Idem pour ce qui concerne le message, Carax déclarant lui-même ne pas avoir de discours à tenir. Quant au réel, entre les situations littéralement invraisemblables, les personnages qui meurent, mais pas vraiment, jusqu’au deux séquences finales qui partent dans un délire loufoque, autant dire qu’il n’existe simplement pas.

On se situe ici plutôt dans le domaine de la poésie : ces images et ces ambiances sont supposées nous entraîner dans leur univers, nous faire ressentir des émotions sans nécessairement faire appel à notre intellect. Et après tout, pour moi qui suis fan de David Lynch, voilà un genre de concept qui ne devrait pas me poser de problème, sur le principe. C’est d’ailleurs une question que je me suis posée pendant le film : quelle différence pouvais-je faire entre ce film baroque, hors du réel, qui ne cherche pas à tenir un discours ou à véritablement raconter une histoire, et un film de Lynch ?

Le film démarre pourtant sur une scène onirique très prometteuse

Question d’atmosphère (le découpage en saynètes sans continuité n’aide certes pas à en faire naître une), ou question de puissance des images invoquées (en dehors de la scène onirique d’introduction, que j’ai trouvée effectivement très forte, le reste m’a paru plutôt fade), peut-être ? En tous cas, Holy Motors, sans m’avoir rasé comme les films cités plus hauts, m’a laissé froid et indifférent du début à la fin malgré quelques passages qui m’ont plus intéressés que d’autres et malgré son originalité, qui reste incontestable. Comme un OVNI, mais qui m’aurait laissé sur place au lieu de m’enlever sur sa planète…

En Juin sur Même Esprit

Bon, soyons francs : autant le mois de mai avait été exceptionnel en termes de productivité sur ce blog, autant juin a commencé plutôt doucement, du fait de nombreux projets à finaliser pour la plupart des contributeurs. On aura quand même trouvé le temps de vous parler :

En juin sur Même Esprit, on a survécu au "Dépeceur de Montréal"

- de Cinéma : après le foutage de gueule Prometheus (« All I’ll say in response to your question is nothing is an accident in Prometheus. Every single decision that is made by Ridley Scott is made for a very specific reason and purpose. » ["Tout ce que je dirais en réponse est que rien n'est un accident dans Prometheus. Strictement chaque décision prise par Ridley Scott l'est en raison d'un objectif très spécifique"], citation (qui restera mythique pour moi) du scénariste Damon Lindelof dans une interview en ligne), je suis sorti plutôt indifférent de Blanche-Neige et le Chasseur (ok, vous me direz que je n’ai qu’à mieux choisir mes films, mais bon). Jika de son côté a vu Dark Shadows, de Tim Burton, dont il dresse un bilan mitigé.

- de Séries. Notre spécialiste ès séries Aya nous a ainsi présenté deux nouvelles séries de l’été qui pourraient valoir le détour, Dallas (!) et Continuum, tandis que notre expatrié Outre-Manche Stoeffler nous a conseillé The Fades, une série fantastique britannique dont la première saison (de 6 épisodes) vient de s’achever.

- Le tour du monde des burgers s’est poursuivi en juin sur Même Esprit, avec un détour par l’Angleterre où Stoeffler a la chance de pouvoir goûter quand bon lui semble les gros burgers du GBK, tandis que Gattaca concluait (temporairement sans doute) sa visite des burgers de Paris au tout récent Blend.

En juin sur Même Esprit, toujours pas de résolution de la crise Syrienne...

- Stoeffler a enfin trouvé le temps de faire le récit de la deuxième partie de son Voyage en Jordanie (la première partie était ), passant notamment dans l’ancienne cité troglodyte de Petra, et dans le désert du Wadi Rum.

- A la rubrique Sciences et Société, j’ai retrouvé par hasard un de mes vieux articles paru sur mon ancien blog Alzheimer Power, qui était plutôt un lien vers une page assez rigolote mais apparemment scientifiquement rigoureuse malgré tout, détaillant les propriétés de l’urine (faut-il la boire, ou pas ? Toutes les réponses à cette question que vous vous posez tous les jours sont dans cet article !). Jika, de son côté, s’est intéressé à ce slogan gouvernemental qui fait encore recette aujourd’hui, pour savoir plus précisément ce que recouvrait la préconisation de manger 5 fruits et légumes par jour.

- Euro 2012 de foot oblige, Stoeffler a fait un petit rappel illustré sur un point de règle qui paraît souvent obscure aux profanes, la règle du hors-jeu.

Bon, là, ça va être les vacances, donc il ne devrait y avoir aucun article pendant au moins la première semaine de juillet, mais profitez-en pour relire tout ça si vous avez loupé des trucs, et pour nous faire part de vos commentaires !