Chaque année a lieu dans les West Midlands anglais la Tough Guy Competition. Cette course l’épreuve sportive en un jour la plus dure du monde : même Jack Bauer, qui comme c
hacun sait est tout de même un gars robuste habitué à passer de sales journées, n’a jamais tenté cette compétition. Peut-être dans la 8ème saison, qui vient de commencer ?
Revenons à la Tough Guy Competition ; elle avait donc lieu il y a quelques jours, fin janvier (il existe aussi une version estivale de la course, appelée Nettle Warrior), et après avoir signé leur « death warrant », un document exonérant l’organisation de toute responsabilité en cas de décès (on n’est pas là pour rigoler !), les 5000 participants se sont élancés à l’assaut des 21 épreuves que comporte la course : après un cross initial de 9,6 km, les concurrents ont dû grimper des murs et s’arracher les mains sur des cordes ; ramper dans un tunnel étroit autrefois utilisé pour les eaux usées ; négocier les « tentacules de la méduse », des câbles pendants, dont certains envoient une charge électrique assez puissante pour faire sursauter un taureau ; traverser des étangs remplis de boue et de crottin de cheval ; parcourir des bottes de foin en feu ; nager dans de l’eau glaciale à travers un tunnel sous-marin ; ramper dans la boue sous des fils barbelés ; se frotter à des orties de 1,80m…
La bonne nouvelle, c’est que malgré toutes les blessures enregistrées (crises d’hypothermie, fractures, foulures, coupures, etc.), il n’y eut pas un seul mort (mais tout de même 2100 abandons sur les 5000 personnes au départ).

En passant, vous n’êtes pas sans savoir qu’il faut éviter de se baigner juste après avoir mangé, n’est-ce pas ? Parce qu’il y a un risque important d’hydrocution ? Oui, mais encore ? C’est quoi une hydrocution ? Quand j’étais gamin, je croyais que le risque de l’hydrocuisson c’était que l’eau recuise les aliments déjà ingérés et que pour une raison ou une autre, ce n’était pas bon. Là où ma compréhension butait, c’est que ça ne posait pas de problème de voir juste avant de baigner, et que les risques étaient les mêmes pour les aliments froids et chauds. Bref, c’était pas du tout ça :D
En réalité, lorsqu’on est en train de digérer, beaucoup de sang est envoyé autour des intestins pour récupérer les nutriments. Hors, la digestion génère de la chaleur (c’est pour ça qu’on a chaud après un bon repas) donc ce sang est ensuite envoyé en masse à la périphérie du corps et les vaisseaux se dilatent pour lui permettre de se refroidir efficacement.
Quand on plonge rapidement dans l’eau froide, tous les vaisseaux qui étaient dilatés se contractent d’un coup et cet afflux de sang parvient d’un coup au cœur qui n’apprécie pas forcément et cela peut provoquer un malaise : c’est l’hydrocution.
Et l’hydrocution, on ne s’en remet pas avec un simple remède de bonne femme !
Ha, vous saviez d’où vient cette expression ? Du latin »bona fama » ou de l’italien »buona fama », ce qui signifie « bonne renommée » : les remèdes de bonnes femmes sont donc en réalité des remèdes de bonne »fame », qui jouissent d’une bonne réputation !
Pour en revenir au sujet, les participants de la Tough Guy ne sont pas uniquement soldats, pompiers ou athlètes. On trouve également des milliers de « civils », qu’ils soient anglais, écossais, américains ou encore allemands en mal d’aventures. Et tout ça pour quoi ? Rien, si ce n’est la satisfaction d’avoir survécu et dépassé ses limites. Certains trouvent même le parcours trop sérieux, trop facile. Ceux-là ont une imagination sans limite pour pimenter leur malheur : on rencontre féquemment des « tough guys » en tutu ou en « mankini » à la Borat, en costume-cravate ou déguisés en superman… Certains se donnent du courage en emmenant leur planche à repasser ou un crocodile gonflable.
Les organisateurs se vantent d’avoir créé le parcours le plus ardu au monde, dépassant même ceux conçus pour les entraînements militaires. Et pourtant, cela partait de bonnes intentions… Avant d’être un génial sadique, Mr Mouse – Billy Wilson de son vrai nom – est un généreux personnage. En 1976, le fermier crée un refuge pour chevaux abandonnés et y emploie des délinquants et des personnes handicapées. Tout cela coûte cher, et Wilson a l’idée de la Tough Guy Competition, à laquelle les participants doivent payer l’inscription (de 100 à près de 200 euros).
Aujourd’hui, la Tough Guy mobilise des milliers de
participants, des centaines de sauveteurs, des journalistes, du public, et même, ultime honneur, fait la Une de Même Esprit !
J’imagine que si je devais un jour concourir à cette compétition, je ne ferai pas long feu…
Faire long feu… Drôle d’expression, n’est-ce pas ? Alors qu’en se limitant à la sémantique, on pourrait croire que c’est plutôt positif (faire beaucoup de feu avec peu de bois, avoir certaines aptitudes sexuelles dignes de Youtube, etc.), c’est tout l’inverse : au temps des mousquets (« ha ha ha, mousquet ! » Private joke), il fallait placer une mèche puis charger de la poudre, placer de la bourre, ensuite la balle, et enfin tasser le tout avec une longue tige.
Après ce fastidieux procédé, il arrivait que la poudre trop humide ne détonne pas, mais brûle lentement. S’en suivait alors, malgré tous ces efforts, un coup raté à cause d’un feu trop « long », pas assez explosif pour faire partir la balle.
Faire long feu, c’est donc ne pas réussir, ne pas produire l’effet voulu.
Je disais donc qu’il est certain que je n’irai pas au bout, rien que l’idée de courir 10 bornes en string avec une planche à repasser dans une main et Céline dans l’autre me refroidit, mais le reste des épreuves a l’air… « fun » : on y va quand ?
