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[La chanson de la semaine] All I had to do is kill her (The Cure)

Le format CD n’est pas toujours meilleur que le format cassette audio.

Au moins deux des albums de The Cure se sont vus ainsi amputés de certains de leurs titres dans leur version CD (par manque de place) par rapport à leur version cassette (que les fans ont gardé précieusement). Si la disparition du mineur « Hey you ! » de la version CD de l’album Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me (1987) n’était pas dramatique, la version CD de l’album Concert : The Cure Live (1984) supprimait carrément toute la deuxième face de la cassette (!), qui contenait un grand nombre de raretés et inédits dont deux titres magnifiques qui ne sont jamais sortis dans des versions officielles. Le premier était All Mine (que ceux qui le cherchent peuvent désormais trouver facilement sur le Net, et dans une version plus complète qui plus est : merci Internet, et merci aux fans hardcore de Cure qui ont conservé des centaines d’enregistrements précieux pour tous ceux qui ont aimé la musique du groupe de ces années-là) ; le second, qui est celui que j’aimerais vous faire découvrir aujourd’hui, est All I Had To Do is Kill Her.

Évidemment, le son n’est pas très bon (c’est un enregistrement live, réalisé dans des conditions qui ne devaient pas être optimales), mais combiné aux effets sonores dont Robert Smith noyait ses chansons à l’époque et au jeu volontairement « sale » du groupe, aux paroles incompréhensibles mais à la tonalité désespérée, il contribue à créer l’atmosphère floue, d’un psychédélisme malsain et maladif qui fait de la trilogie Seventeen Seconds (1980)/ Faith (1981)/ Pornography (1982) la période préférée de la plupart des fans de The Cure.

La version vidéo que je vous propose ici a la qualité supplémentaire d’être plus complète même que la version qui figurait sur la face B de Concert : The Cure Live (environ 3 minutes de plus), et d’être habillée d’images d’archives qui vous feront peut-être plaisir à voir (ou qui vous feront ricaner, en fonction de l’estime que vous avez pour le groupe).

Si cette présentation ne vous a pas encore fait fuir, c’est que vous êtes probablement prêts à vous plonger dans les conditions appropriées pour une bonne écoute de ce morceau. Alors, fermez la lumière, oubliez tout le reste, et écoutez-moi ça :

Je me souviens de l’époque où j’écoutais ce morceau sur mon walkman (à cassette, donc), et où ce même frisson me parcourait à chaque fois vers 2:30 avec le pont instrumental magnifique, puis avec la bouleversante montée en intensité vers 4:30, et je continue d’être transporté par sa beauté noire et son atmosphère : j’espère que cette découverte, ou cette re-découverte, vous procurera le même plaisir !

 

La Ferme des animaux (George Orwell, 1945)

La ferme des animaux est un grand classique de la littérature occidentale, un livre dont presque tout le monde connait le titre même si tout le monde ne l’a pas lu pour autant. Exactement comme pour Sa majesté des mouches, c’est Stoeffler qui en me le prêtant, m’a donné l’occasion de passer de l’état de « celui qui connaît vaguement » à « celui qui a lu » -et en VO s’il vous plaît, là encore.

L’histoire est celle d’une ferme dont les animaux décident de se révolter ensemble contre leur propriétaire, de prendre le contrôle de la ferme et de la gérer dans un esprit communautaire et égalitaire. Rappelant toutefois que le concept de révolution veut que le mouvement ne s’arrête qu’après avoir effectué une boucle complète (ou plus prosaïquement, que la chose la plus sûre dans une révolution, c’est qu’elle finit toujours par vous revenir dans la gueule) la fable veut que rapidement, certains des animaux commencent à détourner l’idéal de la révolution pour leur propre profit, et finissent par devenir des tyrans tout à fait aussi injustes, cyniques et brutaux que leur ancien maître.

Ce court roman a eu bien du mal à paraître à son époque (1945), car George Orwell ne cachait pas que La ferme des animaux est en vérité une satire ciblant Staline et dénonçant la façon dont les idéaux socialistes étaient détournés et corrompus par la logique du pouvoir antidémocratique des soviétiques ; une dénonciation qui ne se faisait pas trop pour les intellectuels de l’époque, vu le rôle qu’avaient joué les Russes dans la victoire des Alliés durant la 2e Guerre Mondiale. N’allez pas faire d’Orwell un anticommuniste primaire pour autant, il était au contraire un socialiste convaincu, et son dégoût pour les dérives du communisme s’est largement formé lors de son engagement dans la Guerre Civile Espgnole dans les rangs du POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste) : ayant échappé aux purges des communistes cherchant à se débarrasser des anarchistes, il s’aperçut que l’anéantissement du fascisme et la libération de l’Espagne n’étaient en réalité qu’un prétexte pour les différentes factions qui cherchaient à obtenir le contrôle absolu des forces républicaines. La satire est assez limpide aujourd’hui pour qui s’intéresse un peu à l’Histoire, et l’une des vertus du roman est de donner envie de se repencher sur les événements (personnellement, je ne m’y étais plus trop intéressé depuis le lycée…) pour bien comprendre tous les parallèles ; je signale d’ailleurs de ce point de vue que la page wikipedia en français est plus riche que la version en anglais (qui par contre offre plus de détails sur les difficultés éditoriales d’Orwell) et aide à bien remettre les événements en perspective.

Le bouquin d’une façon générale se lit très bien et très rapidement (il fait moins de 150 pages) et j’en recommande donc la lecture, notamment à tous ceux qui hésitent à lire des classiques, à ceux qui s’intéressent à cette période de l’histoire ou au communisme en général, ainsi qu’à ceux qui aiment les fables ; j’aurais bien aimé un poil plus d’humour, d’autant que l’auteur sait parfaitement être drôle (je pense en particulier au rôle du chat, qui m’a bien fait marrer mais qu’on ne voit plus du tout une fois que les vrais ennuis commencent -en même temps quand j’y pense, c’est normal : c’est le chat !). Certains coups des porcs et de leur clique paraissent un peu exagérés, et j’ai régulièrement trouvé les métaphores un peu grosses (le remodelage des devises de l’Animalisme, la façon dont les souvenirs des animaux sont manipulés par Squealer/Brille-babil, leur « ministre de l’information » au point qu’ils en viennent à croire sa version plutôt que celle qu’ils ont vécue,…). Mais après coup, la façon dont les animaux de la ferme se font embobiner sur des trucs invraisemblables ou intolérables, que les dirigeants leur font avaler en usant alternativement de la manipulation psychologique ou de la force m’a rappelé la façon dont NOUS laissons actuellement tous passer les abus de nos gouvernants (oui, j’ai écrit mon article légèrement remonté sur l’affaire Woerth/ Bettencourt pendant que je lisais La ferme des animaux ! 8D ) parce que, négligeant de considérer la situation dans son ensemble, nous ne nous en scandalisons que pendant un temps avant de juger que ces abus, individuellement, ne méritent quand même pas une révolution et qu’on peut bien vivre avec…

La morale de La ferme des animaux (ou plutôt les morales, car le message du roman est multiple : les puissants s’affranchissent des limites qu’ils imposent à leurs inférieurs ; la communication des gouvernants -la propagande- vise à dissiper l’attention et le cas échéant, l’indignation, des gouvernés ;…) restent donc complètement d’actualité, même si sa conclusion n’encourage pas à l’optimisme : se débarrasser d’un mauvais gouvernement n’invite jamais qu’à l’ascension d’un nouveau gouvernement corrompu…

Y a-t-il alors une issue ?…

Azteca, Gary Jennings (1980)

C’est Jika qui nous a offert Azteca, un livre dont j’ignorais totalement l’existence mais qui en fait a connu un gros succès depuis sa publication, en… 1980. En nous l’offrant, il le décrivait comme un livre « qu’il regrettait d’avoir déjà lu deux fois, et qu’il aimerait n’avoir jamais lu, pour avoir le plaisir de le relire comme si c’était la première fois ». Fichtre ! Sans aller aussi loin que l’ami Jika, j’avoue que j’ai moi aussi vraiment apprécié ce roman et qu’avant même d’en faire ici la présentation, je vous le recommande.

Le bouquin dépeint la civilisation Aztèque à un moment particulièrement crucial de son histoire, à savoir les dernières décennies (de 1460 à 1530 grosso modo) avant l’arrivée des méchants conquistadores espagnols qui vont décimer les richesses et piller la population, ou l’inverse (encore que…). L’astuce narrative est que tout le récit est fait à la première personne par le narrateur, Mixtli, vieil indigène interrogé par les scribes de l’Inquisiteur Zumarraga (personnage historique réel, premier évêque de Mexico et détenteur du titre assez tordant de « Protecteur des Indiens ») au nom du Roi d’Espagne Charles Quint, curieux de mieux connaître ce peuple exotique qui habitait sa « Nouvelle Espagne » (aujourd’hui essentiellement, le Mexique) avant l’arrivée d’Hernan Cortès et de sa bande. Chaque chapitre est donc introduit par une lettre de l’évêque au Roi, mettant en perspective l’histoire racontée par le « héros » avec sa situation présente de captif méprisé et complètement sous-estimé. L’extraordinaire trajectoire du narrateur nous révèle une civilisation Aztèque souvent inattendue, primitive par certains aspects, mais bien en avance sur les Européens par d’autres (l’hygiène, notamment). Mixtli traverse ainsi les différentes couches sociales dans son ascension (passant de fils d’ouvrier à scribe, puis guerrier renommé, riche marchand, et enfin proche conseiller de l’Empereur Aztèque lui-même), nous permettant de découvrir la structure hiérarchique de la société Aztèque et ses castes. Et dans le même temps,  il parcourt aussi pour son business les routes au nord, au sud et à l’est de la capitale Tenochtitlan (aujourd’hui Mexico), ce qui nous donne à voir la diversité des communautés qui ont partagé le voisinage, et la plus douloureuse partie de l’histoire, des Aztèques.

Le moins qu’on puisse dire d’Azteca, c’est que c’est un livre bien documenté : L’auteur, Gary Jennings, s’est installé au Mexique et a effectué des recherches pendant dix ans dans les bibliothèques et les archives historiques, mais aussi dans la jungle, les déserts et les ruines Aztèques pour écrire son livre. Au tout départ, cette richesse documentaire m’a d’ailleurs paru un peu encombrante, avec des explications trop nombreuses et dont je trouvais qu’elles n’étaient pas toujours utiles à l’histoire, mais ça passe très rapidement : tout ça sert à poser le cadre, et une fois que le lecteur est immergé dans cet univers exotique, on reçoit le reste des nombreuses révélations historiques ou sociologiques de façon beaucoup plus fluide et digeste.

La fameuse Pierre du Soleil, aujourd'hui au Musée d'anthropologie de Mexico

Il y a aussi pas mal de sexe assez cru et plutôt pervers dans les premières aventures de Mixtli, et j’ai eu un peu peur que ce soit comme ça tout le long ; mais là encore, ça me paraît a posteriori parfaitement justifié : d’une part, ça permet de présenter les mœurs sexuelles des Aztèques, et d’autre part, la courbe de l’activité sexuelle

du héros suit très logiquement sa maturation, intense dans sa jeunesse, puis de plus en plus modérée avec l’âge. La question du sexe prend donc de moins en moins d’importance au fur et à mesure de la progression de l’histoire, et n’apparaît plus ensuite qu’occasionnellement, comme un élément ordinaire et bien compréhensible de la vie de Mixtli (ceci dit, de ce que j’ai lu sur le Net en préparant cet article, le fait de mettre autant de cul dans ses bouquins est quand même un travers souvent reproché à l’auteur).

Au final, malgré ses plus de 1000 pages, Azteca est un livre très accrocheur et qui se lit rapidement. Phénomène assez marrant et qui apparemment se produit pour la plupart des lecteurs, quand à la fin du récit arrivent les conquistadors et que sont racontées les batailles, la progression des envahisseurs et la défense des Aztèques, bien qu’on connaisse parfaitement l’issue de cette conquête -à la fois parce qu’on connaît l’Histoire, et parce qu’on sait pertinemment dans quelles circonstances le narrateur raconte sa vie- on se prend à espérer que les choses tournent mieux et que Mixtli et les siens parviennent à repousser l’habile et avide Cortès.

Le format du roman documenté est aussi un moyen d’apprendre de façon ludique et plaisante plein de choses sur une période de l’Histoire et sur un peuple très intéressants, et personnellement j’ai recollé avec beaucoup de plaisir les morceaux de ce que j’avais vu, lu et découvert lors de notre voyage au Mexique, qui prenaient d’un coup une autre dimension (et ça fonctionne probablement très bien dans l’autre sens aussi : visiter le Mexique en reconnaissant la Pierre du Soleil du premier chapitre, les temples de Teotihuacan, etc. doit rendre le voyage encore plus vivant). Ca me donne du coup envie de lire d’autres romans historiques, en espérant qu’ils seront aussi bien ficelés que celui-ci.

Et je signale par ailleurs à ceux qui ont déjà lu et aimé Azteca que celui-ci est en fait le premier d’une série de cinq bouquins : L’automne Aztèque, sur la résistance aztèque après la conquête, apparemment excellent mais épuisé (on peut peut-être le trouver en bibliothèque ?) puis Sang Aztèque, Rage Aztèque et Aztec Fire (celui-ci disponible uniquement en anglais) tous les trois écrits d’après les notes de Jennings mais par deux autres auteurs).

Max et les maximonstres (Spike Jonze – 2009)

Max et les maximonstres est l’adaptation par Spike Jonze (auquel on doit essentiellement Dans la peau de John Malkovitch) d’un livre de Maurice Sendak, auteur et illustrateur américain controversé (la violence physique et les aspects cauchemardesques de son œuvre sont souvent jugés comme psychologiquement dangereux pour le public auquel il s’adresse : les enfants). Le livre est paru en 1963, mais son thème est éternel, et la technique le rend aujourd’hui davantage viable (encore que personnellement L’histoire sans fin (1984) ou Dark Crystal (1982), par exemple, me laissent en mémoire des images moins parfaites mais certainement aussi puissantes que celles de ce film de 2009).

L’histoire est celle de Max, un jeune garçon dont la sœur a grandi, dont la mère divorcée est trop occupée, et qui n’a pas de copains : il est abandonné à son imaginaire et à ses pulsions destructrices d’enfant frustré. Le soir d’une journée où les choses se sont particulièrement mal passées de son point de vue, il s’enfuit de la maison familiale, traverse des océans dans une barque découverte par hasard, et arrive sur une île sur laquelle il fait la rencontre de créatures monstrueuses trois fois plus grandes que lui et desquelles il devient le roi. Comme dans Alice au pays des merveilles (1865), le récit est bien entendu une plongée dans l’imaginaire du personnage mais à la différence du célèbre roman de Lewis Carroll, Max et les maximonstres ne mélange pas les références du monde des enfants avec celles du monde des adultes et se concentre intensément sur la transposition de la personnalité du petit Max dans le caractère des personnages qu’il rencontre et la forme des aventures qu’il vit : les étonnants monstres Carol (je comprend seulement en relisant mon article l’origine de ce nom bizarre pour le monstre principal : il s’agit clairement d’une référence à l’auteur d’Alice au pays des merveilles), KW, Douglas, etc. aiment donc casser des trucs, se bagarrer, mais aussi se réconforter en se pelotonnant les uns contre les autres, expriment leurs émotions sans ambages, et sont très cyclothymiques, passant en un instant de l’enthousiasme à la déprime pour des raisons parfois incompréhensibles… exactement comme Max et comme bien des enfants turbulents ou solitaires.

Image tirée du livre illustré Max et les maximonstres

Image tirée du livre illustré "Max et les maximonstres"

C’est ce thème qui rend le conte universel et éternel ou presque et qui garde l’histoire encore attractive aujourd’hui, y compris pour des adultes plus ou moins jeunes, qui ont connu le livre quand ils étaient petits et le retrouvent visiblement avec plaisir à l’écran. Personnellement, je n’ai pas retrouvé mon propre univers dans celui de Max mais parce que je vis avec quelqu’un qui partage en partie cet imaginaire et ce tempérament, je comprends parfaitement la nostalgie qu’il peut inspirer… même si je n’ai été pour ma part touché que lors de la scène finale et que je suis sinon resté plutôt étranger à tout ça.

Esthétiquement, le film est réussi : les effets spéciaux sont très décents (le ‘+’ technique résidant dans l’animation des visages, plus difficile à obtenir à partir d’une animation classique), l’image est bonne, souvent belle (certains plans m’ont fait penser à Ico, extraordinaire jeu vidéo poétique sur PS2), et le gamin idéal : non seulement il est parfaitement crédible en tant que petit garçon alternativement colérique, enthousiaste puis abattu, mais en plus son joli visage en fait un avatar androgyne, incarnation aussi pertinente de leur enfance pour les garçons que pour les filles. Par contre, j’ai trouvé que l’image était excessivement tremblée, une plaie qui s’est massivement répandue dans le cinéma contemporain pour rendre l’image plus dynamique ou vivante mais qui moi, me la gâche juste.

La faiblesse du film se situe au niveau de l’histoire elle-même : comme l’auteur se place à la hauteur de son héros pour dépeindre son imaginaire, il ne s’y passe pas grand chose (on se rencontre, on construit un fort, on se bagarre, on se dispute, on se sépare… c’est léger, quoi), et les dialogues sont eux aussi bien pauvres.

Max et les maximonstres n’est donc pas nécessairement un film réservé aux enfants (à la différence d’un Ponyo sur la falaise par exemple) et bien des ados ou adultes y retrouveront avec plaisir quelque chose de l’atmosphère de leur enfance. Mais il laissera aussi sur le côté ceux qui s’attendraient à une véritable aventure et ne trouveront pas assez de magie dans ce rêve éveillé pour les garder attentifs pendant un peu plus d’une heure et demie.

Sa majesté des mouches (William Golding, 1954)

Sa majesté des mouches est un roman de William Golding publié en 1954, considéré comme un classique et souvent étudié, assez étonnamment parce qu’il recourt à une certaine violence au moins psychologique, dans les petites classes.

Il me semble me souvenir que ma sœur l’avait quand nous étions petits, mais je n’avais jamais envisagé de le lire. D’une, le titre était bizarre (pour l’anecdote, le titre original « Lord of the Flies » est la traduction littérale en anglais de « Belzébuth », le prince des démons dans la mythologie chrétienne) et la couverture (introuvable sur le Net aujourd’hui, elle représentait un jeune garçon à la commissure des lèvres duquel se glissait une mouche) aussi ; de deux, c’était un livre pour l’école, quand même.

Il aura fallu la série Lost pour me donner envie de passer au-delà de cette couverture dérangeante : la série y fait au moins deux fois textuellement référence, et de nombreux commentaires et analyses que j’ai lus sur le Net évoquaient des parallèles avec le livre. En bon fan de la série, et avec l’envie de me cultiver un peu, j’ai donc voulu le lire, et c’est Stoeffler, qui venait justement de le terminer, qui me proposa de me le prêter, en anglais (ce qui ne me posait pas de problème a priori, et ne m’en a effectivement pas posé, puisque le texte est assez abordable -ce qui explique aussi en partie qu’il soit considéré principalement comme un livre pour enfants).

L’histoire est celle d’un groupe d’écoliers anglais qui se retrouvent échoués sur une île déserte suite au crash de l’avion qui les transportait. Le personnage principal, Ralph, l’un des plus grands enfants, organise dans un premier temps la petite communauté avec l’aide de son conseiller Piggy (Porcinet en français) et le soutien de Jack, le meneur charismatique d’un groupe de garçons de chorale.  Abandonnés à eux-mêmes, la très large majorité des enfants se laissent rapidement aller, malgré les efforts d’organisation et les rappels à l’ordre de Ralph. Sous l’impulsion d’un Jack qui n’apprécie l’autorité que lorsqu’il l’exerce lui-même et qui préfère rapidement la force à la raison comme argument de pouvoir, le groupe se scinde et abandonne progressivement les règles de la civilisation pour dériver en une société tribale, violente et irrationnelle.

Le livre m’a plu en ce qu’il m’a vraiment tenu en haleine : j’ai avancé rapidement dans la lecture, me couchant parfois trèèèèèèès tard pour ne pas abandonner l’histoire sur un chapitre tendu (et la situation l’est souvent). Et même si on se doute qu’on se dirige vers une tragédie, l’auteur réussit à ne jamais donner une réponse prévisible aux situations dont on croit deviner le dénouement, ce qui est bien agréable.

En revanche, lu au premier degré, Sa majesté des mouches m’a paru rester un peu trop en surface des choses : les enfants constatent simplement que leur avion s’est crashé et ne se posent pas de question sur le pourquoi ou le comment, ne font pas de recherches de la carcasse ou d’autres survivants, ce qui ancre d’emblée l’histoire dans un cadre peu réaliste qui m’a un peu gêné. On en apprend aussi très peu sur les personnages eux-mêmes : les étapes de leur décadence sont relativement espacées et on les voit donc évoluer un peu trop brusquement. Décrire davantage les personnages et développer la psychologie au moins des principaux aurait bien sûr rendu le récit beaucoup plus long et lourd, mais en l’état il m’a un peu frustré et j’aurais volontiers sacrifié un peu de la légèreté de la lecture en échange d’un peu plus de densité (j’ignore si l’auteur destinait effectivement son roman aux enfants dès l’origine, ce qui justifierait son choix).

La scène du drame principal m’a paru aussi un peu limite en termes de crédibilité, même si son rôle au-delà du récit est de servir le propos de l’auteur. Car Sa majesté des mouches n’est pas un ouvrage qui se lit uniquement au premier degré, et c’est pour cela qu’il est si souvent utilisé en classe. On trouve des tas d’analyses littéraires sur Internet qui donnent des interprétations sur les valeurs incarnées par les personnages et sur le sens qu’on peut donner aux péripéties qu’ils sont amenés à vivre.

Et c’est vrai qu’en y réfléchissant ne serait-ce qu’une minute, la symbolique de la plupart des éléments de l’histoire est assez évidente : la conche que les garçons utilisent pour se réunir et qui est détruite dans une des scènes finales, marquant la fin de la démocratie et le passage définitif à la barbarie ; chaque personnage incarne une valeur : l’ordre et la civilisation pour Ralph, qui finit par avoir besoin qu’on lui rappelle pourquoi il faut faire certaines choses vers la fin du livre, quand son pouvoir -et donc l’influence de la civilisation sur les « naufragés », est à l’agonie ; le savoir pour Piggy, dont les lunettes -symbole supplémentaire- servent à faire le feu ; la séduction de l’autorité qu’on suit aveuglément pour Jack ; l’attraction de la cruauté gratuite lorsque la peur des punitions se dissipe, pour Roger…

Même le final, qui après une montée en tension terrible (en plus personnellement je l’ai lu presque page par page avec une interruption de 5mn entre chaque parce que je lisais à l’arrache, ce qui rendait la séquence encore plus cauchemardesque), finit d’une façon totalement inattendue qu’on ne s’imagine franchement plus trouver aujourd’hui dans un roman décent, prend un autre sens quand on réfléchit à la signification qu’il peut avoir pour appuyer le discours « méta- » de l’auteur.

Il y a vraiment de quoi réfléchir et discuter pendant des heures sur l’œuvre pour en relever les détails ou les métaphores, et ce deuxième niveau de lecture donne une nouvelle richesse au livre. C’est pourquoi malgré certaines faiblesses, je comprends parfaitement pourquoi il a connu le succès qu’il a connu et pourquoi il est utilisé si fréquemment comme support pédagogique. Et au final, même si mon avis était plus mitigé lorsque j’ai fini le bouquin, j’en recommande aujourd’hui la lecture parce que c’est un livre intéressant, et qui participe effectivement de la culture générale.

Deux films l’ont adapté au cinéma, j’aimerais bien les voir… si quelqu’un sait où les trouver, je suis preneur !

L’Assassin Royal – Livres 2 & 3 (Robin Hobb)

La trilogie originale de L’Assassin Royal de Robin Hobb (dont j’avais entendu dire du bien par tous ceux qui l’avaient lue) augurait du meilleur avec le premier tome, L’apprenti assassin (dont j’ai fait l’article ici, pour mémoire).

Le tome suivant, The Royal Assassin en anglais,  a fait l’objet d’un redécoupage (comme le reste de la série par ailleurs) et se décompose en français en deux volumes distincts, L’assassin du Roi et La nef du crépuscule. Déjà, autant je peux comprendre le redécoupage d’un pavé comme ceux qui composent la saga du Trône de Fer de George R.R. Martin par exemple (12 tomes en français au lieu de 4 en anglais) parce que ça peut faciliter la lecture et parce que du point de vue de l’éditeur ça peut favoriser l’approche du lecteur (que des bouquins de plus de 1000 pages pourraient rebuter); autant dans le cas de ces deux volumes de L’Assassin Royal, je n’y vois qu’une astuce financière pour vendre deux livres au lieu d’un : le livre 2 est écrit plus gros, et se finit de façon parfaitement arbitraire plutôt que sur la conclusion d’une première intrigue ou un gros cliffhanger. Ça sent donc le découpage artificiel et injustifié, donc le foutage de la gueule du lecteur, ce qui ne fait jamais plaisir (même si on n’a pas payé le bouquin supplémentaire, comme c’est le cas pour moi). Ce commentaire ne vise bien sûr que l’édition française et pas le roman ou son auteur, qui n’ont a priori rien à voir avec ce bricolage.

Revenons donc à l’essentiel : l’histoire. Le premier tome se concluait par une demi-victoire pour Fitz, le héros, bâtard d’un prince et entré au service secret de son royal aïeul en tant qu’assassin. L’Assassin Royal (je parlerai donc de ces deux livres comme d’un seul, suivant le découpage original) voit Fitz traverser l’adolescence comme des années plutôt dorées (il gagne en compétence dans les domaines de l’assassinat, de la maîtrise de l’Art et aussi du Vif, devient un jeune homme physiquement puissant), et subit l’influence de ses hormones (qui lui font prendre des décisions que le lecteur condamne comme stupides, le barde d’obsessions sentimentales assez lourdes mais logiques considérant son âge).

Pendant ce temps, la situation des Six-Duchés se détériore : la condition physique et mentale du Roi Subtil semble le rendre impotent, laissant le champ libre au prince Royal pour faire main basse sur le pouvoir tandis que le prince-servant Vérité se sacrifie littéralement pour tenter de sauver le royaume. Car les Pirates rouges continuent de sévir sur les côtes, ravageant les villages et transformant leurs prisonniers en quasi-zombies qui iront à leur tour dévaster les parages.

Cette suite est une déception à plusieurs titres : d’une part, l »assassin » n’y effectue strictement aucun assassinat. Personnellement, je ne me suis pas intéressé à la saga pour son thème mais j’imagine que ceux dont c’est le cas pourraient se sentir floués. J’avais quand même été assez emballé par l’empoisonnement de l’intrigante qui voulait devenir duchesse à la place du duc dans le premier bouquin (même si ça tenait sur 5 pages), et la situation qui concluait le tome laissait entrevoir ce que pourrait être la suite de la série. Malheureusement, dans L’assassin royal, les missions pour lesquelles Fitz est employé (tuer des forgisés en leur faisant avaler de la nourriture empoisonnée) paraissent ridicules : pourquoi recourir à ce moyen (plutôt qu’aux armes) ? Pourquoi recourir à lui pour faire ce travail (à coup de trois forgisés empoisonnés par semaine dans les bonnes semaines, il va falloir être patient…) ? Pourquoi cela semble-t-il poser de tels cas de conscience aux héros de tuer aujourd’hui les dangereux forgisés cannibales et sans âme sous prétexte qu’ils ont été des gens normaux avant d’être capturés par les Pirates ?

D’autre part, je ne trouve pas du tout-du tout intéressante la relation homme-loup qui se tisse, la tentation de devenir un animal et tout. Je trouvais déjà ça inintéressant dans le Trône de Fer, je n’y vois pas plus d’intérêt là. Pire, à la différence de TdF, le loup de l’Assassin se retrouve à taper la discute comme s’il était un humain et je trouve ça hyper bancal, même si je reconnais que ce serait encore plus imbuvable s’il parlait un langage primitif… ce qui ne veut pas dire que l’option retenue est meilleure ! ça veut juste dire qu’il ne fallait pas le faire du tout, en fait. C’est d’ailleurs (avec le fait que tout le monde s’accorde à dire que la série devient de moins en moins bonne au fur et à mesure des tomes) ce qui me garantit à peu près à coup sûr que je ne lirai pas la deuxième trilogie : son titre anglais (The Tawny Man – qu’on pourrait traduire par « l’homme fauve ») laisse supposer une histoire encore plus axée sur cet aspect du personnage, et ça me coupe l’envie d’avance.

Bref : il y a de grosses déceptions dans cette suite du prometteur L’apprenti-assassin. Et pourtant !… et pourtant, c’est toujours agréablement écrit, les personnages secondaires sont toujours aussi intéressants -on y gagne même une nouvelle héroïne sympathique avec la reine-servante Kettricken-, l’évolution du personnage principal est dépeinte avec subtilité, et les situations et les événements qui surviennent tiennent toujours globalement le lecteur en haleine, notamment le remarquable complot orchestré par Royal et ses sbires : l’injustice de leur réussite donne envie au lecteur de lire la suite pour enfin voir les gentils leur rendre la monnaie de leur pièce ! Résultat : même si je regrette que tout ne soit pas toujours du niveau des meilleurs passages, ces quelques bonnes scènes et ces personnages continuent de me faire apprécier la série à ce stade, et je continue de lire page après page en regrettant d’avoir à dormir, sortir du métro, ou quitter ma pause-déjeuner. C’est plutôt bon quand même, donc !

La vérité (Terry Pratchett, 2000)

La vérité est le 25e volume des Chroniques du Disque Monde de Terry Pratchett. Hop là, ne vous sauvez pas, les Chroniques ont ceci de remarquable qu’elles se situent simplement dans un même univers foutraque dans lequel Pratchett injecte tout ce dont il a besoin pour ses histoires, sans qu’il y ait besoin de suivre un quelconque fil entre les différents ouvrages, qu’on peut donc lire dans l’ordre qu’on veut (on a même le droit de ne pas tous les lire)(mais c’est dommage).

Les Chroniques du Disque-Monde se situent donc dans un univers de fantasy dans lequel on retrouve à la fois tous les éléments classiques du genre (mais alors vraiment tous, hein : des trolls, des nains, des épées, des voleurs, des guildes, des vampires, des loups-garous, des chiens qui parlent ah non pardon, ça c’est juste un mythe). Il y a donc volontairement un peu de tout, voire du n’importe quoi (le nonsense british y est extrêmement présent), y compris des anachronismes totalement assumés avec par exemple dans La vérité des personnages qui s’allument des clopes au détour d’une page, ou des petits démons enfermés dans des boîtes et qui peignent ce qu’ils voient sur de petites toiles rectangulaires lorsqu’on appuie sur le déclencheur de leur boite, qui envoie un marteau leur taper sur la tête. Par exemple.

Dans La vérité, les nains viennent d’inventer l’imprimerie et le héros, Guillaume des Mots, va mettre à profit leur invention pour créer le premier journal de l’Histoire, Le Disque-Monde… qui va naturellement entraîner la naissance d’un concurrent, et créer à des Mots et ses collaborateurs pas mal d’ennemis, notamment quand le principal notable de la ville va être victime d’un complot orchestré par ceux qui dirigent la ville dans l’ombre, et que Le Disque-Monde va se lancer dans une investigation soigneuse sur l’affaire.

L’intrigue, assez simple, est l’occasion pour Pratchett de mettre en scène des personnages riches en petites bizarreries assez tordantes, et de nous régaler de descriptions et de dialogues très riches en petites blagues et allusions fines qui rendent la lecture très plaisante, bien qu’après coup il soit difficile de citer de passage particulièrement notable tellement l’humour est en fait omniprésent. On en apprécie même d’autant plus la deuxième lecture (j’ai testé, par-dessus l’épaule de Marion -qui déteste ça- pendant qu’elle dévorait le bouquin en trois jours après que je l’aie fini), où n’ayant plus à faire attention à l’histoire, déjà connue, on peut d’autant plus profiter des innombrables microgags parsemés dans chaque scène et réplique.

Je vais quand même essayer de citer deux-trois passages qui m’ont bien faire marrer pour vous donner aussi, j’espère, l’envie de lire sinon La vérité, au moins du Pratchett (sachant que dans l’absolu, les fans s’accordent pour dire qu’il n’y a pas vraiment de bouquin de Pratchett meilleur que les autres, la qualité de son oeuvre résidant avant tout dans son écriture brillante et pour ce que je peux en juger (j’ai lu en français) remarquablement traduite).

On l’appelait le Roi de la rivière d’or. Manière de reconnaître sa richesse, ses exploits et la source de sa réussite, laquelle n’avait rien à voir avec la rivière d’or classique. Ce surnom marquait un net progrès sur le précédent : Henri la Pisse.

Cette fois, ce fut Guillaume qui retint Bonnemont. « Doucement, doucement. Il y a sûrement une loi qui interdit de tuer les avocats.

- Vous êtes sûr ?

- On continue d’en croiser, non ?

- Excusez-moi, messieurs ? » Une silhouette avait jailli de la ruelle devant eux, un couteau dans chaque main. « Guilde des Voleurs, déclara-t-elle. Je vous prie de m’excuser. C’est un vol officiel. »

A la grande surprise du voleur, monsieur Lépingle et monsieur Tulipe ne parurent ni choqués ni effrayés malgré la taille des couteaux. On aurait plutôt dit deux lépidoptéristes venant de tomber sur une espèce inconnue de papillon qui agiterait un tout petit filet.

Voilà, voilà. Ajoutez à ça qu’on peut aussi voir dans cette histoire une réflexion pas vraiment révolutionnaire mais malheureusement toujours d’actualité, sur le peu d’intérêt que porte globalement le public aux investigations d’intérêt général alors que les infos les plus anodines peuvent monopoliser l’attention de tous pendant des jours (vous saviez que Mickaël Jackson était mort ?)…

Nan, laissez tomber, ça c’est trop sérieux. Lisez juste Pratchett, c’est vraiment très marrant !

Pride and Prejudice and Zombies

Pour ceux qui connaissentJaneAusten, ce titre pourra leur rappeler le roman dont il est inspire: Pride and Prejudice.
Ici le concept est simple, l’histoire est calquee sur celle d’origine mais dans les parages des personnages trainent toujours quelques zombies affames, voulant se repaitre de cerveaux frais.

L’idee etait tellement geniale que j’ai achete le bouquin direct, n’ayant meme pas lu le texte original.

Malheureusement l’idee aussi bonne soit-elle, souffre de  s’essoufler tres vite, et autant j’etais mort de rires les 5-10 premieres pages, autant les 300 suivantes etaient parfois une peu longuettes.
L’histoire suit de tres tres pres l’originale et il n’y a des additions, de zombies ou deninjas, que rarement (trop rarement a mongout) ce qui rend la lecture difficile. Le texte et le niveau de langage sont aussi tres proches de ceux de l’epoque complexifiant d’autant plus l’approche.

Il y a de bonnes idees mais globalement je suis un peu decu. Mais si vous aimez les blagues de 320 pages, ne vous genez pas je peux meme vous pretez le bouquin!
Et si vous ne voulez pas le lire, j’ai vu qu’une adapation cinematographique etait en preparation. Avis aux amateurs de zombies!

Le Trône de Fer – Livre XII

Dernier volume paru, et introuvable en poche en français… mes parents me l’ont offert en format « beau bouquin » pour mon anniversaire, au moment où je devais en être au Livre VIII ou IX. Je pense que j’aurais attendu la version poche si j’avais été plus avancé dans la lecture, parce qu’en ce moment je lis sans passion: ce qui se passe n’est pas vraiment captivant, alors que d’autres personnages ont été abandonnés sur des situations où on a vraiment envie de savoir ce qui se passe. Grmph.

Chapitre I: Brienne et son groupe arrivent dans un prieuré de la région de Salins, isolé sur une île et donc protégé des conflits. On apprend que le Limier serait vraiment mort (et enterré), et que les exactions qu’on lui attribue seraient dûes (surprise!…) à quelqu’un qui aurait volé son heaume sur sa tombe.

Chapitre II: La régente refuse de rappeler l’armée Tyrell qui assiège Pierredragon pour défendre les côtes sud attaquées par les Greyjoy, ce qui contraint Loras Tyrell a se porter volontaire pour aller terminer le siège rapidement pour libérer ces forces… ce qui fait l’affaire de Cersei, d’une façon ou d’une autre, mais qui lui aliène encore davantage Margaery et sa famille. Le plan de Cersei pour se débarasser de Bronn a calamiteusement échoué -étonnament. Le reître a vaincu le chef de sa famille et hérite donc de son pouvoir, et a appris de la bouche du vaincu qui était à l’origine du plan. De frustration, Cersei retourne dans sa chambre et viole en partie (la victime est consentante, même si elle est brutalisée) son amie Taena Merryweather, reproduisant la violence qu’exerçait sur elle Robert en son temps.

Chapitre III: Jaime arrive à Vivesaigues où son cousin et sa tante, qui semblent être des personnages intéressants, l’entretiennent de l’état des affaires… qui n’est pas bon pour les Lannister: les familles ralliées au trône par la force ne sont pas viscéralement loyales, et l’insuccès du siège risque de leur faire tourner casaque, les Frey qui composent la majeure partie de l’état-major sont des idiots, et la situation est complètement bloquée, à part que le Silure a de quoi tenir deux ans alors que les assiégeurs se ravitaillent péniblement. Jaime prévoit de faire une proposition généreuse à Brynden pour faire cesser l’affrontement sans avoir à prendre les armes contre les Tully, conformément à son serment fait à Catelyn Stark.

Chapitre IV: retour sur Arya, devenue « Cat des canaux », vendeuse à la sauvette de fruits de mer pour un pêcheur nommé Brusco l’essentiel du temps, et disciple du Multiface au Temple du Noir et du Blanc trois nuits par mois. Pour punir le chanteur Daréon qui déshonore la Garde de Nuit après l’avoir désertée, elle l’assassine et est punie par l’ »homme plein de gentillesse » pour avoir tué un homme pour des raisons personnelles, et devient aveugle.

Chapitre V: Samwell a fini par quitter Braavos et est reparti vers Villevielle, Mestre Aemon ayant temporairement recouvré des forces après avoir entendu les nouvelles concernant Daenerys, qui serait l’élue de la prophétie des Targaryens. Aemon a néanmoins fini par mourir en mer. Vère semble avoir fini de pleurer son fils resté au Mur, et console Sam d’une façon qui le chamboule et lui fait craindre de trahir son serment à la Garde de Nuit, mais sous la pression du reste de l’équipage il finit néanmoins par accepter le couple qu’il forme désormais avec la sauvageonne.

Chapitre VI: Loras Tyrell a pris Peyredragon comme promis, et a été grièvement blessé et brûlé dans l’assaut, qu’il a mené lui-même, quitte à coûter la vie à bon nombre d’assaillants: une double bonne nouvelle pour Cersei. Les Fers-Nés ayant continué à remonter les mers et les rivières vers Villevieille et Dorne, le retour de l’armée de Mace Tyrell sera plus qu’approprié. Gyles Swyft, son grand argentier, est mourrant, et Cersei redoute que cela fournisse une bonne raison aux Tyrell pour réclamer à nouveau que le poste soit confié à Garth Tyrell. Le ressentiment de Margaery Tyrell atteint son paroxysme, au point qu’elle ne joue plus le jeu des masques avec la régente; Tommen lui aussi montre des signes de rebellion, mais Cersei le garde sous contrôle en le punissant sévèrement pour son insoumission.

Chapitre VII: le groupe de Brienne arrive à l’auberge dans laquelle Gendry et Arya se sont séparés, et qui est devenu un refuge d’orphelins adeptes de l’auto-défense. Brienne reconnaît en Gendry les traits de Robert. Débarque un petit groupe de brigands, qui ne sont pas les amis qu’attendait le bâtard: à leur tête, Rorge qui porte le heaume du Limier et qui tombe en combat singulier contre Brienne, et Mordeur qui la massacre et lui mange une partie du visage avant de se faire tuer par sans doute Ser Hyle venu à la rescousse de Brienne (à qui il a proposé plus tôt un mariage de raison plutôt surprenant: Brienne reste sur la défensive avec ceux qui l’approchent, mais Hyle a l’air de vouloir être un véritable allié; elle prévoyait quand même de l’abandonner dans l’auberge en partant le lendemain en avance, n’eut été l’attaque des brigands)

Chapitre VIII: Jaime rencontre Brynden Tully, qui n’accorde pas le moindre intérêt à ses propositions puisqu’il n’accorde pas la moindre valeur à sa parole et à son honneur. Alors que les dissensions commencent à apparaître dans le camp des alliés des Lannister à cause de la stagnation de la situation et de la médiocrité des Frey, Jaime décide de prendre des mesures drastiques et choisit de rendre Edmure Tully à son oncle, en comptant sur son image de monstre plutôt que sur celle du chevalier vertueux qu’il veut devenir mais à laquelle personne ne semble croire: il décrit précisément à Edmure ce qui arrivera si une fois dans le château il ne choisit pas la reddition -y compris l’annonce de la naissance de son enfant, par l’envoi du nouveau-né vers les murailles du château… par l’intermédiaire d’une catapulte! ^_^

Chapitre IX: Gyles Rosby, le grand argentier du royaume, est mort alors que Cersei avait chargé Pycelle de veiller à le maintenir en vie pour ne pas avoir à nommer un nouvel homme à son poste: elle menace Pycelle du cachot ce qui le conduit à révéler qu’il fournit à Margaery Tyrell du thé de lune… un contraceptif. Cersei imagine aussitôt un plan et fait arrêter le Barde Bleu, qui joue toujours pour Margaery et sa clique, et le fait torturer par Qyburn pour obtenir de lui des aveux sur les orgies auxquelles la petite reine et ses cousines se livreraient. Elle convainc ensuite Osney Potaunoir d’aller faire une fausse confession de toutes ces histoires devant le Grand Septon, songeant tandis qu’elle laisse Osney tirer son profit d’elle en échange de ses services, qu’elle fait toutes ces horreurs pour le bien de Tommen…

Chapitre X: retour sur Arianne Martell, consignée dans une tour et privée de tout contact avec l’extérieur, ses serviteurs ayant reçu ordre de ne pas lui adresser la parole. Après une attente de plusieurs semaines qui vainc sa fierté, le silence est enfin rompu grâce à une sérieuse grève de la faim qui conduit son père à accepter de la recevoir. On apprend ainsi que c’est Sombre Astre qui a frappé Myrcella pendant le combat contre Hotah, avant de s’enfuir tandis que tous les autres complices d’Arianne étaient arrêtés. Il lui rappelle que Dorne est la province la moins peuplée des 7 couronnes et n’aurait pas pu remporter une victoire militaire face au Trône de Fer. Les Martell font perdre le plus de temps possible à Balon Swann, parti de Port-Réal et traversant tout le pays pour leur apporter la tête de Gregor Clegane, mais arrivera inéluctablement le moment où le chevalier découvrira que Myrcella a été défigurée, et qu’Arys du Rouvre est mort. Alors qu’Arianne révèle à son père la déception qu’il lui inspire, elle comprend que celui-ci l’a libérée parce qu’il a besoin d’elle dans son plan pour gérer la crise. Elle tente alors de retourner la situation à son avantage en réclamant ses droits sur le trône de Dorne, elle qui croit que son père l’a condamnée à un rôle subalterne tandis que son frère Quentyn hériterait du rôle qui devrait normalement lui échoir: Doran lui révèle alors qu’il avait un autre plan pour sa fille… elle devait épouser Vyserys Targaryen, quand le temps serait venu. Compte tenu de la mort de Vyserys, c’est bien à Ariane qu’il prévoyait depuis de céder son trône. Quentyn, lui, est en réalité parti en mission pour gagner Daenerys, et apporter aux Martell la clé de leur vengeance contre les Lannister (et comme on sait qu’il s’est déguisé en marchand quand il est parti, on peut supposer qu’il a pris les traits du Tyroshi qui plaît tant à Daenerys…).

Chapitre XI: Alayne et Robert Arryn redescendent des Erryé avant de s’y retrouver piégés par la venue de l’hiver. Après une longue route éprouvante, ils rejoignent Petyr Baelish aux Portes de la Lune. Littlefinger s’est adjoint les services de chevaliers errants, dont un grand blond à qui Alayne semble bien plaire. Il lui apprend qu’il a contracté un mariage pour elle, avec un homme qui vient juste d’être fait chevalier, dit Harry l’Héritier, fils de Lady Vanbois. Mais ce n’est pas du modeste titre des Vanbois que Harry serait l’héritier: il serait l’héritier légitime du titre de Protecteur du Val si -quand- Robert Arryn mourra. Petyr a arrangé les choses pour que le mariage ne survienne qu’une fois que Tyrion sera déclaré mort, pour que Sansa Stark soit libérée de son engagement: avec la légitimité d’Harry en tant que maître des Erryé, marié à l’actuelle héritière de Winterfell, Littlefinger lui promet que des armées entières seront prêtes à se lever pour les défendre.

Chapitre XII: dans son délire fiévreux, Brienne appelle plusieurs fois Jaime. A son réveil, alors qu’elle a été soignée par les brigands de Béric Dondarrion qui lui sont redevables d’avoir défendu les enfants de l’auberge, elle apprend qu’elle va être jugée en tant que Lannister à cause de l’arme qu’elle porte et de la lettre de passage de Tommen. Elle est présentée à Lady Coeurdepierre, que Lord Béric a ramené à la vie en lui transmettant sa propre flamme de vie: Coeurdepierre est désormais le nouveau chef, bien plus sombre, des brigands. Animée uniquement par la rancoeur, elle refuse d’écouter Brienne qui lui certifie qu’elle ne s’est jamais dédite de son voeu et les condamne elle, Pod et Hyle à la pendaison à moins que Brienne accepte de lui offrir la mort de Jaime, qu’elle tient bizarrement pour responsable de la mort de Robb. Brienne s’y refusant, les trois captifs sont conduits pour être pendus; au moment où la vie va la quitter, Brienne prononce un mot… suspense!

Chapitre XIII: une représentante du Grand Septon annonce à la Cour que Margaery et ses cousines ont été capturées. Cersei feint de ne pas croire ces révélations et annonce qu’elle va aller trouver le Grand Septon pour défendre sa bru. Sur les conseils d’Aurane Waters, elle envoie sa flotte aux portes de la ville pour pouvoir défendre le trône contre une possible attaque en représailles des Tyrell. Dans la litière qui les amène au Septuaire, Cersei fait comprendre à Taena à quel point Margaery est piégée: en tant que Reine, si elle souhaite un duel pour prouver son innocence, elle devra faire appel à un membre de la Garde Royale; malheureusement, seuls Boros Blount et Meryn Trant seront éligibles en tant que champions…  Parvenue face à Margaery, Cersei ne parvient pas longtemps à faire croire à sa rivale qu’elle est de son côté, et Margaery finit par la chasser en la traitant d’odieuse garce infâme pourrie d’intrigues. Cersei va donc trouver le Grand Septon pour jouer le dernier chapitre de sa partition, mais se retrouve conduite par lui jusqu’à Osney Potaunoir, capturé et interrogé par l’église, trouvant suspect son entrain à se confesser d’un péché si grave: Osney a parlé, et Cersei est à son tour capturée et jetée dans les geôles où elle se trouve dans la même situation désespérée que Margaery! C’est le premier gros retournement de situation depuis bien longtemps, un petit rebondissement ne fait pas de mal dans la trame un peu plate de ce quatrième tome… visitée par Qyburn, elle apprend que son conseil a défait tout ce qu’elle avait fait, dégageant notamment Qyburn lui-même et démissionnant Osfryd Potaunoir du commandement du Guet, et a envoyé un corbeau à Kevan Lannister pour lui demander d’assumer la régence. Aurane Waters, lui, s’est enfui avec toute la flotte! Qyburn offre d’être son champion invincible -fort des sombres connaissances qu’il a acquises sur les fluides vitaux- mais Cersei elle aussi est obligée de compter sur un Garde Blanc pour la représenter: elle est prise à son propre piège!

Chapitre XIV: Edmure Tully a remis Vivesaigues à Jaime, mais le Silure s’est enfui pendant la transition. Jaime se félicite néanmoins d’avoir accompli son devoir sans manquer à la parole qu’il avait donnée à Catelyn Stark, et libère quand même comme convenu sa garnison, dont deux officiers qui partent rejoindre la Garde de Nuit. Le château est laissé aux Frey, et Edmure est renvoyé en otage vers l’ouest, sous escorte. Jaime part faire tomber un autre siège lorsqu’il reçoit la lettre de Cersei qui le supplie de revenir à Port-Réal la sauver: il jette sa supplique au feu.

Chapitre XV: les Fers-Nés sont aux portes de Villevieille. Samwell et Vère parviennent néanmoins à bon port, et Sam part porter ses nouvelles à la Citadelle. Le fonctionnaire qui l’accueille le fait poireauter indéfiniment, et c’est finalement Alleras, l’un des personnages du chapitre d’introduction du 4e Tome (le 10e bouquin en français) qui l’amène à la place au Mage, un Archimestre qui l’avertit de ne pas faire savoir qu’il est au courant de tout ce qu’il lui révèle s’il ne veut pas se faire assassiner, car ceux qui tiennent la Citadelle feront tout pour étouffer les nouvelles qui pourraient redonner du poids à la foi ou à la magie. Parmi les suivants du Mage, le lecteur comprend que se trouve Jaqen H’gar, qui a pris les traits du disciple qui lui a remis les clés de la Citadelle. Mystérieuse conclusion pour ce livre, où on ne sait pas qui sont les « gentils » ou les « méchants », et en qui Sam doit avoir confiance.

Voilà enfin la fin du 4e Tome du Trône de Fer, bien moins exaltant que les précédents à mon goût, et qui nous emmène longuement sur des intrigues sans rapport direct avec l’histoire qui nous intéressait jusque là (à part les chapitres consacrés à Jaime et Cersei, qui sont, eux, généralement intéressants), avec de nouveaux personnages dont tous ne sont pas vraiment séduisants (franchement, les Greyjoy…). A mon avis, d’une part l’histoire n’avait pas besoin de s’élargir ou en tous cas pas de cette façon, et d’autre part, laisser complètement de côté pendant 1000 pages les personnages qui ont passionné le lecteur pour ne s’en occuper que dans le prochain volume est un vraiment mauvais choix de découpage.

M’enfin… on verra le prochain tome, qui sera peut-être d’autant meilleur qu’il concentrera tout ce qui aura manqué à celui-ci.

Le Trône de Fer – Livre XI

Chapitre I: la séparation de la branche principale des Lannister avec celle de Kevan semble définitive. Cersei fait nommer des pantins inexpérimentés et incompétents au Conseil pour pouvoir régenter le royaume comme elle l’entend.

Chapitre II: Qyburn a été nommé à la place de l’informateur Varys. Il apparaît en effet comme le parfait conseiller n’ayant pas peur de se salir les mains ni de salir celles du Trône. Cersei, elle, s’enfonce dans le mépris de tous. Il est prévu de ne rien faire dans le conflit entre Littlefinger et les chevaliers des Eryés. Cersei fait différer le paiement des dettes du trône à l’Eglise et à la Banque de Fer de Braavos pour pouvoir faire reconstruire une flotte. Lord Wyman Manderly, qui servait fidèlement Eddard Stark, semble ployer le genou devant les Lannister: il a capturé Davos, venu lui demander de rallier Stannis. Sur les conseils de Qyburn, Cersei prévoit de faire envoyer des hommes à la Garde de Nuit, avec pour objectif d’éliminer Jon Snow: Cersei se charge de convaincre à sa manière Osney Potaunoir de se charger de la besogne, en lui demandant de séduire Margaery Tyrell, ce qui entraînerait la chute des Tyrell et l’envoi d’Osney au Mur.

Chapitre III: Victarion Greyjoy arrive à Vieuw Wyk, où doivent se tenir les Etats Généraux de la Royauté. On découvre en partie également Euron-le-Choucas, qui bien qu’il ait l’air plus haut en couleurs que Victarion, ne suffit pas à éclipser Asha dont la grande gueule est assez marrante. Asha ne parvient toutefois pas à convaincre Victarion de faire d’elle sa Main pour qu’ils gouvernent ensemble: elle se présentera donc seule, quitte à perdre.

Chapitre IV: arrive l’heure de la cérémonie permettant de désigner le nouveau roi des iles. Après quelques tentatives sans grande chance, c’est au tour de Victarion de se présenter; il semble rassembler d’intéressants suffrages, quand Asha interrompt sa présentation pour prévenir que poursuivre la guerre dans le Nord comme il le promet ne rapportera rien aux Iles: elle propose de plutôt faire la paix, et d’ainsi consolider ce que les Seiches ont déjà gagné. C’est finalement Euron qui les départage, en se présentant à son tour avec un discours qui personnellement ne m’a pas franchement paru convainquant (il leur promet ET la guerre ET la paix, au nom du Dieu Noyé (pour se gagner les pieux)) mais qui gagne l’assemblée qui finit par le couronner.

Chapitre V: le périple de Brienne aux Murmures arrive à son terme. Il s’avère que la méfiance qu’elle avait envers Dick Main-leste (bien gérée par l’auteur, qui nous en a fait nous méfier tout du long) était bien injustifiée: il conduit Brienne et Pod au bouffon promis… mais celui-ci n’est pas le pauvre bouffon attendu, mais Huppé-le-Louf et deux autres Braves Compaings… Une bataille s’ensuit, que Brienne remporte grâce à l’intervention de Pod, après un bref échange entre les adversaires, qui permet à Brienne d’apprendre que Arya -mais elle pense qu’il s’agit de Sansa- avait été capturée par Sandor Clegane et qu’elle se rendait à Vivesaigues. C’est donc là qu’elle ira, accompagnée de Ser Hyle Hunt, qui la suivait depuis qu’elle avait quitté le campement de Lord Randyll.

Chapitre VI: Arianne Martell, accompagnée de plusieurs de ses fidèles amis et de Ser Arys du Rouvre, emmène Myrcella Baratheon hors de Lancehélion, au travers du désert jusqu’à la Sang-Vert, qu’ils doivent ensuite remonter. Arianne apparaît moins comme une garce manipulatrice dans ce chapitre, et cela la rend plus sympathique; son frère Quentyn aurait rallié à lui les reîtres de la Compagnie Dorée et marcherait déguisé en marchand vers la capitale, mais elle se sait plus populaire que lui à Dorne. Malheureusement, son plan tourne à la catastrophe lorsqu’arrivés aux bateaux qui sont supposés leur faire remonter la rivière, c’est Aero Hotah qui les attend: Arys du Rouvre y perd la vie, tous sont capturés, et Myrcella semble avoir été blessée au visage.

Chapitre VII: Arya suit son « entraînement » dans la maison du Noir et du Blanc, qui consiste principalement pour l’instant à apprendre à se détacher de ce qui faisait sa personnalité. Elle abandonne ainsi tous ses biens, mais se contente de dissimuler Aiguille sous une marche de l’escalier du temple. Chapitre pas franchement exaltant et où il ne se passe pas grand chose, de par la nature même de ce que vit Arya.

Chapitre VIII: Sansa, devenue Alayne jusque dans les titres de chapitre, voit arriver aux Eryés les Seigneurs Déclarants, les 7 lords venus déposséder Littlefinger de Robert Arryn. Par un tour de passe-passe peu convainquant, Petyr Baelish réussit à gagner un délai d’un an pour faire ses preuves en tant que seigneur du Val; si l’astuce qui sous-tend son plan (chacun des lords sera soit mort naturellement, soit tourné contre les autres, d’ici un an) est valable, le fait qu’aucun des seigneurs ne demande de garantie ni ne négocie quoi que ce soit alors qu’ils sont en position de supériorité écrasante est franchement peu crédible.

Chapitre IX: Cersei continue de taper de la main tous ceux qui veulent lui retirer une part de son autorité: Tommen, que Margaery essaye de faire prendre confiance en son rôle de roi que lui nie Cersei, les Braaviens venus réclamer leur dû au Trône. Tommen semble décidé à suivre des leçons pour devenir un bon chevalier, mais Cersei refuse catégoriquement que Loras Tyrell soit son maître d’armes. Osney Potaunoir a réussi à entrer dans les bonnes grâces de Margaery, mais ne parvient pas à se retrouver seul avec elle ce qui l’empêche de conclure son affaire. Cersei dine avec les cousins de Gyles Rosby pour les convaincre de faire en sorte que Bronn, qu’elle soupçonne d’héberger Tyrion, meure.

Chapitre X: Brienne, Pod et Lyle Hunt retournent à Viergétang, pour repartir vers Salins où Sandor Clegane aurait été vu la dernière fois et où il devrait se retrouver coincé par les conflits locaux. Ils suivent un septon itinérant nommé Méribald qui connaît bien la région et saura les mener à bon port. Ce chapitre sert une fois encore à l’auteur pour dépeindre la façon dont la guerre affecte concrètement Westeros, et pour évoquer la réalité des petites-gens victimes ou parties-prenantes contre leur gré des conflits.

Chapitre XI: Samwell, Mestre Aemon et Vère sont réfugiés dans une auberge, presque sans ressources. Aemon est mourant et ne peut être rembarqué sur un bateau dans son état, si bien qu’ils sont coincés à Braavos. Dareon les a abandonnés après être parti avec leur argent, pour soi-disant aller chercher de la nourriture. Sam décide de partir à sa recherche, pour aller ensuite avec lui en apprendre davantage sur la rumeur qui court sur le retour des dragons au port, à la demande d’Aemon. Il retrouve le chanteur dans un bordel, où il se saoûle et profite de la compagnie sans aucune intention de retourner auprès de Mestre Aemon. Sam entre dans une rage inattendue et tabasse Dareon avant de se faire jeter dans la rivière locale, où il manque de se noyer, mais est sauvé par un dénommé Xhondo qui lui dit qu’il sait quelque chose sur les dragons.

Chapitre XII: Jaime a été chassé de Port-Réal par Cersei, et doit nettoyer Harrenhal avant d’achever le siège de Vivesaigues. Il emmène avec lui Addam Marpheux et Ilyn Payne, ainsi qu’une armée dont la loyauté aux Lannister est relativement récente et donc peu sûre. C’est avec le muet Ilyn Payne que Jaime s’entraîne désormais afin de regagner son adresse au combat avec sa mauvaise main. Arrivés à Harrenhal, ils découvrent une situation relativement délétère, où les soldats qui servaient autrefois Gregor Clegane semblent se laisser gagner par la malédiction qui frappe de folie ceux qui occupent le château. Il laisse sur place Ser Bonnifer Hastif et ses cent de l’Escadron Sacré, des chevaliers pieux qu’il charge de nettoyer la région des brigands qui y sévissent encore, et emporte Wylis Manderly, condition pour obtenir le ralliement de son père aux Lannister, et Pia, la fille que Roose Bolton lui avait ‘offert’ lors de sa libération et dont le visage a été ravagé par la Montagne.

Chapitre XIII: Cersei rend visite au nouveau Grand Septon, autour de qui se rallient les Moineaux, des croyants en guenilles qui grognent contre le manque de protection dont souffrent les religieux et les lieux religieux depuis le début de la guerre. Cersei accepte de lever l’interdit Royal qui empêche les religieux de prendre les armes, pour leur permettre de se défendre eux-mêmes (et accessoirement de pourchasser les partisans des autres religions, ce qui ferait bien les affaires des Lannister) en échange de la bénédiction que le Grand Septon aurait déjà dû donner au nouveau Roi et de l’effacement de la dette du Trône envers l’Eglise. Pour une fois, il semble qu’elle ait réussi un joli coup.

Chapitre XIV: Victarion est envoyé par son frère, le nouveau Roi Euron, reprendre par la malice et la force les « Iles Boucliers » qui servaient de remparts à Hautjardin contre les pillards Fer-nés. Mais le soir après la victoire, les pirates ne semblent pas disposés à suivre aveuglément les projets du Roi, qui veut les envoyer loin au sud, au-delà de Westeros pour ramener les dragons dont parle la rumeur: eux préfèrent se gorger des richesses de Hautjardin, de la Treille et de toute cette riche région, qu’ils ont désormais à leur portée. Euron reçoit Victarion en privé et lui demande personnellement d’aller pour lui chercher la dernière Targaryen pour qu’il ait enfin une reine (et donc des héritiers) légitimes. L’objectif du Choucas est de réclamer pour lui le Trône de Fer… ce qui laisserait à Victarion le Trône de Grès.

Chapitre XV: Jaime fait un détour par le château de son cousin Lancel, qui s’est transformé en pieux repentant. Lancel confesse à Jaime sa participation à l’assassinat de Robert, et son adultère avec Cersei, qui confirme à Jaime que sa soeur s’est jouée de lui depuis le départ. Fulminant, Jaime part dans les bois avec Ilyn Payne, lui avoue ses propres crimes, et le met au défi de le tuer en leur partageant deux vraies épées.