La Ferme des animaux (George Orwell, 1945)

La ferme des animaux est un grand classique de la littérature occidentale, un livre dont presque tout le monde connait le titre même si tout le monde ne l’a pas lu pour autant. Exactement comme pour Sa majesté des mouches, c’est Stoeffler qui en me le prêtant, m’a donné l’occasion de passer de l’état de « celui qui connaît vaguement » à « celui qui a lu » -et en VO s’il vous plaît, là encore.

L’histoire est celle d’une ferme dont les animaux décident de se révolter ensemble contre leur propriétaire, de prendre le contrôle de la ferme et de la gérer dans un esprit communautaire et égalitaire. Rappelant toutefois que le concept de révolution veut que le mouvement ne s’arrête qu’après avoir effectué une boucle complète (ou plus prosaïquement, que la chose la plus sûre dans une révolution, c’est qu’elle finit toujours par vous revenir dans la gueule) la fable veut que rapidement, certains des animaux commencent à détourner l’idéal de la révolution pour leur propre profit, et finissent par devenir des tyrans tout à fait aussi injustes, cyniques et brutaux que leur ancien maître.

Ce court roman a eu bien du mal à paraître à son époque (1945), car George Orwell ne cachait pas que La ferme des animaux est en vérité une satire ciblant Staline et dénonçant la façon dont les idéaux socialistes étaient détournés et corrompus par la logique du pouvoir antidémocratique des soviétiques ; une dénonciation qui ne se faisait pas trop pour les intellectuels de l’époque, vu le rôle qu’avaient joué les Russes dans la victoire des Alliés durant la 2e Guerre Mondiale. N’allez pas faire d’Orwell un anticommuniste primaire pour autant, il était au contraire un socialiste convaincu, et son dégoût pour les dérives du communisme s’est largement formé lors de son engagement dans la Guerre Civile Espgnole dans les rangs du POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste) : ayant échappé aux purges des communistes cherchant à se débarrasser des anarchistes, il s’aperçut que l’anéantissement du fascisme et la libération de l’Espagne n’étaient en réalité qu’un prétexte pour les différentes factions qui cherchaient à obtenir le contrôle absolu des forces républicaines. La satire est assez limpide aujourd’hui pour qui s’intéresse un peu à l’Histoire, et l’une des vertus du roman est de donner envie de se repencher sur les événements (personnellement, je ne m’y étais plus trop intéressé depuis le lycée…) pour bien comprendre tous les parallèles ; je signale d’ailleurs de ce point de vue que la page wikipedia en français est plus riche que la version en anglais (qui par contre offre plus de détails sur les difficultés éditoriales d’Orwell) et aide à bien remettre les événements en perspective.

Le bouquin d’une façon générale se lit très bien et très rapidement (il fait moins de 150 pages) et j’en recommande donc la lecture, notamment à tous ceux qui hésitent à lire des classiques, à ceux qui s’intéressent à cette période de l’histoire ou au communisme en général, ainsi qu’à ceux qui aiment les fables ; j’aurais bien aimé un poil plus d’humour, d’autant que l’auteur sait parfaitement être drôle (je pense en particulier au rôle du chat, qui m’a bien fait marrer mais qu’on ne voit plus du tout une fois que les vrais ennuis commencent -en même temps quand j’y pense, c’est normal : c’est le chat !). Certains coups des porcs et de leur clique paraissent un peu exagérés, et j’ai régulièrement trouvé les métaphores un peu grosses (le remodelage des devises de l’Animalisme, la façon dont les souvenirs des animaux sont manipulés par Squealer/Brille-babil, leur « ministre de l’information » au point qu’ils en viennent à croire sa version plutôt que celle qu’ils ont vécue,…). Mais après coup, la façon dont les animaux de la ferme se font embobiner sur des trucs invraisemblables ou intolérables, que les dirigeants leur font avaler en usant alternativement de la manipulation psychologique ou de la force m’a rappelé la façon dont NOUS laissons actuellement tous passer les abus de nos gouvernants (oui, j’ai écrit mon article légèrement remonté sur l’affaire Woerth/ Bettencourt pendant que je lisais La ferme des animaux ! 8D ) parce que, négligeant de considérer la situation dans son ensemble, nous ne nous en scandalisons que pendant un temps avant de juger que ces abus, individuellement, ne méritent quand même pas une révolution et qu’on peut bien vivre avec…

La morale de La ferme des animaux (ou plutôt les morales, car le message du roman est multiple : les puissants s’affranchissent des limites qu’ils imposent à leurs inférieurs ; la communication des gouvernants -la propagande- vise à dissiper l’attention et le cas échéant, l’indignation, des gouvernés ;…) restent donc complètement d’actualité, même si sa conclusion n’encourage pas à l’optimisme : se débarrasser d’un mauvais gouvernement n’invite jamais qu’à l’ascension d’un nouveau gouvernement corrompu…

Y a-t-il alors une issue ?…

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Amoureuse floue

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Deux semaines au Pays Basque Espagnol (Eté 2010 – 1ère Partie)

Pour reprendre une formule qui marche (et rendre cet article potentiellement intéressant pour d’autres que ma copine et moi) les futurs voyageurs à la recherche d’infos concrètes sur les logements au pays basque espagnol trouveront à la fin de ce billet un descriptif des hôtels et gîtes dans lesquels nous sommes descendus, histoire de démêler les bons plans des mauvais. Pour renforcer encore le côté pratique de l’article, je vais même ajouter cette fois une appréciation synthétique de chaque visite, selon le barème suivant :

* sans intérêt / ** seulement si vous êtes à côté et que vous cherchez des trucs à faire / *** bien / **** vaut le détour / ***** mérite d’organiser un voyage juste pour le voir.

Samedi 3 juillet : Arrivée à Javier

Castillo de Javier

La semaine passée avec notre bande a filé comme dans un rêve, et nous avons tous du mal à croire que sept jours se sont écoulés si vite… Un peu déboussolés (par la précipitation des préparatifs du départ, par le changement d’ambiance, et pour ce qui me concerne par le rhume qui me tient depuis deux jours), nous quittons nos amis sur le quai de la gare et partons seuls, Marion et moi, vers de nouvelles aventures.

Nous passons ainsi subitement de l’ambiance animée d’un groupe de 10 dans une ville très peuplée (je pense qu’il était temps qu’on parte parce que l’invasion commençait ce jour-là) à celle plus intime d’un couple dans une région quasi déserte : bien que nous nous approchions de Pampelune à quelques jours du début des férias, nous ne croisons à peu près aucune voiture dans le coin où nous arrivons, un peu plus à l’est à la frontière entre Pays basque et Navarre. « Heureusement », pour maintenir une ambiance festive, l’hôtel où nous logeons reçoit ce soir-là un mariage et nous avons donc droit aux musiques à pouet-pouet puis à de la musique dansante jusque tard dans la nuit (mais pas trop quand même, ouf); je reste bien content de l’habitude que j’ai prise de glisser une boite de boules Quiès dans chacune de nos valises. C’était aussi le soir de la victoire de l’Espagne contre le Paraguay en quarts de finale de la Coupe du Monde, premier match que je suivais à peu près en entier depuis le début de la compétition et un spectacle très plaisant avec un beau jeu et une magnifique dramaturgie (le jeu très serré entre les deux équipes malgré la supériorité de l’Espagne sur le papier, le but refusé aux Paraguayiens, le pénalty qui leur est accordé mais que manque Cardozo, suivi immédiatement par celui -clairement plus discutable- accordé aux Espagnols et qu’Alonzo devra tirer deux fois, que le gardien du Paraguay sauvera la seconde,…). Néanmoins, comme nous sommes arrivés relativement tard à l’hôtel et que nous étions un peu fatigués, nous n’avons rien fait de plus de cette journée.

Dimanche 4 juillet : Foz de Lumbier (***), Foz de Arbayun (**)

Vautour dans la Foz de Lombier

Les « Foz » sont l’équivalent de nos gorges. La Foz de Lumbier propose deux modes de visite : soit l’agréable chemin plat (accessible aux handicapés, c’est dire) qui passe au cœur de la gorge en longeant la rivière, traversant quelques courts tunnels (appréciables quand il fait bien chaud) et permettant de voir quelques vautours planer entre les deux parois abruptes qui le surplombent (nous avions nos super jumelles pour nous permettre de vraiment apprécier : sans, la balade doit être franchement moins excitante); au bout de ce chemin très facile, un très court détour plus dangereux permet d’atteindre un joli point de vue au Puente del Diablo, petit pont de pierre aujourd’hui en ruines qui enjambait la rivière à 30m de hauteur.

Un autre chemin, de vraie randonnée celui-là, permet de faire une boucle depuis ce sentier gentillet jusqu’au parking de départ. Mais en fait, comme il contourne la gorge par l’extérieur, ce parcours d’environ 2h offre très peu de points de vue et à part pour le plaisir de la marche, il ne présente pas vraiment d’intérêt.

Palacio de Los Reyes, à Olite

Nous enchaînons avec la Foz, voisine, de Arbayun. Celle-ci n’a pas été aménagée pour être visitée, et on se contente donc de l’observer depuis un belvédère un peu décevant pour qui a déjà admiré les gorges de l’Ardèche ou celles du Verdon. Pas satisfaits, Marion et moi reprenons la voiture et nous aventurons sur une route bien pentue, étroite et cahoteuse, à la limite de l’inquiétant (d’autant que plus on avançait, plus ça empirait) pour atteindre cette fois un vrai point de vue plus rare et plus élevé, permettant d’embrasser la région entière.

Assommé à la fin de la redescente par de violents acouphènes (que je m’explique par l’important changement d’altitude, fenêtres ouvertes, et alors que mon rhume est à son pic), je prends quelques minutes pour me reposer, allongé dans l’herbe à côté de la rivière. Nous ne reprendrons la route ensuite que pour regagner tranquillement l’hôtel pour nous rafraîchir et attendre le diner.

Lundi 5 juillet : Olite (****), Artajona (**), Laguna de Pitillas (**), Ujué (***)

La journée commence par une visite du vraiment très chouette Palacio de Los Reyes de Navarra (****), largement reconstruit et donc plus trop authentique, mais plein de coins et de recoins qui en feraient un terrain de jeu idéal et évoque les châteaux imaginaires de notre enfance. Le village d’Olite lui-même est très plaisant, notamment la petite place sur laquelle donne le château. Une visite que je recommande sans hésiter.

Vue du casco viejo d'Olite, depuis le château

Nous poursuivons notre route et atteignons Artajona (**), un village fantôme -en tous cas au moment où nous l’aurons traversé, sans habitant et sans visiteur- (d’une façon générale, les infrastructures dans la région nous aurons impressionnées par leur qualité comparée au nombre de touristes que nous aurons effectivement croisés) perché sur un léger promontoire et dont les fortifications (du moins les tours, ouvertes vers l’intérieur de l’enceinte pour pouvoir être reprises facilement si des envahisseurs venaient à s’en emparer) sont encore en partie debout. Quelques belles photos à faire, mais le village ne mérite malheureusement pas le détour à lui seul à mon sens.

Nous tentons de faire un tour à la Laguna de Pitillas (**), une réserve située autour d’un lac, avec des observatoires à oiseaux, mais nous réalisons une fois sur place que juillet n’est pas la bonne période pour ça : il ne reste que quelques canards dans la lagune, et nous renonçons donc à notre balade.

La journée se finit à Ujué (***), autre village médiéval perché, qui abrite l’étonnante église Santa Maria la Real qui avec ses deux tours crénelées et son enceinte intérieure fait autant penser à un sanctuaire qu’à un petit château fortifié. Original et séduisant.

Mardi 6 juillet : Castillo de Javier (***), Monastère de Leyre (**), Santa Maria de Eunate (**), Puente La Reina (**)

Dans l'église fortifiée d'Ujué

Bien que nous ayons séjourné à côté pendant trois jours, c’est seulement mardi que nous visitons enfin le Castillo de Javier(***), dans lequel est né Saint François-Xavier (en fait, Saint François « de Javier »). Là encore, le château a été entièrement reconstruit (à part le donjon central), et si on peut regretter la perte d’authenticité, cette reconstruction donne une vraie vision, belle et intéressante, du château entier tel qu’il était à l’époque. L’intérieur du château a été aménagé en musée (je recommande l’audioguide pour comprendre ce qu’on voit, sans quoi l’enchaînement des salles doit avoir peu d’intérêt) qui retrace le parcours du saint, avec un diorama assez chouette en entrée, d’étonnants kakemonos japonais d’époque mettant en scène les missionnaires chrétiens en orient, et l’hallucinante (et minuscule) chapelle du château décorée avec un christ crucifié entouré de peintures macabres de squelettes animés représentant la Mort.

Nous passons ensuite rapidement au Monastère de Leyre (**), relativement anecdotique mais dont l’église un peu mal fichue (les ailes ne sont pas de la même taille de chaque côté, les arcades sont bancales et inégales) lui donne un petit charme. Comme nous sommes arrivés en plein au début d’une courte cérémonie à laquelle ne participaient qu’une dizaine de moines entonnant des chants grégoriens, notre visite y a gagné en plus une aura mystique qui nous a bien plu à tous les deux.

Après une pause pour déjeuner sur l’herbe, nous faisons un crochet pour retourner à Olite où nous avions repéré une boutique qui offrait l’accès à Internet (nous n’avons plus eu d’accès depuis notre arrivée en Espagne) : la boutique étant fermée, c’est finalement sur mon Iphone (pour un prix qu’il me reste à découvrir) que nous vérifions que Marion est bien admissible à son concours d’Attaché Principal, malgré l’impression qu’elle avait eu d’avoir foiré l’examen écrit ! Reste à réussir aussi l’oral en septembre : à suivre.

Estampe japonaise représentant... Jésus Christ !

Soulagés par cette bonne nouvelle, nous poursuivons nos visites du jour, direction une église dont la présentation dans le Lonely Planet était alléchante : de forme ronde à l’extérieur et octogonale à l’intérieur, entourée d’un portique inhabituel d’une cinquantaine d’arcades et isolée au beau milieu de nulle part, elle s’est vue attribuer des vertus mystiques et ésotériques (elle se trouverait à l’un des sommets d’un triangle magique jouant sur les forces telluriques) ; en sus, l’un de ses chapiteaux est orné d’une figure barbue qui, regardée à l’envers, devient la tête cornue du diable… Malheureusement, cette présentation de cette petite chapelle est plus excitante que le bâtiment réel et au final une fois cette description intrigante lue, se rendre physiquement à Santa Maria de Eunate (**) n’apporte rien de plus, et démystifie même le truc. Décevant.

Nous ajoutons à cette longue journée de visites un passage à la ville toute proche de Puente la Reina (**) avec son pont médiéval, ses deux églises, ses échoppes artisanales… Après avoir vu plusieurs villages basques médiévaux, malgré la beauté des portes (fait remarquable : dans la région, la porte de chaque maison ancienne est littéralement unique), des balcons, la magie opère moins et la ville ne me laisse qu’une impression (injuste, sans doute) de déjà-vu.

Mercredi 7 juillet : Las Bardenas Reales (****, *** en été)

Las Bardenas Reales

Las Bardenas Reales sont une vaste réserve naturelle promue par l’Unesco au rang de réserve de la biosphère. Notre visite s’y est limitée à la Bardena Blanca, qui constitue la partie désertique de la réserve, quasi-exclusivement minérale et dépouillée de toute végétation. Bien que nous ayons déjà eu pas mal d’occasions de traverser des paysages arides étonnants (en Argentine ou à Petra en Jordanie, par exemple), j’ai régulièrement été étonné par les paysages que nous y avons découverts, différents de ce que j’avais déjà pu voir, mais différents aussi entre eux, passant de décors lunaires à des canyons désolés évoquant la Vallée de la Mort, des cheminées de fée,… L’essentiel de la visite s’effectue en voiture sur une piste qui fait le tour de la zone, mais il est possible de s’arrêter un peu partout pour s’écarter à pied de la piste. L’endroit doit être spécialement intéressant à visiter hors été, et à l’instar de Petra, j’imagine qu’on doit pouvoir facilement improviser des balades terribles dans ces paysages déserts où on peut se donner l’impression d’avancer en territoire hostile inexploré ; là pour le coup en juillet, la chaleur était telle qu’on hésitait très franchement à sortir des sentiers les plus clairement balisés (se perdre est un peu plus ennuyeux quand on est vraiment dépendant de l’eau), et Marion ayant fini par ne pas se sentir très bien, c’est tout seul que j’ai gravi en fin de parcours un plateau rocheux (d’où, surplombant seul en maître la région inanimée entière, je me suis autorisé un glorieux « pipi de la victoire » dans le vent, depuis les hauteurs).

Cheminée de fée dans les Bardenas Reales

Le soir, nous avons profité de la cuisine du gîte pour nous faire un diner de pâtes en suivant à la télé la victoire des Espagnols face aux Allemands en demi-finale (« profité » n’est pas forcément le bon terme parce que la sauce de nos pâtes -à base de purée de tomates brute et de mauvais parmesan râpé local- était dégueu, mais vous voyez l’idée).

Jeudi 8 juillet : route de Laguardia vers Vitoria Gasteiz (***), Salto del Nervion (***)

Même si le coin était intéressant, c’est avec un certain plaisir que nous avons quitté la chaleur écrasante de la sèche Navarre pour gagner plus à l’ouest les environs de Vitoria Gasteiz, via une route pittoresque à travers champs, vignes et vallées, un peu plus longue à parcourir, mais bien plaisante (***). Ayant pris notre temps, nous sommes arrivés un peu tard en ville et avons crisé un peu en redécouvrant les joies de la circulation en milieu urbain (difficulté à s’orienter, affluence des véhicules, impossibilité de se garer,…) ; histoire de quand même faire quelque chose de notre journée (plus que le simple voyage d’une région à l’autre, même s’il avait été agréable jusque là), nous avons tenté une petite balade jusqu’au Salto del Nervion (***), un peu loin de la ville. Le coin est décidément très vert et très beau, la balade était sympa, mais ce que le guide ne disait pas c’est qu’en été la cascade est à sec, ce qui rend l’objectif de la promenade un brin moins excitant. Fatigués, pressés de retourner en ville avant la nuit, nous n’avons ensuite pas vraiment profité de la soirée, retirant à tort de cette première journée un ressenti désagréable de Vitoria Gasteiz.

Route de Laguardia vers Vitoria Gasteiz

Vendredi 9 juillet : Parque Natural de Valderejo (***), Défilé de Sobron (***)

Suit une nuit pas très bonne (réveillés en pleine nuit par la pluie -les premières gouttes depuis le début de nos vacances- battant violemment à nos carreaux, puis au matin par les prières de nos voisins), et un petit-déjeuner que nous sommes contraints de prendre hors de l’hôtel dans un bar à pintxos où tu as intérêt de savoir ce que tu veux commander et comment le dire (une des raisons pour lesquelles nous n’avons pas trouvé les bars à pintxos si cool que ça), servi par une tenancière super pas aimable : c’est avec plaisir que nous sortons de la ville pour retrouver les forêts verdoyantes du Parque Natural de Valderejo (***) pour une rando traversant un ancien village en ruines et de nombreux pâturages avant de longer une petite rivière où nous nous serions bien baignés (si nous étions moins coincés)… une rando qui descend traîtreusement pendant tout le chemin aller et qui nous a paru un peu longue au retour !

Parque Natural de Valderejo

Rentrés pas trop tard après un détour en voiture via une petite route longeant au ras de l’eau le Défilé de Sobron (***) -une jolie balade qui m’a rappelé notre balade quelques années plus tôt dans les Gorges de Galamus- nous nous sommes convenablement rafraîchis avant de sortir dîner puis nous promener dans la ville, profitant cette fois davantage de l’atmosphère en vérité très agréable et détendue de Vitoria Gasteiz. La soirée aura été légèrement assombrie par le fait que notre voiture de location a récolté un bon pain et 10 gros centimètres carrés de rayures quand j’ai frôlaé de trop près un poteau dans un parking souterrain affreusement étroit, mais bon, ça me donnera l’occasion de vérifier si ma carte Visa Premier sert vraiment à quelque chose… :/

(suite du récit à venir, je m’arrête là pour cette première partie ; pour les amateurs d’images, l’album avec le reste des photos est ici !)

LOGEMENTS EN PAYS BASQUE ESPAGNOL

(les * traduisent mon appréciation sur 5, pas le nombre d’étoiles réel de l’hôtel)

Hotel Xabier à Javier (****) : difficile de faire plus proche du très chouette Castillo Javier : il est en face. Les photos du site et le commentaire du Lonely Planet m’avaient fait attendre un hôtel terrible, j’ai été assez déçu : les couloirs sont assez vieillots, les chambres petites, les lits un peu trop mous, le plancher craque… le petit-déjeuner n’est pas non plus formidable et pour un buffet, offre trop peu de choix. Rien à redire par contre sur la propreté, impeccable, ou le restaurant, au service rapide et qui propose des plats bons et servis généreusement à un prix très décent (18 € le menu – à noter quand même que la seule chose qui change sur le « menu du jour »… c’est la date ; il est probable que les plats du menu du jour soient des surgelés réchauffés, mais ça ne se sentait pas dans l’assiette donc pas de quoi se plaindre à mon sens). Les environs du Castillo -et donc, de l’hôtel- sont par ailleurs un petit paradis de tranquillité verdoyante et ombragée, où on trouve sans le moindre mal un coin paisible où profiter du beau temps un livre à la main, sans subir la chaleur.

Casa Rural La Bardena Blanca à Arguedas (****) : une jolie chambre avec salle de bains dans ce gîte qui offre aussi l’accès à une salle commune et à une cuisine équipée pour ceux qui veulent se faire leur popote. Très appréciable dans la mesure où il n’y a pratiquement pas de commerces à Arguedas (trouver le gîte, ou la supérette, demande d’ailleurs soit une certaine patience, soit un appel à l’aide des habitants, car rien n’est indiqué). Le petit-déjeuner est très bien, même si le choix n’est pas gigantesque, il y a du vrai bon pain, un gâteau maison, des fruits, des céréales,… A voir ensuite pour l’accueil : les proprio et le personnel laissent largement les occupants faire seuls ce qu’ils ont à faire ; personnellement je trouve ça très bien parce que je suis un sociophobe, mais certains pourraient regretter ce manque d’échanges (j’ai lu des critiques en ce sens sur le Net).

Hotel Dato à Vitoria Gasteiz (***) : Cet hôtel a de vraies qualités : il est situé au cœur de la ville (dans laquelle il est plaisant de se balader, mais bien lourd de se déplacer en voiture) ; les chambres, bien qu’un peu exigües, sont propres et fonctionnelles (le lit, notamment, était très bien) ; la déco de l’entrée et des paliers est géniale (archi-too much, avec des miroirs de tous les côtés comme si on entrait au casino ou en boite, et des statues à l’ancienne complètement inappropriées au milieu de tout ça (nous, une servante égyptienne en ébène gardait notre porte, par exemple). Par contre, l’insonorisation est limite (on entendait nos voisins prier…), et il n’y a pas de petit-déjeuner (il y a de quoi prendre des desayunos partout dans la ville, mais pour qui ne sait pas commander son petit-déj, et qui aime se gaver comme un cochon le matin, c’est ennuyeux).

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Guards! Guards! (Terry Pratchett, 1989)

Couverture de Guards! Guards!

Guards! Guards! est le douzième (ou treizième, c’est difficile de suivre avec lui !) roman de Terry Pratchett et plus précisément le 8ème concernant le Disque-Monde (ou Discworld en anglais). C’est également le premier ouvrage de Pratchett que je lis, malgré les dizaines de volumes présents dans ma bibliothèque mais appartenant à Marga. C’est d’ailleurs parce qu’elle m’a pesté plusieurs fois que je m’y suis finalement mis ; et puis aussi parce que je suis curieux et que je voulais me faire une petite idée de pourquoi toute cette fascination autour de cet auteur.

Les romans du Discworld sont divisés en plusieurs arcs, comme l’avait déjà souligné Akodostef, et Guards! Guards! est le premier tome concernant la fameuse Garde (ou Guet dans la version française).

Le livre met en scène une société secrète dont le but est d’invoquer un Dragon pour faire régner le chaos dans Ankh Morpork et ainsi renverser l’actuel leader de la ville, le Patricien Vetinari, afin d’y installer à sa place un inconnu qui sera leur pantin.

Le capitaine de la Garde, Vimes (Vimaire en français), poussé par sa conscience, décide de s’interposer face à cette menace avec l’arrivée d’une nouvelle recrue dans son équipe (constituée de deux autres bras-cassés, Colon et Nobby (Côlon et Chicard respectivement)), Carot (facile celui-ci en français, c’est Carotte). Carot est un orphelin qui a été recueilli et élevé par des nains dans les montagnes au delà de la ville (bien qu’à l’âge adulte mesure près d’un mètre quatre-vingt-dix…) et qui s’est porté volontaire pour rentrer dans la Garde. Tous ensemble, ils vont tenter de mettre à jour cette conspiration et redonner leurs lettres de noblesse à la Garde qui, il faut le dire, en a bien besoin.

Comme dans la plupart des romans de Pratchett, je pense que l’histoire est une couverture pour laisser libre court à l’imagination débordante de l’auteur et nous compter ses rêves les plus fous. C’est quelque chose qui quelque part me gênait lorsque je lisais les premières pages du livre ; mais cette impression passée, je dois admettre que la lecture est très agréable et que certains des passages du livre sont tout simplement géniaux, voire mythiques ! Et c’est ce qui fait tout l’intérêt de l’œuvre de Pratchett, tous ces petits détails qui viennent façonner un monde qu’il a complètement créé, et qui est sorti de son imagination farfelue.

Parmi les idées qui m’ont marquées pendant le livre, je retiendrai l’Orang-outang bibliothécaire devant qui il faut pas prononcer le mot singe, la communauté des nains installée à Ankh Morpork qui a perdu la foi et qui se devrait d’écrire au moins une lettre par semaine à leur parent, et la guilde des voleurs et des assassins qui ont une existence légale dans la ville car il vaut mieux tout contrôler, même les crimes, pour éviter que tout parte en sucette…

Bienvenu dans le monde déjanté de Terry Pratchett, j’espère que vous apprécierez tout autant que nous !

Sur une idée d’Akodostef, voici quelque répliques, en VO cette fois (il faut malheureusement comprendre un peu l’anglais…), tirées du bouquin et qui valent leur pesant d’or !

“’They [les dragons] were myths and they were real,’ he said loudly. ‘Both a wave and a particle’” (cette citation ne fera certainement rire les quelques geeks scientifiques qui lisent ce blog).

“He nodded to the troll which was employed by the Drum [un bar dans le livre tenu par un Troll] as a splatter [footnote: Like a bouncer, but trolls use more force].”

“The three rules of the Librarians of Time and Space are: 1) Silence; 2) Books must be returned no later than the date last shown; and 3) Do not interfere with the nature of causality.”

“Thunder rolled…It is said that the gods play games with the fates of men. But what games, and why, and the identities of the actual pawns, and what the game is, and what the rules are – who knows?

Best not to speculate.

Thunder rolled…

It rolled a six.” (Autre référence aux JdRs)

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La Défense

Une simple question d’une amie belge nous avait fait remarquer à Céline et à moi que nous ignorons nombre de choses sur Paris, alors que nous y vivons depuis toujours.

La question, toute bête, était : « pourquoi avoir donné ce nom au quartier d’affaires de La Défense ? »

Vous avez eu peur, hein ? Vous avez cru que je voulais encore vous parler de politique, de l’EPAD, de la presque-nomination-candidature du fils de notre Président à la tête de … Non, pas cette fois.

Le nom du quartier, qui compte environ 3 millions de m² de bureaux, ainsi que 600 000 m² de logements, vient de la statue nommée La Défense de Paris, érigée à la gloire des soldats ayant défendu la ville durant la guerre franco-allemande de 1870. Cette sculpture inaugurée en 1883 sur ce qui était le rond-point de Courbevoie, est toujours visible aujourd’hui à son emplacement initial, bien que le rond-point où elle était implantée ait disparu.

Il est à noter que ce quartier de La Défense est considéré par certains comme un véritable musée à ciel ouvert, car l’esplanade offre effectivement à la vue des passants pressés un grand nombre d’œuvres d’art.

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Savez-vous ce qu’est l’odonymie ? Un odonyme est le nom que l’on donne à une rue, une avenue, une plage ou à tout axe de communication (« Rue de la Grande Truanderie », « Boulevard Arago » et consorts).

Le choix du nom de ces axes dépendant de l’autorité municipale, il traduit bien souvent l’orientation politique de la commune (notamment pour les « bastions » de droite comme de gauche) car tel ou tel nom véhicule telle ou telle image : point de « Boulevard Lénine » à Neuilly-sur-Seine, point d’ « Avenue Bonaparte » à La Courneuve, par exemple.

Et savez-vous ce qu’est un gentilé ? C’est le nom de l’habitant d’un lieu (ville, pays etc…) et doit prendre une majuscule (le Parisien, l’Ypsylonien, le Toutouvillais, etc.).

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On trouve comme chacun sait à La Défense plusieurs des sièges sociaux des entreprises du CAC 40, dont je croyais d’ailleurs à tort qu’il s’agissait des 40 plus grosses entreprises françaises (en réalité, créé en 1987, le système de Cotation Assistée en Continu se base sur les cotations d’un échantillon de 40 entreprises -parmi les 100 premières de France- choisies dans les différents secteurs de l’économie).

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Sweethead (Sweethead, 2009)

Pochette de l'album

J’ai découvert Sweethead lors du concert de Them Crooked Vultures (souvenez-vous…), dont ils assuraient alors la première partie. Je me souviens avoir tapoté mon pied de nombreuses fois durant les quelques morceaux qu’ils ont joués, et puis plissé les yeux pour essayer de mieux distinguer la chanteuse ainsi que le guitariste. La chanteuse parce qu’il faut être honnête : elle portait une robe plutôt courte, mais sa voix était aussi assez atypique, grave et rauque ; elle n’avait pas du tout le physique de son timbre. Et puis le guitariste, car je croyais reconnaître Troy Van Leeuwen, membre du groupe Queens of The Stone Age (QOTSA).

Leur prestation m’avait laissé un bon souvenir et après avoir regardé sur Internet les jours suivants, je n’ai absolument rien trouvé sur eux ce qui était assez frustrant car : j’avais toujours pas vu la bouille de la chanteuse et je ne savais toujours pas qui était le guitariste !

Ce n’est que quelques mois après en me baladant (hétéroclite) que je suis tombé sur l’album dans un des disquaires anglais. Après avoir mis quelques extraits sur Amazon, je me suis dit que j’allais me l’offrir (et ouais je suis un mec comme ça moi !) et quelques écoutes ont suffi à me faire une bonne opinion de l’album.

Serrina (la chanteuse) et Troy (le guitariste)

Et pour répondre à la question qui te brule les lèvres, lecteur, oui elle est bonne la chanteuse, c’est bien Troy Van Leeuwen qui est guitariste et co-fondateur du groupe.

Pour les gens qui aiment les infos un peu plus poussées sur les groupes, j’ai appris lors de mes recherches que les deux autres membres du quatuor ne sont pas des inconnus : Eddie Nappi est l’ancien ancien bassiste du groupe Handsome (merci Stéphane de m’avoir passé leur unique album (Handsome qui est aussi un super-groupe notamment constitué d’un des musicos d’Helmet, groupe référence pour tout metaleux qui se respecte), et Norm Block de Plexi.

Sweethead est du rock alternatif, et on sent fortement l’influence de Troy Van Leeuwen (écoutez par exemple Remote Control Boys, le son de guitare est extrêmement proche de celui de Era Vulgaris, dernier album de QOTSA) sur la musique.

Composé de 12 titres, de nombreuses chansons ne laissent pas indifférentes. Entre rythmes lents et titres plutôt mélancoliques (The Last Evening ou encore Meet in the Road), on a aussi des morceaux beaucoup plus pêchus tels que The Sting ou P.I.G. (un de mes préférés). Chacun peut y trouver son compte et je trouve que l’album a un bon équilibre et se laisse facilement écouter.

Ici, The Great Disruptors, le premier single de l’album, et qui est un bon titre !

Sweethead, dès le premier album pose donc son style, un son léché avec une musique travaillée et la voix de la chanteuse dont le timbre grave et très sexy ainsi que le style particulier apportent un vrai plus à l’album.

Une bonne trouvaille que je conseille chaudement !

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Etranger en son pays

Il est curieux de voir que l’on peut parfois être ou devenir un étranger en son propre pays.

C’est au détour d’une simple question, posée par une amie étrangère que m’est venue cette impression : on ne connait parfois même pas le b.a.-ba de sa ville, sans parler de celui de son pays.

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Saviez-vous d’ailleurs, que l’expression b.a.-ba (que personnellement je ne savais pas du tout écrire), que l’on emploie pour désigner les notions élémentaires à savoir sur quelque chose, est tirée de la méthode d’apprentissage de la lecture dite syllabique : celle-ci repose sur la création de sons par assemblage de syllabes. D’où le B et le A qui donnent assemblés BA.

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On peut parfois être un étranger en son propre pays…

Même si vous êtes en vacances, attention à ne pas quitter le pays trop longtemps si vous êtes d’origine étrangère, une nouvelle loi pourrait vous empêcher de rentrer !, vous n’avez pas pu manquer les récents débats sur la déchéance de la nationalité française.

Le point de départ, le prétexte, trouvé à ces projets de proposition de loi est l’affaire Lies Hebbadj, que l’on avait évoqué ici-même il y a quelques temps (vous vous souvenez certainement de cet homme soupçonné de polygamie et de fraude aux allocations, accusé récemment de viol par une de ses compagnes).

(En passant, on peut se demander ce qui a provoqué le reflux des souvenirs de ces agressions sexuelles survenues entre 2003 et 2007…)

http://vidberg.blog.lemonde.fr/ (indispensable !)

Dans le même ordre d’idée que lors de l’article sur la burqa, je suis extrêmement étonné de ce que je peux lire ici ou là : d’après un sondage IFOP pour Le Figaro publié début août, 80% des français, toutes opinions confondues, seraient favorables à la déchéance de la nationalité française pour les ressortissants d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’incitation à l’excision (mais seulement 70% en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme…) .

En revanche, « seulement » 55% des sondés seraient en faveur de peines de prison pour les parents de mineurs délinquants qui ne respecteraient pas les injonctions de la justice.

Je me pose des questions sur la véracité et en tous cas sur la fiabilité d’un sondage publié de la sorte, en plein été.

Et je ne comprends pas. Je ne comprends pas qu’un français sur deux juge acceptable d’emprisonner des parents dont les enfants ne respectent pas la loi : que fera-t-on des voyous orphelins ?? On ira sonner chez les grands-parents ? Que fera-t-on des mineurs ayant grandi dans des familles d’accueil et/ou à la DDASS ? On sanctionnera les fonctionnaires en charge ?

Outre mon incompréhension de ces chiffres assez curieux (d’autant plus curieux que je n’ai pas l’impression que le gouvernement soit actuellement très populaire), je ne conçois pas que l’on puisse moralement sanctionner différemment François, qui brûle une voiture et Mouloud, qui brûle une voiture. Que l’on puisse supprimer des allocations à telle famille dont les enfants sèchent les cours (!!!), mais que telle famille plus aisée ne se voit pas sanctionnée de manière équivalente.

C’est manifestement de la provocation, du populisme de bas étage : c’est médiocre (et même plus ?).

Et est-il normal, en regard de ces propositions, que les détournements d’argent public, les abus de biens sociaux, les corruptions, et les blanchiments de nos amis politiciens soient parfois sanctionnés par une simple inéligibilité temporaire (un exemple parmi d’autres) ?

J’imagine, j’espère, que si cette loi était effectivement votée, elle serait aussitôt sanctionnée par le Conseil Constitutionnel.

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Si tel n’était pas le cas, je crois que nombre de français, et non pas seulement ceux à qui l’on retirerait la nationalité, commenceraient à se sentir étrangers en leur propre pays…

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Promis, demain, vous connaîtrez la question d’origine, sa réponse, et bien entendu plein d’autres choses inutiles :-)

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Night and day

Le synopsis de Night and Day n’est qu’un prétexte à cette comédie d’action : June Heavens (Carmeron Diaz, 1m75), une belle et ingénue jeune femme, rencontre plus ou moins par hasard le séduisant Roy Miller (Tom Cruise, 1m70 sur talonnettes), qui s’avère être un espion hors pair poursuivi par la CIA qui voit en lui un traître s’apprêtant à vendre un important secret industriel à un trafiquant d’armes sans scrupule.

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Saviez-vous d’où vient l’expression « hors pair », qui signifie « hors du commun » ?

Le mot pair est issu du latin ‘par’ ou ‘paris’ signifiant ‘égal’ s’est dit ‘peer’ au Xe siècle puis ‘per’ au XIe (on retrouve aujourd’hui cette égalité dans le mot ‘parité’, par exemple). ‘Pair’ ne s’utilisant plus que dans certains contextes, ce mot a été remplacé par ‘pareil’ de nos jours.

La signification initiale de « sans per » était donc « sans pareil ». Et « hors pair » ou « hors du pair » puis « hors de pair » voulait d’abord dire « au-dessus des choses semblables ». Ensuite, le simple « au-dessus » a été amplifié pour aboutir à quelque chose de « très au-dessus » ou d’exceptionnel.

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Dans ce film réalisé par James Mangold, inconnu au bataillon même s’il a également réalisé l’honorable 3h10 pour Yuma, June sera entraînée aux quatre coins du globe à la traîne d’un Roy dont elle ne saura , jusque dans les derniers instants, si elle doit lui faire confiance ou pas.

Le scénario, parfaitement prévisible et attendu, tient en ces quelques lignes : sans surprise (aux deux sens du terme), Night and Day est un film léger, qui a pour seule ambition de faire passer un bon moment au spectateur. Amateurs exclusifs de films moldovalaques, à plusieurs niveaux et/ou de rêves imbriqués, passez votre chemin !

Le duo Diaz-Cruise fonctionne bien : ce sont deux acteurs que j’aime bien (surtout l’une des deux, en fait), et le couple est relativement crédible. J’ai trouvé assez sympa que Tom Cruise se prête à l’autodérision, lui qui a une réputation plutôt rigide, et j’ai retrouvé en June le potentiel comique de la Cameron Diaz de « Mary à tout prix » (le dernier film vu avec elle, The Box, m’avait quelque peu déçu).

Le film alterne scènes d’actions et situations comiques à un rythme extrêmement soutenu, sans aucun souci de vraisemblance : ici, point  de réalisme scénaristique ni même dans les scènes d’actions, qui sont bien heureusement traitées au second degré. Ca virevolte, ça mitraille, ça escalade, ça explose à tout-va, et nos deux héros s’en sortent sans égratignure.

A propos de la réalisation, deux points à noter : le premier est négatif et concerne les toutes premières minutes du film, lorsque l’on voit June dans un escalator de l’aéroport. La scène est filmée sur deux plans, et derrière elle, on voit tantôt un couple un peu âgé et tantôt deux gardes de l’aéroport.

Je sais que c’est un peu enconner les diptères, mais c’est le genre de détail qui m’irrite, (le pire pour moi étant les scènes où les acteurs transportent des sacs ou des valises supposément pleins et qui sont visiblement vides).

Le second point, positif celui-là, concerne les scènes où Roy drogue June, et qui sont mes préférées. Je pense qu’il vaut mieux avoir vu le film pour comprendre de quoi je parle, mais en dehors du ressort comique assez réussi de ces scènes, j’ai trouvé qu’elles étaient vraiment bien rendues (surtout la première).

Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre en allant voir Night and Day, mais j’espérais passer un bon moment : c’est un peu le bon côté des cartes cinéma illimitées, ça permet de ne perdre que son temps et pas, en plus, son argent. Au final, cette rencontre entre Ethan Hunt (le personnage joué par Tom Cruise dans Mission : Impossible) et « Mary à tous prix » (qui fut longtemps ma comédie préférée) a été une très bonne surprise. Malgré l’affiche, qui donnait un peu le ton, je ne m’attendais pas à ce second degré qui sauve le film plus d’une fois, et ça faisait longtemps que je n’avais pas passé un si bon moment devant une comédie.

Un film grand et bon public, que je recommande donc en ces temps humides et moroses.

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L’affaire Woerth-Bettencourt

A moins de ne pas habiter en France -ce qui est le cas de plusieurs de nos lecteurs, voire même de nos rédacteurs !-, vous n’avez pas pu passer complètement à côté de l’affaire Woerth/ Bettencourt (« Bettencourt » avec un ‘e’, rien à voir avec Ingrid Betancourt, avec un ‘a’ et un seul ‘t’, qui était jusqu’à l’année dernière l’otage des FARC) qui a agité la fin du mois de juin et le début de juillet.

Cette affaire m’intéresse particulièrement pour plusieurs raisons :

- je croyais qu’Eric Woerth était un type honnête : l’image que j’en avais me venait d’un documentaire dans lequel il était signalé que quand il prenait ses repas de fonction, il payait avec ses propres sous, même quand il avait des invités.

- la façon dont des particuliers se sont exposés et mis en danger pour dénoncer les puissants (on parle ici du gouvernement et des plus grands industriels/ des plus grandes fortunes du pays) me semble héroïque, et la façon dont les médias (à l’exception de quelques-uns) ont soutenu leurs efforts pour ne pas laisser retomber l’affaire et la rendre vraiment visible me parait nécessaire et même vitale pour la démocratie.

- le népotisme qui est révélé là (les petits cadeaux entre gens de bonne société, les passe-droits qu’être proche d’un haut fonctionnaire autorise,…) est déjà hallucinant, mais ce n’est à mon avis que par chance qu’il apparaît : il me paraît évident que Woerth n’est que le malchanceux qui se fait pincer tandis qu’un bon paquet d’autres profite de la même façon sans que ça se sache. Il ne faut donc à mon avis pas laisser étouffer cette histoire sans quoi tous se considèreront d’autant plus autorisés à continuer !

- la façon dont la justice a été saisie de l’affaire me semble aussi révélatrice de ce qu’ont préparé Sarkozy et son gouvernement depuis plusieurs années : si la suppression du juge d’instruction avait déjà été actée, le seul magistrat chargé de l’enquête aurait été celui désigné par le pouvoir, c’est à dire un homme entièrement soumis à l’autorité de l’Etat, et qui n’irait évidemment jamais mettre ses maîtres dans l’embarras. L’affaire Woerth/Bettencourt est l’illustration parfaite de la nécessité qu’il y a à garder un pouvoir judiciaire indépendant.

Qui surveille les gouvernants ? Ce sont les médias qui démasquent les crapules, et la justice qui doit les punir ! Des tas d’affaires sont mises sous le tapis tous les jours, ou bien révélées sans que personne n’y réagisse suffisamment ; mais là avec tous les efforts déployés par les médias, si une affaire aussi hallucinamment énorme que celle-ci ne devait pas avoir de conséquence, je crois vraiment qu’on aurait un gros, gros problème de démocratie en France.

L’été et les vacances judiciaires ont eu tendance à faire disparaître l’affaire du devant de la scène en août, mais pour apporter mon humblissime participation à ce que la justice aille au bout de l’histoire, je poste cet article pour permettre à ceux qui sont déjà passés à autre chose, ceux qui n’ont suivi l’affaire que de loin et à ceux qui veulent juste se rafraîchir la mémoire, de retrouver une synthèse efficace de tout ce qui s’est passé ; je ne vais pas vous faire l’historique moi-même, des journalistes bien plus compétents que moi s’en sont déjà brillamment chargés :

Je vous recommande ainsi la fausse page Facebook de Slate.fr super bien faite aussi bien du point de vue journalistique que satirique ; une lecture facile et amusante et qui permet de bien comprendre l’affaire étape par étape. Franchement, même si vous n’avez rien à carrer de l’affaire, allez voir, c’est vraiment du bon boulot.

Je signale aussi le dossier d’Arrêts sur Images qui en fait une très bonne synthèse, et vous signale cette émission consacrée au sujet, exceptionnellement accessible sans abonnement au site.

Enfin, ces schémas récapitulatifs qui demandent d’avoir déjà un peu compris de quoi il retourne parce que c’est touffu (mais bien foutu (foutu/touffu ha ha)) : sur Mediapart, sur Le Monde.fr, ou moins évidente mais plus réussie graphiquement sur Owni.fr (avoir les noms complets des protagonistes aurait peut-être été moins rigolo, mais ça aurait été plus clair !)

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Inception (Christopher Nolan, 2010)

Une des nombreuses affiches du film

On ne présente plus Christopher Nolan… si? Ah, bon… Bien, ses principaux long-métrages, s’ils n’ont pas forcement une histoire en béton, révèlent une même maîtrise de la mise en scène, une certaine complexité et souvent, l’originalité : Memento et sa narration à l’envers ; Insomnia et son atmosphère angoissante, la franchise BatmanTM, qui en avait pris un coup récemment, et qui retrouve son coté gothique et sombre ; le Prestige, bon pas son meilleur film, mais toujours original ; et enfin Inception, son dernier opus en date. Je n’ai pas mentionné son premier film, Following, que je n’ai pas vu et dont je n’ai pu lire que de bonnes critiques ; il faudra certainement que je le mate un de ces jours !

Revenons-en à nos moutons donc : Inception, son dernier film en date. Le pitch avait l’air alléchant et une atmosphère de secret d’état embrumait la sortie du film en Angleterre, ce qui ne faisait que renforcer mon envie d’aller le voir ! Je me suis refreiné le plus possible de lire quoi que ce soit à son sujet, histoire de ne pas être déçu ou qu’un(e) article/critique ne vienne gâcher mon plaisir Show ▼

Dom Cobb (Leonardo Di Caprio) n’est pas un travailleur comme les autres : recherché par la police ainsi que de nombreuses organisations, il a été contraint à l’exil hors de son pays. Non pas parce que c’est un tueur, ni même un hacker ; avec son associé Arthur, son job consiste à « voler » des informations à ses victimes au travers de leurs rêves. Malheureusement leur dernier contrat en date tourne au vinaigre et en échappant à leur tentative, leur victime fort mécontente, un puissant homme d’affaires japonais prénommé Saito (Ken Watanabe, déjà vu notamment dans The Last Samourai ou Iwo Jima Show ▼

, propose à Dom un deal qu’il ne peut refuser : il lui promet de régler ses problèmes avec la justice et de lui permettre ainsi de retrouver ses enfants (qu’il a du abandonner aux Etats-Unis lors de sa fuite), mais à la seule condition qu’il accepte un dernier contrat : pratiquer linception sur Robert Fischer (Cillian Murphy, déjà présent dans les deux Batman de Nolan), fils d’un grand entrepreneur rival. L’inception est un concept assez simple et qui consiste à se rendre dans les rêves d’un individu pour y implanter une idée dont la cible, au réveil, pensera qu’elle est –logiquement- la sienne.

Voilà en résumé le concept du film et on peut comprendre que suivre l’histoire puisse devenir rapidement compliqué puisque plusieurs niveaux de récit vont s’enchevêtrer pendant le film. (Attention ce qui suit révèle des parties importantes de l’intrigue) Show ▼

Ce que j’ai pensé du film est simple : j’ai trouvé ça complexe, bien interprété et beau, très beau. Je me vois encore au cinéma me pencher en avant sur mon siège pour bien absorber les informations du film et aussi pour ne pas me faire surprendre par Saito qui parle dans sa barbe et qui m’a fait rater des informations clés pendant la séance ! Vous l’aurez compris, si votre idée d’Inception c’est un film d’action où il ne faut pas utiliser sa cervelle, passez votre chemin Show ▼

Par contre si vous aimez suivre des histoires complexes, être attentif pendant le film pour observer de petits détails QUI FERONT LA DIFFERENCE Show ▼

, observer Paris qui se plie en deux, vous perdre dans de magnifiques décors, alors plongez dans Inception, vous ne le regretterez pas ! Show ▼

Cet article a été écrit par Stoeffler Show ▼

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