Archive for Voyages

En juillet sur Même Esprit

Ah, juillet… le début des vacances, la liberté, plein de temps pour faire plein de choses… et pour ce qui me concerne en tous cas, moins de temps pour les raconter ici ensuite !

En juillet sur Même Esprit, on a parlé ni de Batman, ni de la tuerie d'Aurora

Heureusement, on aura pu compter sur les autres fidèles contributeurs du blog pour garder Même Esprit éveillé et continuer à vous proposer régulièrement de nouveaux articles.

Avec notamment plusieurs chroniques Cinéma : j’ai vu pour ma part des films plutôt hors normes ce mois-ci, avec le déroutant Holy Motors de Leos Carax, puis le surprenant et angoissant Kill List de Ben Wheatley. Aya vous a quant à lui conseillé le reboot indispensable (hem) The Amazing Spider-Man de Marc Webb.

En Musique, Stoeffler continue d’animer sa rubrique mensuelle répertoriant Les sorties CD du mois (très hip-hop en juillet, visiblement).

En Sport, Aya a enfin pu prendre le temps de rendre un hommage à l’immense champion Roger Federer (qui dans ma tête a l’air plus vieux que moi, mais qui n’a que 31 ans).

Pour le reste, Stoeffler est allé vérifier dans les archives historiques royales si tous les cygnes d’Angleterre appartiennent à la Reine comme il nous l’avait assuré à l’occasion de notre dernière balade en Albion (et la réponse est… dans l’article ;p ).

A peine revenu de vacances, il vous a aussi raconté notre succulent diner au Château de Salettes, dans le Tarn. Restée pour sa part à Paris, Gattaca a poursuivi de son côté sa tournée des burgers en testant cette fois la Cantine California, second food truck itinérant après le « Camion qui Fume » (approuvé ici aussi, et par la même, en mai dernier).

Bon, c’est un peu léger pour un mois complet, mais on va se rattraper en août, promis (il faut juste que je me motive enfin pour écrire les 5 articles que j’ai en retard sur les films que j’ai vus depuis, les livres que j’ai lus, les expos que j’ai visitées,… pas facile la vie de blogger, je vous le dis !). Vous avez vus d’autres trucs, vous ?

[Note : le cartoon d'illustration est signé Martin Vidberg]

En Juin sur Même Esprit

Bon, soyons francs : autant le mois de mai avait été exceptionnel en termes de productivité sur ce blog, autant juin a commencé plutôt doucement, du fait de nombreux projets à finaliser pour la plupart des contributeurs. On aura quand même trouvé le temps de vous parler :

En juin sur Même Esprit, on a survécu au "Dépeceur de Montréal"

- de Cinéma : après le foutage de gueule Prometheus (« All I’ll say in response to your question is nothing is an accident in Prometheus. Every single decision that is made by Ridley Scott is made for a very specific reason and purpose. » ["Tout ce que je dirais en réponse est que rien n'est un accident dans Prometheus. Strictement chaque décision prise par Ridley Scott l'est en raison d'un objectif très spécifique"], citation (qui restera mythique pour moi) du scénariste Damon Lindelof dans une interview en ligne), je suis sorti plutôt indifférent de Blanche-Neige et le Chasseur (ok, vous me direz que je n’ai qu’à mieux choisir mes films, mais bon). Jika de son côté a vu Dark Shadows, de Tim Burton, dont il dresse un bilan mitigé.

- de Séries. Notre spécialiste ès séries Aya nous a ainsi présenté deux nouvelles séries de l’été qui pourraient valoir le détour, Dallas (!) et Continuum, tandis que notre expatrié Outre-Manche Stoeffler nous a conseillé The Fades, une série fantastique britannique dont la première saison (de 6 épisodes) vient de s’achever.

- Le tour du monde des burgers s’est poursuivi en juin sur Même Esprit, avec un détour par l’Angleterre où Stoeffler a la chance de pouvoir goûter quand bon lui semble les gros burgers du GBK, tandis que Gattaca concluait (temporairement sans doute) sa visite des burgers de Paris au tout récent Blend.

En juin sur Même Esprit, toujours pas de résolution de la crise Syrienne...

- Stoeffler a enfin trouvé le temps de faire le récit de la deuxième partie de son Voyage en Jordanie (la première partie était ), passant notamment dans l’ancienne cité troglodyte de Petra, et dans le désert du Wadi Rum.

- A la rubrique Sciences et Société, j’ai retrouvé par hasard un de mes vieux articles paru sur mon ancien blog Alzheimer Power, qui était plutôt un lien vers une page assez rigolote mais apparemment scientifiquement rigoureuse malgré tout, détaillant les propriétés de l’urine (faut-il la boire, ou pas ? Toutes les réponses à cette question que vous vous posez tous les jours sont dans cet article !). Jika, de son côté, s’est intéressé à ce slogan gouvernemental qui fait encore recette aujourd’hui, pour savoir plus précisément ce que recouvrait la préconisation de manger 5 fruits et légumes par jour.

- Euro 2012 de foot oblige, Stoeffler a fait un petit rappel illustré sur un point de règle qui paraît souvent obscure aux profanes, la règle du hors-jeu.

Bon, là, ça va être les vacances, donc il ne devrait y avoir aucun article pendant au moins la première semaine de juillet, mais profitez-en pour relire tout ça si vous avez loupé des trucs, et pour nous faire part de vos commentaires !

 

Jordanie (10 au 18 mars 2012), deuxième partie

14 mars

.

Cette deuxième journée à Petra fut un témoignage de l’immensité de la ville et surtout de la multitude de randonnées qui sont possibles d’effectuer sur le site.

On a débuté par le même chemin que la veille mais au lieu d’emprunter le Sik pour nous rendre au Trésor, on a bifurqué sur la gauche vers un « parcours » qui nous mena doucement mais surement sur les hauteurs de Petra. En dehors du sentier touristique on n’a plus croisé personne (à part deux connards de touristes qui ont fait semblant de ne pas nous suivre pendant à peu près 3h…). Cette partie du tour était beaucoup plus exploration de terrains escarpés et c’est assez impressionnant qu’on n’ait pas perdu un des membres en route, car toutes les catégories d’âges étaient représentées et notre itinéraire loin d’être aisé.

Notre parcours initial devait nous emmener vers le Haut Lieu du Sacrifice mais sur le chemin on a pris un détour qui nous a fait découvrir une vue plongeante du Trésor et qui, mon ami lecteur, valait clairement les 45 minutes aller et 45 minutes retour! Je pense que sans guide, il aurait été difficile de savoir où aller, car nous étions en dehors des sentiers balisés et le « chemin » qu’on suivait pas si évident que cela à distinguer.

T'ain c'te vue!

La pause photo devant le Trésor (qui mesure déjà 40 mètres de haut), et qui se trouvait bien en dessous de nous, fut impressionnante et presque atmosphérique puisque les seuls bruits que nous pouvions entendre étaient ceux de notre groupe ainsi que les touristes en contrebas qui composaient un murmure plus qu’une commotion.

Après le retour sur notre route principale, nous avons déambulé pendant une heure et demie au travers de canyons pour enfin arriver au Haut Lieu. Quelques marches et rochers à gravir avant d’arriver devant un point de vue surplombant la vallée principale que nous avions emprunté la veille ainsi que les tombes, églises et autres monuments que nous avions visités.

Après avoir conquis les sommets de Pétra, nous sommes repartis pour une descente qui a pris plus de 2 heures de marche et qui nous a fait passer en revue les vestiges d’une fontaine en forme de lions ainsi que de nouvelles tombes et temples. Notre excursion s’est terminée sur la rue principale, après être descendu à flanc de montagne.

La pause pipi a été accueillie par tout le groupe avec des hourras car il est 14h30 et on s’est à peine arrêté en chemin, ce qui témoigne de la ténacité des autres membres qui n’ont peut-être pas la même santé ou énergie que nous mais qui ont tenu bon jusqu’au bout.

Vue depuis le Haut Lieu du Sacrifice

Apres avoir dévasté un sandwich et bu notre limonade à la menthe habituelle nous repartons gaiement vers notre hôtel ravis de nos deux jours à Petra ; je me demande même si un troisième jour n’aurait pas été de trop car certains vestiges qui ne se trouvaient pas sur notre chemin auraient mérités d’être visités.

Il est près de 17h lorsque nous revenons à notre chambre et le diner servi dans la soirée était le bienvenu. Malgré le nom du restaurant Magic Petra… la bouffe était bonne, car en entrée nous avons pu esquiver l’habituelle mezzé pour manger une soupe traditionnelle jordanienne à base de lentilles (même si en plein milieu de notre entrée, ils nous ont quand même servi la mezzé…). Pour le plat principal, j’ai choisi une assiette de brochette avec un accompagnement de légumes, le tout cuit dans une sauce sucrée avec un arrière-gout de fenouil, miam ! Des fruits frais sont venus compléter notre repas. Repus et éreintés, nous ne sommes pas sortis boire un coup comme la veille (et surtout dépenser environ 8€ pour de la pisse de bière).

.

15 mars

.

Nous avons fait un dernier au revoir à Petra et Wadi Musa, la ville qui l’abrite, en passant par le petit Petra qui se trouve à quelques kilomètres. Rien d’aussi grandiose que les deux précédents jours mais peut être des vestiges ressemblant plus à de vrais habitations que des tombes ou des monuments funéraires. L’endroit est sympathique et est coincé entre deux falaises. Une légère ascension au bout du canyon emmènera le visiteur vers un bon point de vue sur la vallée.

Après cette escale nous sommes repassés par Wadi Musa pour acheter notre déjeuner, fallafels et autres pâtisseries avant de quitter définitivement le site pour nous rendre à Wadi Rum, où l’on laissera notre bus pour grimper sur des 4×4 (cette fois-ci c’est justifié) et nous rendre dans un camp de bédouins pour y passer la nuit sous une tente.

Peut-être une information que je n’ai pas soulignée, pendant le mois de mars en Jordanie, il ne fait pas chaud. Il fait bon, mais je conseille de toujours se munir d’un pull quel que soit l’endroit où l’on se rend et c’est encore plus vrai dans le désert car le vent souffle vraiment fort et pendant notre trajet en jeep, j’avais trois couches de vêtements et je n’étais toujours pas complètement à l’aise…

Néanmoins, on a effectué une belle balade dans les dunes et on a observé des paysages magnifiques. On a même pu descendre une dune très escarpée sur le 4×4, ce qui était assez impressionnant.

On a par la suite fait l’ascension d’une autre dune de près de 40 mètres de haut et qui se trouvait à flanc de falaise, un enfer pour les cuisses et le souffle mais la montée valait la peine, car la vue qui s’offrait à nous après cet effort intense était grandiose. Le reste du trajet s’est effectué sans encombre pour enfin atteindre notre camp.

La vue du haut de la dune

Avant que la soirée ne débute, on a fait quelques centaines de mètres dans le désert pour assister à un coucher de soleil derrière les montagnes (ce qui n’est pas un coucher de soleil a proprement parler car les couleurs chaudes qui le caractérisent ne sont pas présentes, mais l’atmosphère de tranquillité et le fait d’être en plein milieu du désert apporte une touche originale à l’expérience).

La soirée a ensuite débuté par un feu de camp qui était le bienvenue car ce n’est pas un mythe, il fait extrêmement froid la nuit. Puis le traditionnel passage à table avec un délicieux repas fait de mezzé mais aussi de barbecue bédouin qui consistait à faire cuire de l’agneau et du poulet ainsi que des légumes dans une espèce de grosse cocotte-minute posée sur des braises puis enfouie sous le sable pendant près de 6 heures.

Un chanteur bédouin nous a ensuite rejoints avant que le chef du camp ne se rapproche lui aussi. L’expérience fut assez étrange car il semblait à la fois très amical et par autres moments très agressif. Ne connaissant pas du tout la langue arabe, je ne sais pas si c’est une chose normale ou pas.

Même si la journée fut longue et fatigante, s’endormir dans le désert protégé par une tente est un challenge qu’il est difficile d’accomplir : vent, froideur et des lits inconfortables ne constituent pas le meilleur cocktail pour passer une nuit calme et reposante.

.

16 mars

.

Pour faire court, notre nuit ne s’est pas très bien passée. Une des choses qu’il faut savoir sur la Jordanie en mars, c’est qu’il ne fait pas chaud, mais alors pas du tout et surtout dans le désert… M’endormir ne m’a pas pris trop de temps mais je me suis réveillé à un moment et je n’ai pu retomber dans les bras de Morphée qu’après avoir enfoui ma tête dans mon sac de couchage. Et même à ce moment-là, la nuit fut assez agitée.

Mais à priori pas aussi agitée que celle de Marga qui, pace qu’elle voulait admirer le lever du soleil, est littéralement tombée du lit : emmitouflée dans son sac de couchage, elle a dû rouler un peu trop près du bord… Je regrette d’avoir manqué ça!

Notre petit déjeuner fut frugal mais excellent, les bédouins s’avérant être d’excellents cuisiniers. Et pendant que les quelques personnes qui avaient prévu de faire un tour de chameau étaient partis, nous avons décidé de faire une ballade à pied autour de notre camp. Et quelle ne fut pas

Les traces d'une civilisation passée...

notre surprise de voir des inscriptions d’un autre temps a jamais gravées dans le sable, avec photo à l’appui.

Notre voyage de retour en 4×4 s’est bien passé et notre destination, Aqaba, est une ville portuaire se situant au sud-ouest de la Jordanie et donnant sur la mer rouge. Aqaba est à environ 40km de l’Arabie Saoudite et de l’autre cote de l’estuaire se trouve l’Egypte et Israël. La ville est une zone hors taxe, ce qui attire apparemment beaucoup de jordaniens les weekends (en Jordanie le vendredi et le samedi). Aqaba est relativement petite et nous sommes passés devant un fort de croisés qui semblait être le seul monument d’importance de la ville.

Nous avions décidé avec le groupe de faire une sortie en mer après avoir déposé nos bagages à l’hôtel et pris une rapide douche. Les conditions semblaient plutôt bonnes car il faisait bon et il n’y avait pas trop de vent. Alors que nous étions en marche pour l’océan, l’équipage a sorti les cannes à pêche et commené à faire chauffer le barbecue. La chance n’étant pas de notre coté, le plan B a été appliqué et poulet ainsi que saucisses halal étaient de la partie avec les usuels riz et houmous. Avant de déguster ce repas sur le bateau, nous avons pataugé pour admirer la faune locale dans une mer il faut l’avouer assez claire. L’eau étant assez fraiche et le courant devenant de plus en plus important, j’ai décidé de remonter sur notre esquif pour me réchauffer et entamer le buffet.

Avec les températures plutôt fraiches et le vent qui soufflait de plus en plus fort, je ne me voyais mal replonger après mon déjeuner et seuls les plus courageux sont retournés dans l’eau pour admirer une faune et une flore apparemment plus variées qu’au précédent arrêt. D’ailleurs nos snorklers amateurs ont dû couper court à leur exploration car la mer est devenue un peu trop agitée.

Sur le chemin du retour, les canes à pêche étaient de nouveau de sortie, et après le fiasco de l’aller nous pensions que c’était juste pour amuser les touristes jusqu’au moment où ça a mordu et ça a bien mordu car après s’être débattu avec la ligne, un des membres de l’équipage a sorti de l’eau un bon gros barracuda!

De retour à terre, nous avons eu quartier libre jusqu’au lendemain. Après une autre douche et un petit café nous optons pour Captain’s un restaurant spécialisé dans les fruits de mer et notre tablée était satisfaite de ses choix, qui étaient composée à 90% de poisson. La soirée s’est fini avec une boule de glace puis une spécialité locale, le sahlab, sorte de crème anglaise chaude avec de la cardamome, de la cannelle et des fruits secs ainsi que de la noix de coco séchée. Délicieux, mais lourd.

Notre journée s’est donc encore une fois achevée le ventre plein,.

 .

17 mars

 .

Avant dernier jour de notre voyage (plutôt notre dernier jour de visite puisque le 18 ne sera juste qu’une histoire de transit jusqu’à Londres). La moitié de notre journée a été passée à couvrir les 400 kilomètres qui séparent Aqaba d’Amman.

Arrivés dans la capitale nous avons fait deux escales dans le centre. Le premier monument visité fut un amphithéâtre romain, le plus grand que l’on ait vu durant notre circuit, mais un peu moins bien que celui de Jerash, car il n’a pas été taillé à même la pierre ce qui le rend moins original. Il abrite tout de même plus de 6000 places à son maximum ce qui en fait un édifice imposant et notre guide nous assure que l’acoustique est parfaite pour tous les occupants du théâtre. Avec chaque monument vient un musée, en plus ou moins en bonne condition. Celui-ci était de taille raisonnable et abritait des objets ayant appartenu à des bédouins: bijoux, tuniques et armes, etc… Comme tous les musées que l’on a pu visiter en Jordanie, il n’y a pas vraiment de fil directeur dans l’exposition et c’est plus un entrepôt d’artefacts sans progression ni même thème directeur.

Vue depuis la Citadelle

La deuxième escale s’est effectuée à la Citadelle d’Amman et se trouvait en hauteur par rapport au reste de la ville. D’ailleurs le site surplombe une grande partie de la capitale et les habitations s’étendent à perte de vue. Comme dans la plupart des sites que nous avons visité, la Citadelle porte les marques des civilisations grecques, romaines, byzantines et musulmanes. Temple grec, statue romaine, église byzantine et mosquée ainsi que palais musulman s’entrechoquent dans cet espace restreint. Ce qui me fascine c’est que chaque civilisation suivante est décidée à conserver les traces des précédentes, surtout que principalement les religions n’étaient pas forcement concordantes.

Après la Citadelle, nous retournons à notre hôtel et déposons nos bagages avant de repartir pour le centre-ville et effectuer des achats de dernière minute. J’avoue que j’ai failli ne pas prendre la peine de revenir car le temps était exécrable, pas plus de 8°C dehors et honnêtement, je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse aussi froid.

5 d’entre nous avons pris un taxi pour le centre-ville, avec pour destination la mosquée la plus ancienne de la ville, Al-Hussein. De là nous  avons déambulé en terre 0% de touristes dans les méandres des rues et des échoppes à la recherche d’épices, bijoux et autres sucreries. Cette petite balade valait franchement le coup car nous avons pu apprécier la vie quotidienne jordanienne en nous fondant à la masse et en embrassant l’expérience de la cohue qu’est une ville du moyen orient. A vrai dire, j’étais un peu appréhensif au début car il faut l’avouer Amman n’est pas une belle ville : bétonnée, grise et sale mais elle semble définitivement avoir une âme et la population, même si elle semble surprise de voir des européens, fut aimable et serviable.

Nos pérégrinations de la journée se sont terminées dans un café plutôt branché, où nous avons siroté café et Sahlab. Une dizaine d’entre nous nous sommes retrouvé dans un restaurant pris au hasard qui se trouvait dans le quartier : Sufra. Comme quoi le hasard fait bien les choses, la nourriture fut copieuse et exquise, bizarrement assez différente de ce que l’on a pu gouter auparavant avec de nombreux mets, équivalents de ragouts ou bien de tagines au Maroc, préparés dans des pots en argiles ainsi que des mezzé beaucoup plus variés que dans les différents hôtels ou restaurants que nous avons visités. Les desserts étaient quant à eux très bons, définitivement une adresse à conserver pour ceux qui désirent passer un bon moment (et pour couronner le tout, même la déco était sympa!).

 .

18 mars

.

Retour au bercail, de rien d’excitant pour arriver à l’aéroport si ce n’est notre folle expédition pour passer la douane… premièrement les hommes et les femmes ne passent pas au détecteur au même moment et de plus, l’organisation pour mettre les gens en file indienne est inexistante.

Après 30 minutes pour faire 10 mètres, on se retrouve à trois du groupe en retard sur les autres. Pas de soucis, y’a juste à passer le contrôle de passeport pour rejoindre nos petits camarades.

Tut, tut, que nenni, gros stress de la part du contrôleur douanier qui ne parle pas bien l’anglais et qui nous demande la liste complète de notre groupe sinon pas moyen de passer. Alors voyant défiler les minutes, le mec pas du tout coopératif, moi qui commence à m’énerver, le miracle se produisit lorsque ce c*nn*rd a finalement trouve la liste derrière son petit pupitre. Ah bah ouais, c’était toi qui l’avait !

1 heure après avoir pénétré dans l’aéroport, on arrive enfin au terminal d’embarquement pour notre vol en direction de Londres, que d’aventures !

.

Pour ceux que ça intéresse, nos photos se trouvent ici.

En Mai sur Même Esprit

Gros mois de mai sur Même Esprit : les ponts et les jours fériés à répétition on donné l’occasion à nos contributeurs de faire encore plus de choses que d’habitude -et de trouver le temps pour les raconter ensuite. Et ça a notamment permis le retour de collaborateurs qu’on aimerait lire plus souvent par ici :)

En Mai sur Même Esprit, rien sur Cannes 2012 !

- Être au dernier stade d’une grossesse comporte en effet apparemment l’avantage -en plus d’avoir vachement plus de temps libre pour écrire- de ne plus avoir à surveiller son alimentation, et c’est tant mieux puisque Gattaca a ainsi pu tester (et approuver) pour nous deux Restos de burgers parisiens qui font franchement pas mal envie, Le Camion Qui Fume, et Big Fernand.

- Un peu plus tôt, c’était à la Nuit Européennes des Musées que nous invitait notre contributrice la plus active (à tous les sens du terme), qui a réussi à enchaîner trois Expos dans la même Nuit. Moi, j’ai rattrapé le temps en publiant le récit de ma visite -plutôt décevante malgré quelques très belles toiles- d’Artemisia, au Musée Maillol, que je n’avais pas eu le temps de poster en avril.

- Et de son côté, Jib a fait son retour pour nous parler fugitivement du « Konami Code » qui a pas mal fait parler de lui ces derniers temps, et qui pouvait être utilisé sur un site sur lequel on ne s’attendait pas à le trouver : le site officiel de François Bayrou pour l’élection présidentielle ! (pour l’anecdote, le Code pouvait aussi être utilisé sur une page du site de François Hollande, mais il ne fonctionne plus actuellement)

- Jika s’est posé la question, a mené l’enquête et nous a ensuite expliqué comment se fabriquait le beurre facile à tartiner. Personnellement, j’ignorais même que ça existait, mais apparemment je suis le seul type au monde à être dans ce cas.

- Aya, inspiré par la muse, a publié deux poèmes modernes en prose de sa propre plume : Naître ou ne pas Être, qui claque comme un slam brillant, et  Heurt de Poings, qui évoque la population honnie des transports en commun.

En Mai sur Même Esprit, nous sommes restés neutres quant à l'élection du Président

- Côté Musique, Stoeffler et moi nous sommes relayés pour vous présenter quelques morceaux dont nous pensons qu’ils valent d’être découverts : ça a été l’occasion pour moi de mener une véritable investigation sur les origines de The Partisan / La Complainte du Partisan, émouvant hymne de la Résistance repris depuis (principalement) par Leonard Cohen et 16 Horsepower ; puis je vous ai parlé des Chameleons, groupe de rock anglais des années post-punk, et de leur sombre et envoûtant Here Today que j’ai découvert dans des circonstances assez inoubliables pour moi. Stoeffler vous a présenté R U Mine ?, titre « inédit » des Arctic Monkeys sorti en parallèle de leur dernier album Suck it and see et ne figurant pas sur le CD (trop bien pour cet album top ennuyeux, peut-être ?). Enfin, la dernière Chanson du mois était l’autodestructeur Hurt de Nine Inch Nails, avec un détour par la reprise de ce titre par le regretté Johnny Cash. Stoeffler a aussi poursuivi sa nouvelle rubrique consacrée à la sélection des sorties CDs les plus intéressantes du mois.

- Plus de temps pour les loisirs, ça permet d’aller au parc (de loisirs) (ha ha, un bon jeu de mots ne fait jamais de mal). L’occasion pour Stoeffler de nous faire découvrir Thorpe Park, avec ses multiples attractions (en anglais, on parle de « Rollercoasters ») originales. Bon, ok, c’est en Angleterre ;  ok, c’est pas non plus à Londres… mais je parie que les amateurs seront sans doute quand même tentés de faire le voyage, à la lecture de cet article.

- Stoeffler et moi sommes les seuls à être allés au Cinéma ce mois-ci. En tous cas, le, seul, à avoir ensuite pris le temps de vous parler de ce qu’on y avait vu, et ça tombait bien puisque de mon côté j’ai bien aimé tout ce que j’ai vu : à commencer par Radiostars, comédie avec Manu Payet et Clovis Cornillac qui nous régalent de vannes caustiques. Une critique enthousiaste de Barbara de Christian Petzold, retour sur la vie sous l’oppression communiste dans un hôpital de campagne en Allemagne de l’Est et qui, autant par son thème que par son message humaniste et sa force émotionnelle, fait forcément penser à l’excellent La Vie des Autres de Florian Henckel von Donnersmarck. J’ai aussi consacré un article à l’intéressant Margin Call, premier film de J.C. Chandor, version romancée de la chute de la banque américaine Lehman Brothers aux commencements de la crise financière qui pourrit actuellement notre économie. Quant à Stoeffler, c’est La Cabane dans les Bois qu’il est allé voir (lui il dit « The Cabin in the Woods« , mais c’est parce qu’Outre-Manche, les gens ne parlent pas bien français), un film qui revisite le genre « film d’horreur » et dont il a bien aimé le concept -à part pour une fin qui fait visiblement polémique.

- Jika continue de s’assurer qu’on n’oublie de parler ni de Jeux, ni d’IPhone sur Même Esprit. Pour ce mois de mai, c’est une nouvelle fois un jeu de lettres qu’il a mis à l’honneur : Rumble, une sorte de Boggle qui demande à la fois agilité et rapidité, mentales et manuelles.

- Enfin, une fois n’est pas coutume, c’est Stoeffler qui nous a parlé de Séries ce mois-ci, pour sa part toujours plutôt côté animation japonaise, avec l’angoissant Another, de Tsutomu Mizushima, dans un lycée pas fou, fou, fou, mais où il se passe des choses bien étranges quand même.

Au total, pas moins de 20 articles publiés en mai !!! On ne doit pas être loin du record pour Même Esprit !

Mai est passé trop vite pour qu'on aie le temps de vous parler de l'Eurovision !

En avril sur Même Esprit

J’étais parti pour ne pas écrire de récap pour le mois d’avril parce que, n’ayant pas eu de retour sur ces articles de synthèse, je ne savais pas s’ils avaient un quelconque intérêt pour nos lecteurs, mais finalement, vu qu’on me l’a réclamé, le voici !

- Avril a apparemment été le mois des visites d’Expositions (et encore, j’ai un article en retard qu’il faut que je trouve le temps d’écrire) ! Aya vous a recommandé la rétrospective sur l’œuvre de Tim Burton à la Cinémathèque Française, ainsi que l’expo consacrée à  La Sainte-Anne, l’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci, au Louvre. Je suis pour ma part allé voir la dérangeante (et très intéressante à ce titre) expo sur l’œuvre borderline du photographe « Joel-Peter Witkin, Enfer ou Ciel » à la BNF et la moins exceptionnelle rétrospective « Berenice Abbott (1898-1991), Photographies » au Jeu de Paume.

En avril sur Même Esprit, on n'a pas parlé des Présidentielles 2012

- En Musique, Stoeffler a lancé une nouvelle chronique sur les sorties CDs du mois. Et pour bien faire les choses, il vous a parlé des sorties du mois d’avril bien sûr, mais il est aussi revenu sur les mois de janvier, février et mars, qu’il n’avait pas eu le temps de traiter avant. Quant à moi, j’ai poursuivi ma chronique hebdomadaire « La Chanson de la Semaine », et je vous ai ainsi présenté le style original de l’artiste Joseph Arthur sur scène, que j’ai illustré par des versions studios et live de son single Can’t Exist ; puis j’ai consacré un article au glaçant She’s Lost Control de Joy Division. Je vous ai fait écouter la très marrante chanson de Renaud Laisse Béton, et les reprises qu’elle a inspiré ; et enfin Haw, folk-rock western sombre des 16 Horsepower.

- Peu de Cinéma ce mois-ci : Stoeffler s’est payé une toile (enfin, en DVD) et vous a chaudement conseillé l’inventif Attack the Block de Joe Cornish, quand j’ai de mon côté été déçu par Les pirates ! Bons à rien, mauvais en tout, film d’animation humoristique du britannique Peter Lord.

- L’événement approche ! Aya (décidément très prolifique ce mois-ci) a donc profité de l’occasion pour présenter Diablo III aux amateurs de Jeux Vidéos qui ne le connaîtraient pas encore.

- On a certes moins vu Stoeffler sur Même Esprit ce mois-ci, mais c’est parce qu’il revenait d’un Voyage en Jordanie, dont il nous a raconté la première partie (on attend la deuxième, mec !).

Voilà, du coup je crois qu’on a parlé de tout ce dont il fallait parler en avril, non ?

Jordanie (10 au 18 mars 2012), première partie

10 mars

.

La première journée est évidemment passée à voyager jusqu’à notre destination de départ en Jordanie, Amman, et qui est sa capitale. Rien à signaler si ce n’est un léger contretemps avec notre avion qui était à la bourre (mais qui proposait une sélection de films de qualité, The Ides of March dont la critique a été effectuée par Akodostef et Another Earth qui méritera certainement un billet prochainement), ce qui a retardé considérablement notre heure de coucher, 2h du matin heure locale.

Une petite note à notre lectorat, nous avons opté pour un tour organisé, et ce pour diverses raisons, ce qui veut dire que certains de nos horaires ou destinations n’étaient pas totalement notre choix, mais convenaient globalement à l’itinéraire qu’on aurait aimé effectuer si on avait décidé de ne partir qu’à deux.

.

11 mars

.

Lever bien difficile à 7h30 après une courte nuit, mais on descend tout de même prendre le petit déjeuner, qui sera un buffet (c’est à dire: éclate toi la panse mon gars, tu pourras te permettre de ne prendre qu’un léger déjeuner). Il y a une large sélection de sucré et de salé, et la bouffe était assez bonne, mélange de mezzé et de petits cakes.

Jerash

Après notre collation matinale, direction Jerash notre première visite en terre jordanienne. Sur le chemin notre guide nous fait un petit topo sur son pays qui était assez édifiant. La Jordanie n’a pas de pétrole et son économie est dépendante d’environ 25% du tourisme ce qui est absolument énorme. Le problème de ce genre de situation c’est que ça peut se retourner contre le pays, si pour une raison ou une autre le tourisme diminue. C’est en gros ce qui se passe actuellement avec tous les voisins de la Jordanie que sont Israël, le Liban, La Syrie et l’Iraq qui font de la mauvaise publicité à la Jordanie et nuisent à son tourisme. Notre guide, Khaled, prétend que depuis mars dernier, lorsque les soulèvements populaires ont commencé, la Jordanie a perdu 90% de son tourisme (ça semble un peu beaucoup à vrai dire), ce qui n’aide pas le pays déjà très pauvre.

Apres cet aparté, on arrive aux ruines de Jerash, qui était un ancien fief romain, grec puis byzantin. C’est un peu une constante que l’on retrouvera dans l’architecture et les vestiges jordaniens, c’est qu’à peu près toutes les civilisations lui sont passées dessus! C’est surprenant de voir des vestiges romains mélangés à des temples grecs ou encore byzantins.

On commence la visite par la porte d’Hadrien puis on longera différents édifices : un hippodrome, le Forum, un amphithéâtre, le Temple D’Artémis, un autre amphithéâtre et une voie pavée. Les vestiges sont en général bien conservés, avec une mention spéciale pour le premier amphithéâtre visité, les colonnes « mobiles » du Temple d’Artémis et le Forum. Jerash ne se trouvant qu’à 40 minutes d’Amman, c’est donc très facile de s’y rendre et d’y passer une bonne demi-journée.

Un amphithéâtre vertigineux... toujours à Jerash.

Par contre, notre second contact avec la nourriture est quelque peu gâché par la qualité du restaurant sur le site de Jerash; le buffet chaud apparemment était bon mais on avait décidé de ne manger qu’un sandwich qui en plus d’avoir mis 25 minutes à arriver était insipide…

Apres cette légère déception, on fait environ 1h30 de car pour se rendre sur les bords de la Mer Morte. On remercie au passage que cette journée se soit passée en partie dans le car, parce qu’il faut avouer que même si le décalage horaire n’est que de deux heures, on est bien éclaté de notre voyage et de notre courte nuit.

Notre arrivée aux bords de la Mer Morte s’est avérée être une expérience unique, difficile à décrire, ou bien même à prendre en photo. Quelques détails sur sa composition : elle a une salinité d’environ 30% soit presque 8 fois plus qu’une mer normale et on l’appelle la Mer Morte (même si c’est en réalité un lac) car les conditions de vie pour la faune et la flore sont impossibles.

Ce qui assez marrant avant de s’immerger, ce sont les indications qui sont données tel que ne pas se raser au moins 48 heures avant d’aller dans l’eau et de ne pas ouvrir les yeux sous l’eau sous peine d’une douleur indescriptible. Pour être honnête lecteur, les premiers pas dans la Mer Morte sont semblables à ceux d’une mer normale, sauf qu’on se baigne avec ses tongs pour éviter de se blesser avec les gros blocs de sels qui gisent au fond. Une fois immergé, il est difficile de décrire ce qu’on ressent: on a l’impression qu’on ne peut pas couler et qu’on n’a pas besoin de fournir d’effort pour faire la planche ou maintenir son corps en dehors de l’eau. Si je n’ai pas trouvé que ça grattait trop, la mer en elle-même a une consistance bizarre, comparable à celle d’un sirop. Et si comme moi, vous sortez et vous laissez sécher avec le vent, vous aurez l’impression au début qu’un film de gras s’est déposé sur votre peau, qui en séchant laissera la place à des morceaux de sel!

Une expérience unique qui ne sera vraisemblablement durera pas longtemps car la Mer Morte va disparaitre d’ici quelques années : le climat sec et l’extraction de potasse, qui est une industrie fleurissante sur les bords du lac, font que la Mer Morte perd chaque année un mètre et les prédictions sont pessimistes : elle disparaitra d’ici 50 ans.

Nom, nom, nom, Mezzé

Apres notre retour à Amman, on mangera dans un restaurant qui se nomme Talaween Hal-Hawa, et qui est constitué d’un mélange de locaux et de touristes et qui a surtout l’avantage de pouvoir servir une table de 20 personnes.

Leur mezzé (une douzaine de petits plats à partager entre 4 ou 5 personnes) fut excellente et extrêmement bien garnie; j’aurai définitivement pu m’arrêter là. Le plat principal que j’ai choisi, le Mansaf, est le plat national: il s’agit d’agneau mariné dans une sauce au yaourt sur du riz parfumé à la cardamome. C’était un peu décevant (était-ce l’endroit qui l’avait mal préparé ou est-ce simplement le plat qui ne me convenait pas ?) et surtout on était déjà repu.

La Jordanie étant un pays musulman, on ne peut que rarement consommer de l’alcool, ou alors c’est très cher. Par contre la boisson qui se trouve dans à peu près tous les cafés et restaurants est délicieuse. C’est une sorte de citronnade avec de la menthe hachée et pour donner une idée, c’est comme un mojito sans bulle (et sans alcool évidemment). On finit le repas avec un plateau de fruits à volonté.

Une adresse sympa, mais je ne pense pas qu’on puisse la recommander, car il doit certainement y avoir de bien meilleurs endroits pour manger.

De retour à l’hôtel on s’écroule de fatigue.

.

12 mars

.

Départ de la capitale aujourd’hui en direction du Mont Nébo. Le lieu offre apparemment un magnifique point de vue sur la Mer Morte ainsi que Jéricho et Jérusalem. Le problème est qu’avec la poussière et l’évaporation due à la Mer Morte, ben on n’a pas vu grand-chose! C’est assez décevant sachant que le reste de la visite du mont présentait des mosaïques un peu décevantes, rien de bien séduisant pour rattraper le manque de visibilité.

Prochaine étape, Madaba, une ville apparemment riche en mosaïques. On a passé (trop) peu de temps dans la ville, en visitant l’église orthodoxe de St Georges; honnêtement, j’ai pas été dans de nombreuses églises orthodoxes mais il n’y avait rien de transcendant mis à part une mosaïque qui représentait une carte de la région à l’époque, non pas à l’échelle géographique mais plutôt à l’échelle historique. L’artefact était intéressant mais ne méritait pas qu’on s’arrête rien que pour cela. Le guide papier que nous avions emmené préconisait quelques visites supplémentaires, mais comme je l’indiquais précédemment, le problème de ces voyages en groupe c’est qu’on ne décide pas forcement de ce que l’on va faire ou du timing.

Al Kerak

Apres cette matinée assez pauvre en évènements trépidants, on achète un sandwich aux fallafels et quelques sucreries avant de reprendre le car en direction d’Al Kerak, où se trouve une forteresse qui a été le lieu de nombreuses batailles entre musulmans et templiers.

Pour se rendre à Al Kerak, nous avons emprunté la Route des Rois qui déjà à l’époque des caravanes permettait de relier Amman à Aqaba, ville portuaire de Jordanie. Située à flanc de montagne, le château de Kerak ne paie pas forcement de mine et semble assez basique vu de l’extérieur. Mais une fois rentré dans les lieux, j’ai pris beaucoup de plaisir à le visiter. Il y a énormément de recoins et avec sa disposition, les jeux de lumières permettent d’apprécier les différentes pièces. Au moment de la visite on a aussi pu se rendre compte à quel point les conditions de vie dans la place forte devaient être rudes car il faisait extrêmement froid, ceci dû à l’altitude et surtout il y avait beaucoup de vent.

Al Kerak fut une bonne surprise et après notre escale, nous faisons route plein sud pour deux heures et demie et notre destination de Wadi Musa, la ville qui se trouve près de Petra, le point touristique le plus célèbre de Jordanie. Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de Petra, l’évocation d’Indiana Jones et la Dernière Croisade permettra de visualiser l’un des monuments centraux de la ville cachée, le Trésor (aussi appelé Al Khazneh) qui est le temple où Indiana et son père localisent le Saint Graal à la fin du film.

Arrive à 19h à notre hôtel, notre groupe se retrouve à 19h45 au « restaurant » et pendant que nous entamons un diner bien copieux (composés de mezzé, poulet à la broche et mariné accompagné de riz parfumé ainsi que fruits), notre tour leader nous réserve un billet pour profiter d’un spectacle nocturne à Petra, devant le Trésor.

L’expérience est évidemment faite pour attirer le plus de touristes possible, mais vaut la peine d’être effectuée; je pense que si c’est la première fois que vous vous rendez à Petra, sans avoir déjà effectué le parcours la journée, il y aura une atmosphère mystique encore plus forte. Nous voilà donc dans l’obscurité en train de descendre dans les gorges qui abritent Petra avec pour seul éclairage des lanternes à même le sol. Tout est insolite et sachant que c’est la première fois que nous faisons le trajet, l’imagination prend le pas sur les sens et c’est très atmosphérique. Après ce qui semble être une éternité à marcher (30 à 40 minutes en fait), on arrive enfin au Trésor qui apparait assez soudainement, au détour d’une paroi, dans la pénombre des lanternes. Nous prenons vite place sur des tapis disposés sur le sol avant que le spectacle ne débute. Difficile de décrocher son regard du Trésor, surtout avec cette lumière tamisée et une ambiance mystique qui entoure la petite « clairière » où il se situe. Peu de temps après notre arrivée, la musique commence avec violon dans un premier temps, puis de la flute par la suite. Le spectacle dure en gros une vingtaine de minutes et c’est relaxant et agréable d’être assis à contempler un si beau monument en écoutant de la musique bédouine. Le seul hic est le comportement des gens et les flashes incessants des appareils photos qui je suis sur étaient totalement inefficaces pour capturer la beauté des lieux et de la musique. On repart tranquillement vers notre chambre, comblé par le divertissement.

.

13 mars

.

Cette journée, ainsi que la suivante, sera exclusivement consacrée à la visite de la cité cachée de Petra; sachant que de nombreux touristes ne viennent que pour voir le Trésor puis repartir derechef, il nous était difficile de nous faire une idée à l’avance de ce qu’était Petra.

Le Trésor

Elle a été fondée par un peuple bédouin appelé les nabatéens au 1er siècle avant JC. Petra était au carrefour de plusieurs régions et de nombreuses caravanes y faisaient escale ce qui a contribué au fleurissement et l’enrichissement des nabatéens. L’empire de Rome a aussi pris la ville sous « sa tutelle » qui a continuée à être habitée jusqu’à l’arrivée de l’empire byzantin. Rapidement après le 4e siècle, la ville a semblé disparaitre des archives et est tombée dans l’oubli avant d’être mentionnée à nouveau lors de l’arrivée des templiers dans la région qui y construisirent des forteresses vers le 12e siècle. Mais c’est avec les victoires de Ṣalāḥ ad-Dīnet que les templiers furent chassés de Petra et que la ville fut presque totalement effacée de la carte jusqu’en 1812 où une expédition suisse redécouvrit la cité.

L’arrivée à Petra se fait en passant à travers le Siq, une passe naturelle qui s’est formée au travers des âges avec les tremblements de terre et l’érosion de la roche. Pendant près de 30 minutes, le chemin tortueux zigzague au travers de parois pouvant aller de plusieurs mètres de large jusqu’à un minimum de 3 mètres. Le parcours est parsemé de sculptures et autre vestiges des différentes civilisations qui ont foulées le sol de Petra: des aspérités nabatéennes ou encore des arches romaines en sont des exemples. La fin du chemin s’effectue avec une arrivée au Trésor, qui devra se faire de préférence le matin, lorsque la lumière du soleil frappe le monument de plein fouet et lui donne une couleur dorée. C’est au détour d’un des méandres du Siq que l’on peut apercevoir une partie du temple qui petit à petit, révèlera toute la splendeur de sa façade. Le Trésor est tout simplement magnifique ! Il mesure près de 40 mètres de haut et est construit à même la roche. C’est un édifice à la fois imposant et très délicat de par les sculptures qui sont restées quasiment intactes au travers des âges. Des impacts de balles sont disséminés près du centre et sur l’urne qui trône au sommet car les gens croyaient qu’elle renfermait un trésor, ce qui était évidemment faux.

La Tombe de l'Urne

Après être resté une petite demi-heure devant le Trésor, nous entamons la visite de Petra à proprement parlé. Les prochaines 90 minutes sont suffisantes pour nous faire comprendre l’ampleur de la ville et des recoins qu’elle cache. La voie principale, depuis l’entrée jusqu’à l’autre extrémité de la cité, s’étend sur au moins 6 km et sur notre itinéraire, nous avons vu de nombreux monuments tels que des tombes, des grottes, un théâtre, tous sculptés à même à la roche, qui a pour caractéristique d’être rose et friable. L’interactivité est optimale car il faut sans cesse grimper pour atteindre les différents édifices et sur notre chemin il y a une multitude d’autres sentiers qui mènent vers des points de vue souvent isolés. Le site en lui-même est gigantesque et pour tout visiter, je pense qu’une petite semaine est nécessaire pour avoir l’occasion de tout explorer.

Après un repas copieux et près de trois heures de marches, nous commençons la deuxième partie de la journée qui est l’ascension jusqu’au Monastère (encore appelé Deir). Pour parcourir les 818 marches, on s’arme soit de son courage, soit on peut faire le chemin à dos d’un âne. La description faite du parcours est en réalité peu fidèle à ce que notre guide avait promis en termes d’intensité : si on est physiquement apte, à peine plus d’une demi-heure est nécessaire pour atteindre le site du Monastère. Nous avons été une nouvelle fois surpris par le Deir car nous ne nous attendions pas à trouver un édifice aussi gigantesque à cette altitude. Il y a vraiment des gens complètement barrés pour se dire, tiens je ferai bien construire un temple énorme, à même la roche et à cette hauteur. D’après le guide papier, la signification de cette localisation serait en fait du au caractère certainement religieux des cérémonies qui avait lieu au Monastère il y a près de 2000 ans, le chemin à parcourir pour atteindre le sommet devait avoir une signification particulière et vraisemblablement religieuse. Après une pose photo, deux ou trois points de vue sont accessibles depuis l’édifice et nous choisissons celui qui propose une vue plus en hauteur de ce dernier plutôt que celui qui est censé nous montrer la mer morte, du fait de notre mauvaise expérience de la veille

Le Monastère

Un conseil, il est préférable d’effectuer cet itinéraire l’après-midi pour pouvoir profiter d’un ensoleillement optimal, je ne suis pas sûr que la lumière du matin permette d’admirer le Monastère avec de si chaudes couleurs.

Notre descente s’effectue tranquillement pour reprendre la voie principale vers le Trésor. Sur le chemin, on croise aussi des ruines de différents temples sur la rue principale qui abritait à l’époque de nombreuses boutiques et était la rue commerçante de Petra.

Il est quasiment 17h30 lorsque nous revenons à notre hôtel, après être partis à 8h30, la tête pleine de souvenir de notre journée. Notre diner s’effectue à deux minutes de notre hôtel, qui lui-même est à 200 mètres de l’entrée du site de Petra. On conseille vivement de choisir une chambre proche de l’entrée, car cela permet d’effectuer des journées bien remplies et de ne pas mourir d’épuisement avant de rentrer à l’hôtel.

En mars sur Même Esprit

Comme en chaque début de mois depuis le début de l’année, je vous propose ce rapide sommaire rétrospectif, au cas où vous auriez loupé quelque chose !

En mars sur Même Esprit, on a donc parlé comme souvent :

En Mars sur Même Esprit, pas un mot sur les actes d'un déséquilibré

- de Musique ! Avec les Chansons de la semaine : ça a dépoté en début de mois, avec d’abord Give Me Your Life des étonnants Français de Skip the Use, puis avec un morceau plus ancien et plus extrême, P4 de Mass Hysteria. Stoeffler a pris le relais pour la première fois dans cette rubrique pour nous parler de Retreat des Rakes ; Somebody That I Used to Know de Gotye, qui m’a donné l’occasion de mener une petite enquête sur les conditions qui ont conduit au succès international de ce morceau ; et la dernière Chanson de la semaine était un titre un peu particulier puisqu’il s’agissait d’une des compos de mon groupe GOne, dont nous avons réalisé une version en français : Le Jour Où La Terre Ralentit.

- de Séries, avec une déception du côté d’Alcatraz, dont à la fin de sa première saison, notre spécialiste Ayastan regrette qu’elle n’aie pas tenu toutes ses promesses.

- On a moins parlé de Cinéma ce mois-ci (il faut dire que personnellement ça doit faire trois mois que je n’y ai plus mis les pieds…). Stoeffler nous a quand même parlé de The Descendants d’Alexander Payne (dont je soupçonne qu’il l’avait lui-même vu il y a un certain temps…), mais ça a été tout.

En Mars sur Même Esprit, on n'a pas parlé de la façon dont les sondages et les médias conditionnent ce que doit être l'actualité et se font parfois heureusement surprendre

- dans la catégories Bouquins, Jika nous a parlé de Pourquoi j’ai mangé mon père, un classique de l’Américain Roy Lewis qu’il a ressorti récemment de ses étagères, puis Stoeffler nous a présenté The Windup Girl de Paolo Bacigulapi (La Fille automate, en édition française), un roman d’anticipation.

- On est parti en Voyage à Winchester, dans le Hampshire en Angleterre avec Stoeffler

- Ça n’arrive pas souvent sur Même Esprit, mais Jika nous a parlé Théâtre, et plus précisément de la pièce Dernier Coup de Ciseaux, un classique international dans lequel le public entre en interaction avec les acteurs sur scène.

- Je vous ai parlé rapidement d’une courte expo Photo (elle continue jusqu’au 22 avril !) à la Fondation Henri Cartier-Bresson, qui présente des photos du Français Henri Cartier-Bresson et de l’Américain Paul Strand, prises au début du 20e siècle lors de leur voyage au Mexique.

- Vous avez pu découvrir un Jeu de stratégie sur IPhone : La Guerre des Roses, que Jika vous recommande.

- enfin pour finir, j’ai abordé un sujet qu’on pourrait classer en Sciences/ Société, avec cette grande investigation menée par moi-même pour comprendre pourquoi ma télé (comme ma chaîne hifi, comme ma Box HD,…) reste en veille quand je l’éteins.

Et en avril, qui va parler de quoi, alors ?

Winchester, Hampshire, Angleterre

Lorsqu’il nous prend l’envie de partir en weekend, l’Angleterre n’est pas forcement notre premier choix! Mais voilà, pour une fois qu’on se décide deux semaines à l’avance, on a pensé que notre destination ne devrait pas se trouver trop loin de chez nous, préférablement à moins d’une heure de voiture.

On avait initialement songé à Southampton, Winchester et un parc national appelé New Forest; après recommandations, il s’est avéré que Winchester semblait présenter l’atout d’être une ville assez mignonne, visitable sur un ou deux jours et à distance raisonnable du parc national si nous voulions y faire un arrêt randonnée.

.

3 février

.

La Westgate sous la neige

Arrivés le vendredi soir, nous n’avons pu qu’entrapercevoir la ville, Marga zieutant avec anxiété le GPS et moi me concentrant sur la route. Néanmoins, le peu de bâtiments que nous avons croisé nous avait déjà persuadés que Winchester allait sans aucun doute renfermer des coins bien sympathiques. Cette impression fut avérée lorsque nous retournions en ville pour diner, après avoir déposé nos valises : l’arrivée au centre se fait avec un premier passage sous la Westgate, sorte de tour qui se situe à la sortie de la cité et qui au Moyen Age servait certainement de poste de guet et faisait partie intégrante des remparts.

Un point important lors d’un voyage, c’est la bouffe et le soir de notre arrivée, nous avons opté pour le restaurant Bangkok Brasserie, de la cuisine Thaï cela va sans dire. Nos impressions sont plutôt bonnes avec une carte variée et des ingrédients de qualité quoiqu’il soit difficile de juger parce que nous avons pris quasiment les mêmes plats! Sans être extraordinaire, le service était plutôt efficace et la bouffe bonne. Nous sommes retournés dans notre B&B repus, mais aussi éreintés de notre longue journée (et ouais, on était allé bosser ce jour-là !).

.

4 février

.

Le lendemain se présentait sous de bons auspices; après un petit déjeuner frugal mais qui nous a rempli l’estomac, nous nous sommes rendus au centre-ville pour passer la journée à arpenter rues et ruelles de Winchester.

Un peu d’histoire sur la ville. Son origine remonte au 4e siècle, mais la cité a vraiment gagné en importance avec les Saxons qui en firent pendant une courte période la capitale de l’Angleterre et de nombreux vestiges de cette époque sont encore visibles aujourd’hui, avec entre autres les remparts situés à l’est de la vile. Mais ce qui caractérise Winchester dans son architecture, c’est surtout l’ambiance médiévale, avec de nombreux monuments datant du 11e au 13e siècle, et qui se fondent aujourd’hui avec les nouvelles bâtisses.

.

La-dite Table Ronde

Notre premier arrêt s’est effectué au Great Hall, et qui est en fait les vestiges d’un prestigieux château du 12e siècle. Le Great Hall abrite entre autres la Table Ronde du roi Arthur, non pas celle de la légende, évidement, mais celle qui appartenait historiquement au prince Arthur de Galles. Son origine est rattachée à des tournois qui avaient lieu à cette époque et l’objet n’a donc rien de mystique mais de par son nom a attiré de nombreux visiteurs, curieux de voir à quoi elle ressemble. L’artefact, dont la construction date de 1250 à 1289, est accroché au mur et mesure près de 18 mètres de diamètre pour 1 tonne de bois, ce qui est assez impressionnant !

Le reste de la salle est on ne peut plus spartiate, avec quelques vitraux par-ci par-là et aussi un mur entier sur lequel est écrit le nom de tous les membres du parlement du comté de Hampshire depuis sa création.

Great Hall

 .

Nous avons ensuite descendu la High Street, mélange de bâtiments ayant conservé une touche médiévale et de maisons typiques anglaises. Après avoir traversé Winchester et trouvé un petit restau sympa, nous retournons sur l’artère principale pour rejoindre l’hôtel de ville, de l’autre côté de la cité. C’est à partir de ce point de repère que nous décidons d’effectuer un petit circuit conseillé par un des guides touristiques et qui est censé s’effectuer lors du coucher de soleil. Il fait -2°C dehors, donc on ne se fait pas prier et on part à l’aventure avant la tombée de la nuit. Nous avons marché près d’une heure et demie et le parcours nous a fait déambuler aux abords de la rivière puis nous a emmené sur les hauteurs de la ville afin d’offrir un beau point de vue. A travers les méandres des rues, on passera notamment un pont sympa surplombant la rivière, un ancien moulin à eau et on pourra aussi apprécier le plus ancien bâtiment de la ville. Le temps devient exécrable et après déjà quelques heures dehors à se les geler, on frétille à l’idée d’aller prendre une boisson chaude avant notre dernière étape de la journée. On redescend de la colline pour revenir à notre point de départ en longeant cette fois la rivière, pris en sandwich entre les anciens remparts de la ville et le cours d‘eau lui-même.

La ballade est effectivement sympa mais la température a quelque peu gâché nos ardeurs exploratrices et a également précipité notre retour au centre-ville pour prendre un café et une petite collation. Après notre boisson chaude, nous repartons avec de bonnes intentions afin d’effectuer notre dernière visite de la journée, celle de la cathédrale.

L'est pas de moi cette photo...

.

Edifice assez imposant, la cathédrale de Winchester a la nef la plus grande d’Europe (et ouais si ça c’est pas de l’info qui déchire), l’intérieur est très spacieux et haut de plafond et contient de nombreuses petites chapelles qui ont chacune leur style, ainsi que qu’une multitude de panneaux en bois et de mosaïques. C’est plutôt agréable de flâner à l’intérieur de l’édifice, qui est clairement imposant et ses nombreuses voutes laissant penser un architecture de style roman, avec de nombreuses formes arrondies. Sa construction a apparemment débutée en 1079 et s’est achevée en 1532, déjà à l’époque dans le bâtiment, on ne respectait pas les délais !

Seul petit bémol, la crypte était inaccessible sans payer un petit surplus, ce qui est bien dommage car j’avais visité celle de la cathédrale de Canterbury et ça valait franchement le coup, l’atmosphère étant bien différente que celle que l’on peut trouver dans la nef et le transept. Ce n’est qu’un petit détail, surtout que la cathédrale de Winchester abrite la bibliothèque Morley et qui lorsqu’on l’a visitée contenait des ouvrages datant du 15e siècle, avec notamment des copies de la Bible qui étaient magnifies : on pouvait admirer le détail de la calligraphie ainsi que les couleurs qui avaient été très bien préservées.

St Swithun's memorial shrine, dans la cathédrale

 .

Bref, une bonne façon de terminer notre journée sera un bon petit repas avant de retourner à notre B&B. Nous avions donc réservé plus tôt dans la journée une table à The Old Vine, un pub gastronomique qui nous avait été conseillé par notre hôte. Arrivés un peu en avance, nous nous sommes assis aux tables confortables sirotant une ale, et feuilletant le journal du jour en attendant que notre réservation soit prête.

Le repas a été très bon, avec de bons ingrédients et une carte originale.

Si en entrée, rien d’exceptionnel, un pâté aux abricots et chorizo, mon plat principal était succulent. J’ai magné un filet de saumon rôti avec une croute au sésame sur des épinards et de la purée infusée au wasabi avec des pois de soja et un bouillon au gout miso. C’est absolument délicieux.

Marga quant à elle a bien aimé mais sans plus, son plat était un tagine de patates douces avec épices marocaines, amandes et citron.

Pour finir, j’ai opté pour un gâteau cuit à la vapeur (se méfier, c’est excellent) avec une sauce butterscotch (un mélange de beurre et de sucre brun) et un pot crème anglaise, mmmm, mon taux de sucre dans le sang a atteint des sommets.

Marga pour achever son diner a dégusté une tarte aux noix et chocolat avec une crème glacée qui était de bonne facture. Le tout devant un bon feu de cheminée !

Notre avis sur le restaurant: on recommande et on y reviendra avec plaisir si on repasse dans les parages.

.

On s’en retourne repus et pensant déjà à notre journée du lendemain, dans la New Forest. Notre élan est coupé lorsque sur le chemin du retour il neige à gros flocons et que nous nous demandons si c’est une bonne idée de se taper 4 heures de rando dans la neige pour rentrer tard avec l’incertitude de se faire bloquer sur les petites routes de campagne.

.

5 février

.

Après notre nuit et le réveil en plein milieu de la neige on se décide finalement à rentrer après notre petit dej, mais convaincus qu’un prochaine visite à Winchester est envisageable et surtout pour parachever notre exploration de la région avec le parc national de la New Forest ou Southampton.

Pour des jours meilleurs !

Cote Ouest des Etats-Unis (Eté 2011 – 2e partie)

Lower Yosemite Falls

Cet article est la suite de la première partie de notre voyage sur la Côte Ouest des États-Unis en cet été 2011, publiée ici. Vous trouverez à la fin, comme pour mes précédents récits de voyage, la liste synthétique des endroits où on a mangé et dormi, avec des appréciations (de * = tout pourri, à ***** = esssstraordinaire !) pour donner à ceux qui prévoient un voyage similaire quelques pistes et bons plans. Je posterai un peu plus tard (en commentaire sans doute), un lien vers une sélection plus étendue de nos meilleures photos.

Jour 8 : vendredi 24

Le réveil est matinal, et il est assuré par une sympathique mouche qui vient tourner autour de nos oreilles à l’aube : bien reulou.

Nous gagnons le Yosemite Village, au cœur de la vallée : l’organisation est remarquable, le parc d’une façon générale est super propre et parfaitement aménagé (avec des navettes pour aller d’un point à l’autre de la vallée, vu qu’il y a en gros une demi-heure de marche d’un bout à l’autre). Les rangers par contre, ont visiblement pour consigne d’orienter les touristes vers les balades les plus pépères, et il n’a pas été facile d’obtenir des infos utiles sur les randos qu’on aurait pu faire… heureusement, nous avions préparé le terrain à l’avance, grâce à ce site vraiment excellent (*****) qui donne (gratuitement) le détail des randos, une carte topographique pour bien visualiser le parcours, des conseils pertinents et qui est rédigé avec beaucoup d’humour (personnellement, je suis fan – à la rigueur, on peut même lire les descriptifs de randos sans avoir l’intention de faire de rando, juste pour le plaisir !).

Nous commençons néanmoins la journée par LA rando la plus tranquille du parc, un classique qui peut même se parcourir en fauteuil roulant, et qui nous conduit en un quart d’heure à un chouette point de vue au pied des Lower Yosemite Falls (***). Il y a évidemment beaucoup de monde là et entre la vapeur d’eau qui nous douche légèrement et la foule qui se presse pour se prendre en photo devant les chutes (super trophée…), il est difficile de vraiment profiter de l’instant.

Nous prenons alors la direction d’une rando un peu plus ambitieuse, qui nous conduit d’abord au sommet du Sentinel Dome (super vue à 360° sur la vallée****). En redescendant, Vorti et Elise tentent de nous bricoler un itinéraire bis qui nous permettrait de rejoindre une autre piste (la Pohono Trail ou la Taft Trail… c’était pas très clair, ni sur nos cartes, ni dans les explications des filles). Autant les balades principales sont archi balisées, autant celles qui sortent un peu des sentiers battus sont pratiquement laissées à l’abandon : il n’y a aucun marquage nulle part, ce qui n’est déjà pas pratique, mais qui est même limite dangereux, même s’il n’y a pas de vrai risque de sérieusement se perdre dans cette partie du parc. Le sentier est aussi en partie recouvert par la neige, et les rangers qui nous ont renseignés n’étaient visiblement pas trop au courant de l’état de la piste. Du coup, faute de repères, il devient difficile de se situer et, fatalement, on se perd (ce qui nous donne quand même l’occasion de voir un ou deux points de vue très beaux, des chipmunks furtifs), et on se fait bouffer par les moustiques. Après moult débats pour décider si on allait continuer à essayer de trouver notre chemin à moitié au hasard (en suivant le courant d’un cours d’eau, en comptant sur les empreintes de pas dans la neige,…), la nécessité de traverser un marais pour poursuivre finit par faire convenir aux filles qu’il n’y a pas le choix : il faut rebrousser chemin (ce que Pierre et moi martelions depuis trois quart d’heure, en gros).

Heureusement comme nous étions partis tôt, la journée n’est pas gâchée par ce contretemps, et nous pouvons donc enfin nous rendre au Mariposa Giant Sequoia Park ****, qui abrite comme son nom l’indique, des séquoias géants. Tous sont impressionnants, dès celui qui trône sur l’aire de stationnement, mais certains en particulier sont terribles : j’en retiens notamment le Grizzly Giant*****, vieux de 1800 ans, haut comme un immeuble de 19 étages, avec des branches de 2M DE DIAMETRE (!!!), plus grosses que la plupart des arbres ; le séquoia couché au tout début du parc, dont la souche est haute comme deux hommes, est aussi pas mal : déraciné depuis des millénaires, il n’est toujours pas décomposé, du fait de la haute teneur en tanin du bois et de l’écorce des séquoias. Je garde enfin en mémoire l’arbre-tunnel, témoin de la folie des hommes, qui ont creusé dans la base de son tronc un passage suffisamment large pour y faire passer une voiture… une attraction touristique navrante, d’une époque où la conscience écologique n’était pas très avancée.

Nous dinons le soir à la maison, l’un des avantages d’avoir un condominium plutôt qu’une chambre d’hôtel.

Vue du Half-Dome depuis la Mist Trail

Jour 9 : Samedi 25

3 des 4 membres de notre équipée réclamaient une rencontre avec un ours, c’est chose faite ce matin, très furtivement, avec un jeune ours à la fourrure très foncée qui traverse la route en deux bonds, juste devant nous dans la montagne pendant que nous descendons vers le village ! Et comme c’est apparemment la journée des rencontres inattendues, une dizaine de minutes plus tard, c’est un coyote (peut-être un loup ?) qui s’avance, super pépère en plein milieu de la route alors qu’il va dans le sens inverse des voitures. Étonnant !

Un bus nous conduit ensuite du village jusqu’à Glacier Point en passant au pied d’El Capitan, un des pics les plus fameux du parc, que des grimpeurs du monde entier viennent pour escalader (ce qui leur prend entre 3 et 5 jours, avec des nuits passées à dormir dans des corniches et des anfractuosités… personnellement, je trouve ça super l’escalade, mais ça c’est sans moi !). Le conducteur du bus est aussi un guide et il donne pas mal d’explications intéressantes sur le parc… mais au fond de nos confortables fauteuils et bercés par le ronron du moteur, Vorti et moi ne parvenons pas à rester éveillés jusqu’au bout.

On a depuis ledit Glacier Point une belle vue panoramique sur la vallée en contrebas***, mais ce n’est que le début de la balade donc nous ne nous attardons pas. La rando est en descente pratiquement tout le temps, ce qui est moins fatiguant que l’inverse, mais qui reste assez éprouvant pour les jambes, sollicitées en permanence. Pierre se blesse à la cheville au premier dixième du parcours en butant bêtement sur un caillou : on a cru au départ qu’il en rajoutait pour la blague, mais en fait il a donné quelques signes de malaise donc on arrête rapidement de rire pour lui laisser le temps de se remettre. Comme après quelques minutes et malgré un boitement assez prononcé, il se sent néanmoins capable de poursuivre, on reprend alors la route. Celle-ci passe devant une première chute, Illilouette Falls***, vue de face et légèrement en surplomb ; puis c’est Nevada Falls***** et là on passe au-dessus, autour, sur les côtés… je retrouve un peu les sensations d’Iguazu et c’est vraiment très plaisant. Suit enfin Vernal Falls*****, qui est la cause de l’origine du nom de la piste : Mist Trail. Le site Internet ne blaguait pas quand il disait qu’on emporterait un peu du parc avec nous, les gouttelettes en suspension qui s’échappent de la cascade arrosent tout le monde autour sur tout le trajet et tout le monde repart donc avec une bonne quantité de flotte !– très marrant, même s’il faut faire attention parce qu’on passe à ce moment-là sur une grosse descente sur des rochers glissants et que ça bouchonne un peu (j’ai fait une glissade qui aurait pu être plus dramatique qu’elle n’a été, sur un gros rocher incliné en ne percevant pas parfaitement à quel point malgré son apparence il n’offrait aucune adhérence). C’est un passage magique, car dans le soleil, cette bruine génère des arc-en-ciels permanents, partout, de toutes tailles (c’est la première fois que je vois le pied d’un arc en ciel!). Une rando à faire impérativement*****!

Nous avons eu beaucoup de chance pour notre séjour à Yosemite, les conditions étaient idéales (un temps beau mais pas trop chaud, des cascades denses et puissantes (la période de fin de printemps/ début d’été est le meilleur moment de l’année pour profiter de la beauté des chutes). C’est un séjour que je recommande vraiment, dans ces conditions-là en particulier.

Le soir à l’appartement, nous découvrons que la cheville de Pierre est grosse comme une bonne tomate, même si elle reste couleur chair : il a l’air de s’être fait une bonne entorse, et alors qu’on avait cru qu’il en rajoutait au moment du choc, il s’est en fait montré héroïque (inconscient ?) d’avoir été jusqu’au bout de la rando en subissant plus de 6h de marche avec une cheville dans cet état…

 

Jour 10 : dimanche 26

Une station service abandonnée, la chaleur oppressante, une canette qui roule dans le vent... ambiance !

Nous commençons la journée par un détour jusqu’au village de Yosemite pour consulter un docteur pour Pierre, mais le centre n’ouvre qu’à 9h du matin, contrairement à ce qu’annonce le Lonely Planet (décidément souvent en défaut depuis le début du voyage). Vu que 12 heures de route nous attendent, on ne peut pas se permettre d’attendre qu’ils ouvrent, donc on repart illico.

On fait une 2e tentative de consultation dans une pharmacie CVS (une chaîne de pharmacies… no comment !) sur la route, mais il n’y a pas de docteur sur place (on est dimanche), et on se contente donc d’y acheter une chevillère. La 3e tentative de trouver un médecin (dans un autre CVS) sera la bonne, mais celui-ci n’a visiblement pas grand chose à faire de la blessure de Pierre et ne la regarde même pas, se contentant de lui donner… de l’Ibuprofène. Suuuper ! Ça valait vraiment la peine de courir partout pour trouver un médecin !

Le midi approche, et Pierre repère un In-n-Out sur la route, une chaîne de fast-food que tout le monde a recommandé à Pierre comme l’équivalent Californien de l’excellent Shake Shack New-Yorkais. On s’embrouille un peu à la sortie de l’autoroute, et on se retrouve à tourner en rond dans le coin à la recherche du resto, sans le trouver, mais on insiste parce que la chaîne a été hyper vantée à Pierre… et qu’on a faim ! En fait, le resto a été pas mal survendu**, même s’il est relativement original dans son genre : le menu est hyper-standard (3 burgers possibles, il n’y a que des frites en accompagnement…), la boisson est à discrétion du visiteur, à la fontaine. Donc le menu… c’est simplement le choix entre trois burgers ! J’assiste quand même à l’épluchure et au découpage des patates qui sont ensuite cuites sur place (et qui donnent d’assez bonnes frites, d’ailleurs), ce qui est une qualité rare et inattendue dans un fast-food. Les burgers, eux, sont plutôt anodins.

La route occupe le reste de notre journée. Sur le chemin, nous assistons à la naissance un peu flippante mais à la mort quasi immédiate dans la foulée, de 2 mini-tornades dans des champs sur la route ; nous voyons au loin passer un train interminable, long de peut-être cent (peut-être plus encore !) wagons de  marchandises. Et nous finissons la route de nuit, ce qui n’est jamais pratique ni confortable dans une région qu’on ne connaît pas, mais qui reste très gérable en l’occurrence puisqu’on suit de très grands axes. Tant qu’on y est, on tente pour notre repas du soir de trouver un diner typique, mais ce n’est pas facile de trouver quoi que ce soit aussi loin sur la route et dans la nuit ; on s’arrête deux fois dans des aires glauques (l’une qui rappelait la station perchée en haut d’une colline de Planète Terreur, l’autre les coins désolés où des habitants dégénérés se marient entre eux), et finalement, on dine dans un Denny’s qui propose des tas de plats différents (à l’américaine, quand même – des burgers, divers trucs frits, etc.). C’est assez sympa de diner dans l’ambiance d’un diner (avec la serveuse au look bien 80′s qui sert du café comme dans les films, en étant assis dans des banquettes en cuir comme dans les films, etc.) mais la bouffe est moyenne**.

Le repas achevé, on fait un peu de navigation à vue dans le Grand Canyon Village dans le noir, jusqu’à trouver notre résidence. Quand nous arrivons à l’hôtel, la nana de l’accueil nous fait l’impression qu’on vient juste de la réveiller, mais pour nous c’est avant tout le soulagement d’avoir réussi l’épreuve de la journée de route (partis à 8h du mat, arrivés 23h45…) sans incident (notamment mécanique : je redoutais la panne ou le pneu crevé) qui domine, et je me couche soulagé.

Jour 11 : lundi 27

Le Grand Canyon, depuis la Rim Trail

Le Grand Canyon, depuis la Rim Trail

Après la longue journée de route de la veille, nous nous levons tard, et après un long petit dej au Bright Angel Lodge, nous débutons réellement la journée à 12h… ce qui n’est pas idéal dans un endroit comme le Grand Canyon, où la période de la mi-journée, la plus chaude, est normalement consacrée au repos, le départ des excursions étant recommandé aux moment plus « frais » du petit matin ou de la fin d’après-midi.

Du coup, nous adaptons notre programme, et commençons par la Rim Trail, une balade à pied sur sol plat, sur la partie ouest du plateau supérieur du Canyon avec possibilité de passer d’étapes en étapes via la navette qui parcourt la corniche. La piste, complètement aménagée, est idéale pour les conditions dans lesquelles nous la parcourons, mais par contre, elle n’est pas franchement trépidante pour quelqu’un qui aime marcher ; quant au paysage, que je ne trouve étonnamment pas très beau ni même impressionnant, mais qui par contre est très répétitif, il me laisse froid.

Plus tard dans l’après-midi, vers 16h30, quand le soleil est plus bas et moins chaud, nous descendons dans le canyon par l’une des deux autres pistes principales du Canyon, la Bright Angel Trail. Pénétrer dans le canyon au lieu de le surplomber donne une vue différente du canyon, un peu plus séduisante mais sans être exceptionnelle à mon goût. On descend pendant une heure sur un chemin très pentu, mais régulièrement à l’ombre -un privilège rare !- ce qui nous préserve largement de l’épuisement qui peut frapper les marcheurs dans le canyon. Nous nous montrons prudents et attentifs aux précautions rappelées partout : il faut boire beaucoup (1 litre par heure par personne), ne pas aller trop loin… et comme le Grand Canyon est clairement l’un des endroits du monde où je n’ai pas envie de jouer les marioles, nous remontons ensuite en 1 heure (au même rythme, donc, que la descente, pas mal !)… avec, forcément, la frustration de n’avoir pas vu grand chose, même si cette deuxième randonnée nous a permis de mieux nous rendre compte du gigantisme du canyon (entre 1 300 et 2 000 mètres de profondeur) et de la distance qui sépare vraiment la corniche (d’où commencent toutes les randonnées) du premier plateau (qui se trouvait encore bien loin de là où nous avons arrêté notre descente).

Mon copain l'insecte

Nous assistons le soir au coucher du soleil sur le canyon. Joli, mais personnellement, je suis davantage excité par le fait qu’un drôle d’insecte volant à longues antennes a jeté son dévolu sur moi, se posant sur mon épaule puis restant perché sur mes doigts un bon quart d’heure, faisant de moi une attraction pour les photographes et les enfants (avec en particulier deux jeunes ados qui m’ont dit que mon insecte était trop cool, pensant apparemment qu’il était apprivoisé ! ^_^).

Le repas du soir à l’Arizona Room**, gros restaurant pour familles de touristes, est sans surprise à l’image du reste de la journée : plutôt moyen.

 

Jour 12 : mardi 28

La matinée de la veille avait été volontairement sacrifiée pour nous permettre de récupérer de la journée de voiture qui avait précédé, mais pour ce deuxième jour au Grand Canyon, nous avons programmé une « vraie » rando, et nous nous sommes organisés en fonction. Nous arrivons donc tôt au départ de la South Kaibab Trail, réputée beaucoup plus exigeante que celles que nous avons fait la veille. Elle s’avère finalement assez semblable, au moins sur le début, puisqu’on ne fait que descendre en lacets le long du chemin. Pas grand chose de neuf niveau vues ou sensations, mais encore une fois nous profitons de conditions favorables pour nous (des nuages qui nous protègent en bonne partie d’une exposition directe au soleil, une température supportable). Cela ne nous fait pas oublier pour autant les dangers de cette excursion, et bien que nous ne sentions pas particulièrement fatigués, nous ne poussons pas au-delà de la première station, là encore à 1 mile et demi du point de départ. Nous passons un petit moment sur ce point d’étape très classique, Cedar Ridge, pour admirer le point de vue (qui me laisse toujours essentiellement froid), nous restaurer un peu tout en repoussant les écureuils pas farouches qui tentent de nous chiper de la bouffe (et qui réussissent même leur raid sur le sandwich d’une touriste à 10 mètres de nous… L’environnement est plus hostile à la propriété personnelle que la Cité des 4000 !), puis nous remontons en une heure et quelques sans problèmes.

Au final, sortir de ces randos dans le Grand Canyon sans réelle fatigue est assez inattendu, mais je suis bien conscient que c’est parce qu’on a bien suivi les avertissements, qu’on est qu’en fin juin et que les températures ont été clémentes ; ça me laisse forcément un petit arrière-goût d’inachevé et compte tenu de ces conditions particulièrement favorables, on aurait probablement pu se permettre d’aller un peu plus loin… j’aurais aimé pousser jusqu’aux deuxièmes stations de chaque rando, mais compte tenu des risques, on a forcément tendance à se méfier des impressions qu’on peut avoir pendant la marche : le fait, en particulier, que le parcours commence par une descente et finisse par une remontée doit être particulièrement traître quand on décide d’attendre de ressentir la fatigue pour faire demi-tour…

Vue depuis la Desert View Drive

Vue depuis la Desert View Drive

Nous quittons ensuite la ville de Grand Canyon, et prenons la voiture pour suivre la Desert View Drive*** qui longe la fracture du Canyon par l’est et offre de nombreux points de vue, plus variés à mon goût que ceux de la partie ouest que nous avions parcourus le premier jour… mais il me faut moins d’une dizaine d’arrêts pour saturer et me désintéresser de ce panorama somme toute assez répétitif.

La journée avançant, nous filons donc ensuite droit vers Page, notre prochaine ville-étape. Nous avions entendu parler de HorseShoe Bend, un point surélevé qui surplombe un méandre du Colorado (le fleuve) qui forme un « U », ou pour utiliser la métaphore du nom du lieu, celle d’un fer à cheval. On avait vu de belles photos de l’endroit, mais on avait renoncé à y aller parce qu’il était censé être assez loin de là où on passait, et qu’on ne pouvait pas se permettre un trop gros détour… et en fait, il était sur notre route pour Page. On y est arrivés donc de façon totalement imprévue, à un moment particulièrement propice -le coucher du soleil-, et combiné à la beauté du site, ça a donné un moment vraiment magique*****. Je recommande de toutes façons l’endroit, mais je pense que les circonstances dans lesquelles on y est arrivé ont contribué à en faire un moment inoubliable.

Coucher de soleil sur le Horseshoe Bend

Coucher de soleil sur le Horseshoe Bend

On en dira pas tant du dîner au Taco Bell* (c’est un classique du fast-food US, à la cuisine d’inspiration mexicaine – on y mange burritos, fajitas,… et tacos bien sûr). Même si ce repas était à la limite du décent, il m’a permis de découvrir concrètement ce qu’était cette chaîne (qui propose quand même les menus les moins chers de l’univers, à 2$ avec un « sandwich », des nachos (en sachet alu individuel !) et une boisson), mais aussi ce qu’est le Dr Pepper, qui comme les autres boissons dans les fast-food US, est servi à volonté directement à la fontaine (et le Dr Pepper en fait, c’est très bon !). Bref, niveau gastronomique : zéro, mais niveau enrichissement culturel… euh… oh, c’est bon, j’ai quand découvert deux trucs en une soirée, c’est déjà pas mal, non ?

 

Jour 13 : mercredi 29

Upper Antelope Canyon

Upper Antelope Canyon

Il faut réserver à l’avance pour visiter le Upper Antelope Canyon****, situé sur un territoire administré par les Navajos, et on ne peut y accéder qu’accompagné par les guides indiens (qui sont en fait des gars comme vous et moi, ne vous attendez pas à du faux folklore), après avoir été emmenés dans des camions de transport de bétail (ou à peu près)… le trajet secoue pas mal, vu que les camions roulent relativement vite sur des pistes cahoteuses de terre ou de sable, mais j’ai trouvé ça plutôt rigolo. Le canyon consiste en un passage étroit d’environ deux mètres de large, creusé dans le grès orange-rose par l’érosion. La texture et la couleur de la roche sont très plaisants, même si l’heure à laquelle on y est allés n’était visiblement pas idéale pour créer les jeux de lumière qui peuvent s’y produire. Il y a aussi de jolis passages où des filets de sable coulent des plateaux supérieurs le long des parois et jusqu’au sol – une tentation mortelle pour les photographes, qui ont dû passer ensuite plusieurs dizaines de minutes à nettoyer minutieusement leurs appareils – personnellement, je n’aurai pas pris le risque d’enrayer définitivement un mécanisme ou de rayer un objectif, et même si j’imagine que certaines photos seront splendides, comme dans pas mal d’endroits, je pense qu’on peut parfaitement se séparer de son appareil arrivé à ce point de la visite pour profiter du moment avec ses yeux seuls, ce qu’apparemment tout le monde ne peut pas faire… J’imagine que l’endroit doit avoir une atmosphère de secret très excitante quand on le parcourt seul, mais là c’était blindé de monde et sauf à avoir un sauf-conduit ou énormément de pot, il doit être excessivement rare de le visiter dans de meilleures conditions, hélas. Sur le retour, les groupes qui nous précédaient et succédaient étant un peu éloignés de nous, j’ai quand même pu profiter pendant quelques secondes du plaisir d’y avancer complètement seul, et ainsi avoir une idée du bonheur que ça doit être de le découvrir dans ces conditions. En bref, un endroit à éviter pour les agoraphobes, ou les allergiques aux groupes de touristes, mais qui vaut quand même la visite. A noter qu’il existe aussi une visite possible du Lower Antelope Canyon, dont on ne saura pas si elle était plus intéressante ou fréquentée que celle-ci.Upper Antelope Canyon

Après cette visite, direction Las Vegas, baby ! Bon, le chemin a  été un peu plus long que prévu, le Neverlost (le GPS maison qu’Hertz installe « en dur » dans ses voitures de location) nous fait passer à l’intérieur du Zion National Park, ce qui nous fait au départ grincer des dents (25$ de droit de passage quand même), mais qui nous permet de découvrir un endroit assez joli*** et à taille plus humaine que le Grand Canyon, dans lequel il doit être possible de passer un peu de temps en profitant davantage des balades. A découvrir.

L’arrivée à Las Vegas est à la fois excitante et terrifiante. D’un côté, c’est le délire de la surenchère permanente, et c’est assez drôle à voir et à vivre ; d’un autre, c’est quand même plutôt un cauchemar qu’un rêve, et personnellement, j’ai plutôt vu le côté sordide de ces casinos tape-à-l’œil alignés sur des miles, dans lequel des joueurs appuient passivement sur les boutons de milliers de machines à sous en attendant vainement et sans passion que le jackpot tombe, le tout dans un vacarme permanent, tandis que des danseuses peu vêtues à l’air triste tentent d’attirer l’œil du public déjà capté par les écrans omniprésents qui diffusent des images -dont essentiellement des pubs- en continu.

Zion National Park

Zion National Park, depuis la voiture

Nous dînons au Society Café*** de l’hôtel Encore, dans l’une des extensions du Wynn, l’un des casinos les moins kitsch de la ville (mais toujours aussi fier de son pognon). Cher, mais plutôt bon, même si je ne garde pas un souvenir resplendissant de mon « Surfin’ American Kobe Burger » à la langoustine : eh… j’avais pas compris qu’il y aurait AUSSI DU BŒUF dans le burger ! Ça m’apprendra à vouloir être original… On sort relativement tard du restaurant avant d’enchaîner la visite de quelques-uns des casinos typiques de Las Vegas : le Venetian, qui recrée (hem) l’ambiance de Venise en miniature ; le Ceasar’s Palace, dans une ambiance à la Romaine antique (mais sans les figurants en tenue romaine ou égyptienne que je m’attendais à y trouver) ; le Flamingo, où des flamants roses dorment dans un coin du parc… C’est sur cette dernière triste vision que nous décidons d’aller nous aussi nous coucher, vannés, à 2h du mat’, dans notre lit king size du luxueux (mais peut-être pas tant que ça selon les standards de Vegas) hôtel Planet Hollywood (dans la Planet Hollywood Avenue : ici, les hôtels ont chacun leur rue à leur nom !)

 

Jour 14 : jeudi 30

C’est le jour du départ, et nous quittons nos deux amis pour prendre un premier vol qui nous fera rejoindre San Francisco avant de repartir vers Paris (la solution paradoxalement la plus économique pour rentrer chez nous). Une fois n’est pas coutume, le GPS craque et ne nous emmène que très difficilement jusqu’à l’aéroport. Étonnamment, on n’a pas trouvé de station sur le chemin, et du coup on rend la voiture sans le plein (ce qui est toujours une mauvaise idée avec les voitures de location). Le coût : 103 $ ! (9$ le gallon au lieu de 3,69$ dans les stations, ça fait plaisir).

Las Vegas

La vue sur Las Vegas depuis notre chambre

Nous aurons parcouru au total 1820 miles (2928 km) en 11 jours. Quand même un bon road trip, non ?

 

Les endroits où nous avons dormi :

Note : je ne retiens les pommes de douches inamovibles comme critère négatif pour aucune de nos chambres, puisque c’est apparemment la norme dans tout l’ouest des États-Unis. Super pratique… Les matelas par contre, étaient partout de bonne qualité, fermes et larges.

A Yosemite : Yosemite’s Scenic Wonders*** : pas grand chose à redire sur ces condominiums (appartements) à louer, spacieux et propres, même si le fait de se retrouver parqués dans des espèces de barres en plein milieu des bois n’est pas très enthousiasmant a priori. La proximité des voisins n’a pas été un problème non plus. Attention, ce n’est pas directement situé dans le Village, il y a vingt minutes de voiture pour le rejoindre, environ, mais c’est quand même dans le parc, et cette courte distance n’est vraiment pas un problème.

A Grand Canyon : Yavapai Lodge***: des chambres d’hôtel de plain-pied de qualité décente, situé à proximité (enfin, il faudra quand même prendre la voiture, hein) des départs de randonnées principaux. Un bon compromis.

A Page : Holiday Inn Express**: Est-ce qu’on y était à un moment particulièrement inapproprié ? Rien à redire sur les chambres, propres et spacieuses ; par contre, le reste des promesses n’est vraiment pas tenu : on était tout contents (enfin, les 3 autres, pas moi : je n’avais pas encore débranché du mode « gros reulou qui a passé la journée en voiture ») en découvrant qu’il y avait une piscine. Mais en fait, elle n’est pas éclairée la nuit (ok on avait qu’à y aller de jour), et surtout elle est ridiculement petite (ça, ça ne change pas en fonction de l’heure à laquelle on y va) – à réserver à ceux qui veulent épater leurs amis en leur annonçant qu’ils ont fait plus de 100 longueurs en une heure sans leur révéler que les longueurs en question étaient de 5m. Le Wifi était en panne pendant les 2 jours où on y est restés (comment ça, ce sont des plaintes de bourgeois occidental ?!?), et le petit-déjeuner était… comment dire ? A la fois misérable et surpeuplé (c’est quand même honteux d’avoir un si grand hôtel et de réserver une salle de 20m² pour accueillir le petit déjeuner ! Truc énorme, il y avait même une chambre dont la porte d’entrée était dans la salle à manger !! J’espère que les gens qui ont dormi là n’ont pas payé cher…).

Las Vegas : Planet Hollywood** : chambre bling-bling à mort avec en déco des photos pourries de « stars » d’Hollywood (Don Johnson pour nous, Bridget Fonda pour Pierre et Élise) et des objets « souvenirs » tirés de leurs films. On avait quand même la chance d’avoir une chambre en hauteur avec une vue qui en jetait, surtout de nuit, et qui donnait sur la place en face du fameux Bellagio, d’où on a pu « admirer » le show des jets d’eau (pas terrible en fait). L’hôtel lui-même, par contre, est un vrai cauchemar, mais qui doit être assez typique des hôtels de Las Vegas (on parle de « resorts » là-bas) : démesuré, mêlant des magasins, des casinos, on a passé notre temps à s’y perdre (en commençant par le parking, pour trouver où on avait le droit de ranger la voiture !). Au point que j’avais peur de ne pas trouver l’endroit où il faudrait qu’on rende les clés le lendemain. Pas du tout mon truc.

Les endroits où nous avons mangé :

A Grand Canyon Village :

Bright Angel Lodge*** : petit déjeuner correct et copieux dans un vaste chalet en bois. Comme souvent aux États-Unis, on a du mal à déterminer si l’ambiance « Old West » est authentique ou totalement artificielle…

Arizona Room** : repas très moyen dans un restaurant habitué à servir des centaines de touristes chaque soir. Cela dit, je ne pense pas qu’il y ait vraiment d’endroit qui échappe à cette définition dans le village, hein…

Las Vegas : Society Café*** de l’hôtel Encore : un repas cher, mais raffiné. Ça fait du bien après les fast-foods et les restos familiaux pour touristes qu’on a éclusés, mais l’ambiance guindée n’est pas non plus mon truc.

 

Andalousie, septembre 2011 (1/2)

Paris – Séville – Grenade


Généralement, lorsque l’on part en vacances, Céline et moi on essaie à chaque fois de prévoir large au niveau transports, correspondances, imprévus et tout. Nous sommes plutôt des lève-tôt, mais les jours de départ, on a encore plus de facilités à se lever aux aurores et de fait, ça s’est toujours bien passé (surtout grâce à elle, il faut le dire ^^).

Les jours précédant notre départ, entre les cartons pour le déménagement, le tri en vue du déménagement, les démontages de meuble pour le déménagement, les réservations de la camionnette pour le déménagement et certains problèmes personnels qui nous ont pris pas mal de temps et d’énergie, on avait eu du mal à planifier correctement notre voyage (pour tout dire, 15 jours avant le départ, on hésitait encore avec la Grèce).


Puis on s’était décidé : ce serait un road-trip en Andalousie !


Ce matin-là du départ, donc, au moment de rentrer ma douche, je me penche (la savonnette, tout ça…) et je sens un « truc » au niveau de ma nuque et une douleur fulgurante qui me bloque complètement le cou (le COU, j’ai dit !). Peut-être à cause de la fatigue, peut-être à cause du stress, je venais de me coincer la nuque, et en plus d’une douleur lancinante, j’avais super mal à chaque mouvement… Et même la force du jet d’eau, dont j’aurai pu penser de prime abord que ça me masserait un peu, me fit grimacer.


Arrivés tant bien que mal à l’aéroport, je suis passé dans une pharmacie acheter une pommade et un anti-inflammatoire (pour le cachet, la pharmacienne m’avait prévenu des effets secondaires de somnolence, mais après tout, il y avait un pilote dans l’avion j’avalai le comprimé immédiatement).

Ce cachet kikoolol m’a assommé direct et moins de 10 mn après, je dormais comme une merde sur un banc sur les genoux de Céline, plongée dans le Trône de Fer. Juste avant que je ne ferme les yeux, elle me fit remarquer qu’on ne s’était jamais fait appeler au haut-parleur… Et avant de sombrer vraiment, je lui indiquais, à tort, que l’heure d’embarquement indiquée signifiait « à partir de ».

De la boue !

Cette combinaison d’indices vous laisse deviner la suite : je me suis réveillé en sursaut parce que j’entendais mon nom dans un haut-parleur, Céline toujours plongée dans les démêlés des Stark et des Lannister : « dernier appel pour les voyageurs Tigre et Dragon, je répète, les passagers Kwarz et You-Pong sont priés de se présenter de toute urgence porte nanani nanana ». La merde !! On a couru comme des dératés, franchi tous les contrôles in extremis et sauvé notre début de voyage de justesse (l’hôtesse était en train de chercher les références de notre second bagage pour annuler les deux de ses petits doigts manucurés). Tout ça, sans tourner la tête !

On s’est assis dans la cabine, on a bouclé nos ceintures et on a décollé : j’ai eu l’impression que tout le monde nous faisait la gueule :D


Pour des raisons budgétaires et pratiques (si, si), on avait pris un vol Paris-Séville alors même que l’on voulait commencer notre séjour andalou par Grenade.

Arrivé à Séville, donc, et après avoir récupéré notre voiture de location (on avait pris la formule la plus économique possible tout en tablant sur une 5 portes), on s’est retrouvé sur l’autoroute avec une KIA Picanto, voiture que je vous déconseille absolument. Outre le fait que l’allume-cigare ne fonctionnait pas (ce qui ne doit pas dépendre du modèle, a priori, mais qui nous a privé de GPS durant tout le séjour : on verra qu’il nous aurait pourtant bien servi… Heureusement, on avait acheté une carte routière au dernier moment, au cas où), tout dans ce véhicule transpire l’économie de bout de chandelle et même la conception douteuse : et notamment, ¡ puta madre que los pario !, pourquoi avoir foutu un morceau de plastic noir au milieu en haut du pare-brise arrière ?? Pendant tous les trajets, ça nous a emmerdés (surtout moi en fait, à cause de ma taille), nous obligeant à nous tortiller pour bien voir derrière nous (et rappelez-vous, j’avais déjà mal au cou).

Seul point positif de ce tacot : sa couleur, orange apocalypse…



Après un peu de route (quasi désertique tant au niveau de l’autopista que des paysages), nous sommes arrivés à Grenade. Et c’est là, par exemple, que l’absence de GPS s’est bien faite ressentir… Car en Espagne, le nom des rues, ce n’est semble-t-il, qu’une option, une fantaisie sans valeur officielle : certaines artères n’ont tout simplement pas de nom affiché ; certaines autres arborent une plaque à une intersection mais pas à l’autre ; d’autres encore et ça devient là complètement fou, ne sont pas indiquées sur les plans (alors même que des rues plus modestes le sont) et certaines apparaissent sur le plan avec un nom différent mais parfois proche, de la réalité (le plan indique que la prochaine à droite est la rue « Carmen de la Sierra » ; arrivés au coin, nous nous engageons dans la rue sur 250 m pour trouver une plaque indicative, qui mentionne « Carmen Cienfuegos Pelotuda de la Sierra Leon » : même rue ? Pas la même rue ?? Raaah !

Autant dire qu’à Grenade et Séville notamment, nombreuses sont les fois où nous avons tourné en rond, sorti la carte, mendié des indications au passants…



Grenade


Bref. On est arrivés à Grenade, on a trouvé l’hôtel plus ou moins facilement (c’est sympa d’indiquer les hôtels proches par des panneaux directionnels, ce serait mieux de le faire jusqu’au bout… Ou mieux, d’indiquer les noms des rues, hein, et on se serait débrouillés…). Nous avions choisi le Macía Grán Vía Hotel, pour son emplacement à proximité immédiate du centre historique de Grenade, et nous n’avons pas été déçus : de standing moyen-plus (mais pas trop cher), l’hôtel était réellement très bien situé, c’était propre, climatisé et le personnel accueillant.

Nous avons beaucoup-beaucoup aimé Grenade, une des plus belles villes d’Espagne que j’ai eu le plaisir de découvrir (avec Barcelone, visitée l’année dernière, et Séville un peu plus tard lors de ce même séjour).

Je ne vais pas vous détailler par le menu le programme des 3 jours que nous y avons passé, sinon ça ferait un article interminable (un peu comme ceux de Stéphane), et puis, honnêtement, vous vous en fichez bien (un peu comme de ceux de Stéphane), mais proposer aux futurs voyageurs andalous quelques clés et ressentis de notre séjour?

Tout d’abord, un premier bon plan, c’est le Bono Touristico, que l’on vous recommande et grâce auquel on a pu accéder à plusieurs sites et utiliser les bus locaux à des tarifs avantageux (le pass est à peine plus cher que la seule entrée à l’Alhambra). A noter que contrairement aux tonterias que nous a raconté la job été du guichet, le pass n’est pas valable un certain nombre d’heures à compter du moment où vous l’activez, mais un certain nombre de jours pleins, y compris celui où vous l’achetez (autrement dit, vaut mieux le prendre tôt le matin que vers 17h en n’ayant rien de prévu en termes de visites payantes pour la soirée…).


Sans entrer dans les détails, on a commencé par visiter l’Albayzin, le vieux quartier historique de Grenade (notez : « vieux » et « historique ») ; excentré, ce barrio tortueux à très fort dénivelé (classé au patrimoine mondial de l’UNESCO) propose quelques bonnes tables et panoramas et nous y sommes retournés deux fois pendant notre séjour pour y déguster des spécialités locales, et jouir de vues sympathiques sur l’Alhambra et la Grenade moderne (notamment à partir du Mirador San Nicolas, une petite place où se côtoient marginaux, touristes et groupes de flamenco ; au coucher du soleil, on y voit les murailles de l’Alhambra prendre des teintes cuivrées assez photogéniques). J’ai particulièrement apprécié la pause que nous nous sommes octroyés sur une chouette terrasse cosy, affalés dans de moelleuses banquettes comme des larves fatiguées, à regarder le soleil se coucher sur l’Alhambra en sirotant des cocktails.

En termes de quartier, on a également beaucoup déambulé dans le centre historique de Grenade (« historique » mais pas « vieux ») : un poil trop touristiques et commerçantes (les castagnettes et les poupées de danseuse flamenco, ça va un moment…), les petites rues notamment autour de la cathédrale ne manquent pour autant pas de charme. On y a passé des heures à flâner, à aller de visite en visite, à déguster des tapas et… à chercher notre chemin. Puisqu’on y est, on recommande absolument la visite de la cathédrale de Grenade : de l’extérieur, le bâtiment est assez massif, mais de l’intérieur, la gestion des espaces, les couleurs et les lumières le rendent gigantesque, très aéré et… il y fait super bon quand dehors on avoisine les 40°.


Après l’avoir vu de dehors, on a également visité l’Alhambra, évidemment, et on a adoré (évidemment).

J’ai du mal à traduire en mots la beauté de ces hectares de palais, de jardins, de fontaines et de vieilles forteresses surplombant la ville nouvelle. Quelques sites étaient fermés pour rénovation, quelques autres d’une extrême beauté ne donnent rien en photo, mais c’était sincèrement très très beau et exceptionnellement bien conservé.

On y a passé presque toute l’après-midi (les tickets sont valables une demi-journée), visite (sur rendez-vous) des palais nasrides comprise (visite qui est en option, mais immanquable).

Enfin et pour conclure, on a également apprécié un spectacle de flamenco auquel nous avons assisté aux pieds de l’Albayzin, on a enfin pu faire du Segway (depuis le temps que je voulais tester !, l’excursion nous a mené au cœur de Sacromonte, le quartier gitan de Grenade, encore un peu plus escarpé que l’Albayzin .

A propos, saviez-vous que l’inventeur du Seagway, Jimi Heselden, un ancien mineur devenu millionnaire, est mort en 2010 aux commandes  d’un Seagway en tombant d’une falaise ?

Céline a moyennement apprécié le Parque de las Ciencias dont il est vrai qu’il était quelconque, si ce n’est quelques sculptures mobiles assez impressionnantes (imaginez un pilier de roc, à l’intérieur duquel circule un jet d’eau vertical vers le haut ; sur ce pilier, une pierre, parfois de plus de 50 kg, pivote continuellement sur elle-même à la seule force de l’eau, alors que celle-ci est projetée à très faible puissance).

Parmi les sites conseillés dans le guide Michelin et par Le Routard, on a peu goûté la visite à l’autre bout de la ville de la Cartuja, un monastère finalement quelconque ; de même pour le monastère San Jeronimo et la Chapelle Royale, qui ne nous ont pas marqué plus que ça.

Et malgré de nombreux frais imprévus à la fois juste avant le voyage et durant les premiers jours du périple, on a fait cramer la carte bleue et on s’est offert une fin de soirée aux baños arabes : un hammam de luxe extrêmement beau avec bassins, salles de repos, sauna, massages, musique envoûtante, thés à la menthe et tutti quanti.

Tout ça, et même beaucoup plus, en trois jours : nous étions contents de fuir la grande ville et de reprendre la voiture direction le sud-ouest de l’Andalousie et plus précisément le petit village perdu dans la montagne, Vejer de la Frontera !