Archive for Stoeffler

Les sorties CDs : Avril 2013

En avril, ne te découvre pas d’un fil disait ma grand-mère.

Mais quelles sont les sorties du mois, vous demandez-vous ?


The Flaming Lips, Terror


Bring Me The Horizon, Sempiternal


Cold War Kids, Dear Miss Lonelyheart et le morceau Fear and Trembling


Alkaline Trio, My Shame Is True et le titre I wanna Be A Warhol


New Kids On The Block (la bonne blague…), 10


Killswitch Engage, Disarm the Descent et la chanson In Due Time


Stone Sour, House of Gold & Bones – Part 2


Paramore, Paramore et le morceau Now


Fall Out Boy, Save Rock and Roll


Michael Bublé, To Be Loved et la chanson It’s A Beautiful Day


Yeah Yeah Yeahs, Mosquito et le titre Sacrilege

Will.i.am, #Willpower


Deep Purple, Now What ?!


Phoenix, Bankrupt ! et le single Entertainment


Killing Joke, The Singles Collection 1979-2012


Assez chargé ce mois d’avril, à part Yeah Yeah Yeahs et ce clip sympa, il n’y a pas grand-chose qui m’emballe.


Et vous, qu’est-ce que vous allez acheter ?

Censure!

J’ai remarqué quelque chose récemment : en vieillissant je ne cache plus trop ce que je pense. Si lors de mon adolescence, j’ai peut être pris des partis auxquels je n’adhérais pas forcément, j’ai grandi à l’opposé, quitte à avoir été traité de vieux con (communiste) ou encore de modèle d’intolérance. Il y a pas mal de choses qui m’énervent je dois l’avouer, certaines plus importantes que d’autres, mais je trouve qu’il est parfois bon de passer un coup de gueule, car même si ce que je vais écrire peut paraitre négligeable, si on y réfléchit bien, c’est la porte ouverte à toute les fenêtres !

Et cette fois-ci, c’est allé un peu trop loin !


Cette semaine, j’ai vu deux fois le même épisode d’une série (dont je ne citerai pas le nom, car cela serait hors-propos). La différence entre l’un et l’autre, c’est que la première fois, l’épisode a été diffusé à 22h et la deuxième fois à 18h30. L’autre différence, c’est que l’épisode diffusé dans l’après-midi a été censuré, ce qui a première vue pourrait éventuellement se comprendre (encore que, parce que franchement ce qui a été retiré…), mais les dialogues étant frais dans ma tête il se trouve que j’ai parfaitement compris ce que la chaine a évité de diffuser : toute allusion à une activité sexuelle dénuée de sentiment.

Car le mot sexe a été prononcé plusieurs fois sans soucis lors de l’épisode, mais dès qu’il était sous-entendu que l’activité était juste l’assouvissement d’un plaisir (tout comme faire un bon repas par exemple), la chaine s’est empressée d’éditer ladite scène et de raccourcir les dialogues, voire d’en altérer le sens complet.


J’ai fait quelques recherche en me disant que j’exagérai peut être un peu les choses et c’est en tapotant sur le net que j’ai découvert le Watershed. En gros c’est une tranche horaire durant laquelle une chaine de télévision décide ou non de diffuser certains programmes, selon leur contenu. En Angleterre, ce temps d’antenne est entre 21.00 et 5.30 et cela vise à véhiculer une image plus propre de la télévision en modifiant ou interdisant des émissions qui pourraient choquer la sensibilité des plus jeunes. Un organisme indépendant appelé Ofcom est chargé de mettre en place une série de mesures et de conseils en ce qui concerne ce qui est approprié ou non. Le souci, c’est qu’après avoir été sur leur site et vérifié ce qu’ils jugeaient comme étant admissible ou pas, leur réponse est plutôt vague :

« Unsuitable material can include everything from sexual content to violence, graphic or distressing imagery and swearing. For example, the most offensive language must not be broadcast before the watershed on TV or, on radio, when children are particularly likely to be listening. Frequent use of offensive language must be avoided before the watershed, and must always be justified by its context. » (http://consumers.ofcom.org.uk/2012/05/what-is-the-watershed/)

Ok, donc en gros, c’est comme vous voulez les cocos ! Si on creuse un peu cela n’est pas plus précis. Le Watershed interdit :

- De diffuser tout contenu (image et langage) à haut caractère sexuel, sauf si c’est justifié par le contexte

- De diffuser des rapports sexuels, à moins d’avoir attrait à un sérieux caractère éducatif. Toute discussion ou description à caractère sexuel doit être justifiée / éditée de manière appropriée.

- La nudité

(http://stakeholders.ofcom.org.uk/broadcasting/broadcast-codes/broadcast-code/protecting-under-18s/)


Pour en revenir à ma série, voici les exemples dont je parlais, pour comparer. Pour situer le contexte, c’est une comédie, donc ce qui est dit doit être pris au second degré (je dis ça pour la deuxième liste d’exemples). Ce qui a été censuré :

« Friends help friends have meaningless sex » — > « les amis aident les amis avoir des relations sexuelles sans attache »

« I can’t pleasure a woman while building a dresser » — > « je ne peux pas construire une commode en donnant du plaisir à une femme »


Par contre, ce qui est toléré :

« Being brown, you have the wisdom of a thousand white women » « en tant que bazanée, tu as la sagesse de 1000 femmes blanches »

« I’m sure it’s like the real Olympics, except the white people win sprints » — > « je suis sûr que c’est comme les Jeux Olympiques, à part que ce sont les blancs qui gagnent le sprint »


Je vous laisse juge, mais personnellement je trouve ça un peu limite. Qu’on veuille protéger les enfants d’une banalisation du sexe, ok, mais je pense que la manœuvre proposée ici est mal placée. Ce que je comprends, c’est que faire des blagues sur les races, c’est ok, mais que clamer d’avoir des relations sexuelles juste parce qu’on en a envie, c’est mal !

Ce que parait surtout hypocrite, c’est quand on sait qu’en Angleterre, 100% des jeunes garçons (- de 14 ans) ont déjà vu de la pornographie ; on se demande si c’était vraiment la peine de retirer ces répliques ?


J’attends votre avis !

Les sorties CDs : Mars 2013

Cette année fut le mars le plus froid en Angleterre depuis 1963, dingue, hein ?


Ce mois-ci un agenda chargé :


Bastille, Bad Blood et le single Pompeii


Dido (non elle n’est pas morte !), Girl Who Got Away


Depeche Mode, Delta Machine et le titre Soothe My Soul


Stereophonics, Graffiti on the Train


Bon Jovi (non ils ne sont pas morts !), What About now


Hurts, Exile et le single Miracle


Clutch (à la demande générale), Earth Rocker et le titre Earth Rocker


David Bowie, The Next Day


Justin Timberlake, The 20/20 Experience et le single Suit&Tie


Lil Wayne, I am not a Human Being II et le single My Homies Still


The Strokes, Comedown Machine et le single All The Time


Suede, Bloodsports


Sevendust, Black Out the Sun et le titre Decay


Plutôt sympa la chanson de Clutch. J’ai tapoté sur mon ami Youtube et les morceaux de l’album ont l’air plutôt pas mal avec un tempo plus rapide qu’à l’accoutumée.

On ne pourra également pas me reprocher de ne pas avoir été éclectique dans le choix des artistes !


Et vous, qu’est-ce que vous allez acheter ?

Bloc Party (London Olympia, 22 février 2013)

En février dernier il nous a été donné d’aller voir Bloc Party en live.

Le groupe commence à avoir de la bedaine car avec 4 albums à leur actif il va également fêter ses 10 ans d’existence l’année prochaine. Par contre, le souci avec leurs CDs c’est la qualité assez inconstante des chansons, variant du tube qui déchire aux chansons chiantes.

Silent Alarm le premier opus avait enfanté les hits Banquet et Helicopter qui sont sans doute leurs meilleurs morceaux jusqu’à ce jour.


En 2012, Bloc Party est revenu avec un nouvel album, Four, dont j’avais parlé ici, et qui m’a surpris dans le bon sens du terme avec un retour aux chansons qui ont pas mal de pêche mais aussi un son qui a évolué vers plus de dynamisme. Il y a toujours des morceaux un peu plus lents, mais de manière générale je trouve que c’est le meilleur CD qu’ils aient sorti en termes de constance.


C’est pour cette raison que je me suis laissé convaincre d’aller les voir sur scène, et ce pour la troisième fois.

Un rapide commentaire sur la « salle » où nous avons assisté au concert, le London Olympia. C’est plus un centre d’exposition qu’une salle faite pour écouter de la musique et je pense que la raison pour laquelle elle a été choisie, c’est qu’elle peut abriter près de 20000 personnes. Et plus les salles sont grandes généralement, moins le son est de bon augure… Et cela s’est ressenti lors du concert, le son manquait effroyablement de puissance et l’atmosphère était froide tout comme la température dehors.

A part cela, le concert s’est bien passé avec une interprétation nickel de la part du groupe donc pas de reproche à ce niveau-là ; ils ont joué un bon mélange de leurs chansons les plus connues et de celles du nouvel album qui sonnaient bien en live. Cependant, à aucun moment je me suis senti transporté par la musique ; était-ce dû à la salle ?


Seuls les effets de lumière m’ont impressionné ; la pochette de l’album représente quatre cercles de différentes couleurs et ce thème a été repris sur scène et avec jeux de lumières, de lasers et même deux écrans sur les côtés de la salle. Combiné avec la musique, l’ensemble rendait vraiment sympa.


J’ai trouvé la set list sur le net, une vingtaine de chansons, on en a presque pour notre argent !

So He Begins to Lie

Hunting for Witches

Positive Tension

Team A

Real Talk

Waiting for the 7.18

Song for Clay (Disappear Here)

(‘Kele – Tenderoni’ intro)

Banquet

Coliseum

Day Four

The Prayer 

One More Chance

Octopus


Encore:

Kreuzberg

Ares

This Modern Love

Flux

(‘Rihanna – We Found Love‘ intro)


Encore 2:

Ratchet

Truth

Helicopter

 

Meilleure chanson, Helicopter évidemment ! Pas trouvé d’enregistrement décent lors de notre concert, alors je vous mets une de leurs apparitions dans l’excellente émission de Jools Holland :


Un dernier point sur cet article et il concerne la première partie, The Joy Formidable.

Trio gallois qui avait la pêche, ils ont livré une solide performance et j’ai même acheté le CD, que je recommande si vous aimez le morceau suivant :

Stoker (Park Chan-wook, 2013)

Ce n’est pas souvent qu’il m’arrive de voir un film et de n’en savoir absolument rien, mais vraiment rien du tout.


Pour Stoker, un des critères qui m’a convaincu était qu’il avait été réalisé par Park Chan-wook à qui l’on doit notamment Old Boy et Lady Vengeance (que je n’ai pas (encore) vus, mais dont j’en ai entendu beaucoup de bien), et qui je sais n’a plus à faire ses preuves. Une note de 5 sur 5 dans le magasine Empire Outre-Manche m’a finalement décidé d’aller dans mon cinéma le plus proche.


India Stoker est une jeune fille étrange. D’une nature plutôt discrète, elle vit avec ses parents dans une énorme maison au milieu de la campagne américaine. Malheureusement son père vient de décéder tragiquement dans un accident de voiture et alors que les funérailles ont lieu, le frère du défunt, Charlie, fait son apparition. Rien de spécial, si ce n’est que personne n’a l’air d’avoir eu connaissance de son existence. Cette arrivée inattendue va mettre à jour les relations ô combien difficiles qui existent entre India et sa mère Evie, et va en plus déterrer quelques squelettes qui étaient cachés dans leurs placards…


L’originalité de Stoker réside principalement dans la cinématographie du film. Absolument rien n’est laissé au hasard dans chacun des plans que nous livre le réalisateur : les couleurs et la lumière sont magnifiques, les mouvements de caméras tout en contrôle et précision, les plans (et les passages d’un plan à l’autre) originaux et sobres à la fois et l’attention prêtée aux détails est effrayante. Ces nombreuses qualités permettent à Stoker de dégager une ambiance puissante qui submerge le spectateur malgré une histoire assez conventionnelle.

En sortant du film, l’atmosphère m’a d’ailleurs profondément marqué. Ca n’est pas que l’histoire est nulle, bien au contraire, mais elle n’a rien d’extraordinaire. La façon dont est tourné Stoker permet au réalisateur de détourner l’attention du spectateur et de subtilement disséminer des indices concernant l’intrigue tout au long du film. Je pense notamment à de petites astuces de narration non-linéaires disséminées ici et là qui permettent de mettre en relief certaines scènes et d’apporter de la surprise supplémentaire.

Un autre exemple fut le détournement d’attention dont j’ai été la victime : j’étais tellement pris dans l’ambiance qu’à la fin du film je me suis dit, mais bien sur comment ai-je pu manquer ce détail, c’était forcément évident !


Tous ces atouts ne seraient rien si l’histoire et le film n’étaient pas soutenus par des acteurs à la hauteur. Les comédiens sont éblouissants, avec Mia Wasikowksa (à mes souhaits !) en chef de patrouille, parfaite en adolescente bizarre et angoissante. Elle est suppléée par Nicole Kidman, jouant à merveille la veuve éplorée et mère irresponsable, complètement à l’ouest ainsi que par Matthew Goode terrifiant en « oncle sympa ». D’ailleurs, la dichotomie de l’oncle entre son aspect parfait et son attitude étrange est renforcée par le maquillage extrêmement exagéré dont il est affublé : il est tellement lisse et orange qu’on se demande si cela n’est pas surnaturel !


Une dernière chose à noter, pour tous ceux qui connaissent le travail de Park Chan-wook et ses habitudes cinématographiques. Pas d’ultra violence dans le film, qui se veut je pense être une histoire à suspense avec une touche d’angoisse et de frissons.


Comme vous pouvez vous en doutez, j’ai été très enthousiasmé par Stoker que je considère comme une excellente surprise.

J’achète !


Si vous avez besoin d’être encore plus convaincu, voici la bande-annonce que je ne recommande pas, car elle en dévoile un peu trop.

Lichtenstein : A retrospective (Tate Modern, Londres, 21 Février au 27 Mai 2013)

Lorsqu’on m’a proposé d’aller voir une expo au Tate Modern et de me culturer un peu (pour changer), j’ai dû admettre que je ne connaissais pas grand-chose à l’Art Moderne. Si j’apprécie l’Art Urbain (ou « Street Art »), le moderne m’échappe souvent car je le trouve plus difficile à appréhender et il faut bien l’avouer, il y a des fois ou on a l’impression d’observer une toile sur laquelle l’artiste a fait n’importe quoi. Technique/couleur/message, honnêtement, j’aimerai bien qu’on m’explique ! Je comprends tout à fait qu’une œuvre puisse véhiculer une émotion, quelle que soit sa forme, je suis dubitatif quand on place devant moi un tableau monochrome et qu’on vient m’expliquer tout un charabia sur le pourquoi du comment.


Je digresse, je digresse… Le jeudi 21 février a vu s’ouvrir une exposition temporaire au musée d’art moderne de Londres, le Tate Modern, et qui a pour sujet Lichtenstein, un nom qui ne vous fait peut-être pas tiquer, mais dont je suis sûr que vous avez vu au moins une de ses toiles, celle-ci par exemple :


Figure centrale du Pop Art américain, Roy Lichtenstein s’est notamment fait connaitre pour ses peintures centrées sur la publicité et le culte de l’image. Il est surtout célèbre pour ses toiles ayant pour inspiration la bande dessinée et le fait que la B.D. soit aussi populaire a propulsé Lichtenstein vers un succès quasi immédiat car ses œuvres étaient à la fois faciles d’accès mais aussi capables de choquer… enfin ça c’est le pitch de l’expo !


Alka Seltzer

Lichtenstein ne s’est pas simplement contenté de faire que des toiles inspirées de bandes dessinées, et cette rétrospective rassemble 13 salles chacune centrée sur un thème qui fut cher à l’artiste pendant sa vie et qui regroupe des tendances et techniques plus ou moins différentes (Noir et Blanc, Les Nus, Guerre et Romance, etc…). L’exposition est relativement bien faite, avec peu d’explications ce qui permet peut être de se laisser porter par la disposition des œuvres mais qui d’un autre coté ne donne pas assez d’approfondissements sur les techniques ou les inspirations.


J’ai été particulièrement séduit par tout ce que était noir et blanc, la salle sur les miroirs ainsi que les paysages, que j’ai trouvé très réussis. Ce qui démarque Lichtenstein de ses contemporains, c’est la technique qui l’a rendu célèbre et qu’il a utilisé pour composer la plupart de ses tableaux / bandes-dessinées : pour « peindre » ses toiles, il utilise souvent des grilles qui permettent de remplir les esquisses à l’aide de points plus ou moins grands. Cette technique est notamment utilisée dans les paysages chinois qu’il a créés au crépuscule de sa vie et je pense que le tableau ci-dessous est celui que j’ai préféré de toute l’expo :

Paysage Chinois

Il dégage une sérénité mais aussi une originalité qui en font une œuvre unique.


Si l’expo va se déplacer dans d’autres pays, je conseille chaudement.


Lichtenstein, j’achète ! Enfin, pas les originaux…

Les sorties CDs : Février 2013

Fé-fé-fé-fé-février !

Un nouveau mois se termine avec son lot d’albums.


Ben Harper & Charlie Musselwhite, Get Up ! et le titre I Don’t Believe A Word You Say


Coheed and Cambria, The Aftermath : Descension et le titre The Hard Sell


Eels, Wonderful, Glorius et le titre Peach Blossom


Foals, Holy fire et le single Inhaler


Bullet for My Valentine, Temper Temper et le single éponyme


Nick Cave and The Bad Seeds, Push the Sky Away and la chanson Jubilee Street


Plutôt pas mal ce mois-ci, j’ai pas fermé une seule des chansons avant la fin !


La claque du mois revient à Foals ! J’ai écouté en plus quelques chansons sur le net et je pense que je vais me procurer le CD sans tarder !


Et vous, qu’est-ce que vous allez acheter ?

One Day (David Nicholls, 2009)

Au risque d’en surprendre plus d’un, je me suis récemment dit qu’il fallait que j’ouvre un peu mes horizons en matière de “littérature”. C’est donc sous les recommandations d’un compagnon de voyage lors de notre virée au Pérou que je me suis décidé à lire One Day, ne m’ayant fait expliqué qu’un succinct résumé du livre.


L’idée de base est simple; raconter la vie de deux personnes et leur relation (ou manque de relation) en ne décrivant qu’une seule de leur journée chaque année, pendant 20 ans.


L’histoire débute donc le 15 juillet 1988 lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’université d’Edinbourg. Emma Morley et Dexter Mayhew se retrouvent dans le lit de cette dernière après une soirée arrosée et alors que l’alcool perd de son effet, nos deux personnages ne passent pas à l’acte. D’ailleurs, chacun de son côté se rend compte qu’il allait certainement faire une erreur : Emma, même si elle trouve que Dexter est beau comme un dieu, se dit qu’il est probablement superficiel (au vue de sa réputation) et va certainement filer à la première occasion et ne jamais la rappeler. Dexter quant à lui n’est pas satisfait d’avoir manqué d’accrocher Emma à son tableau de chasse et n’a envie que d’une chose, partir et la laisser en plan. Mais voilà, en un instant alors qu’ils auraient pu en rester là, au détour d’un silence inconfortable, Emma et Dexter partagent quelques réflexions sur leur vie et où ils seront lorsqu’ils auront 40 ans. Après leur petite discussion, ils finissent par se rendre compte que la compagnie de l’autre n’est pas si désagréable et va naitre entre eux une amitié forte. Mais voilà, les aléas de la vie vont-ils éloigner ou rapprocher nos deux protagonistes ?


Si le résumé en donne l’impression, le livre n’est pas du tout un roman à l’eau de rose. En tout cas, même si le livre décrit l’évolution des deux protagonistes et leurs interactions pendant une vingtaine d’année, le récit n’est pas fleur bleue et le ton ainsi que l’écriture sont résolument modernes et remarquablement bien rendus.

J’ai souvent du mal avec des passages de dialogues dans les romans et le fait qu’il est extrêmement difficile d’ajuster le niveau de langage parlé à l’écrit sans entacher la crédibilité du récit ; j’ai été impressionné par la déconcertante facilité avec laquelle David Nicholls parvient à faire que nos deux héros et le reste des personnages ont des conversations si naturelles, et ce à l’écrit. Un bon point donc ! (j’ai actuellement une amie qui le lit en français et apparemment la traduction est plutôt pas mal, donc forcément un plus !)


Tout cela ne serait que superficiel si le contenu du récit n’était pas aussi captivant et crédible. On devient très rapidement impliqué dans la vie d’Emma et Dexter même si au final nous n’assistons qu’à une seule journée de leur vie chaque année. J’ai eu du mal à lâcher le bouquin et l’ai fini en trois jours tant la lecture était addictive.

Et si visiblement le lecteur sait pertinemment ce que pense Emma de Dexter et inversement, l’auteur capture parfaitement le fait que les aléas de la vie prennent le dessus sur ce que chacun de nous désire vraiment et que les tournures que prennent nos destins ne sont en définitive qu’une question de timing, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire ; ce qui est ici tragiquement vrai pour nos deux personnages principaux dans One Day.


Mon seul regret dans le livre se trouve dans un des aspects de la vie de Dexter (Show ▼

) et qui n’aurait en rien gâché l’histoire si ce détail avait été occulté. Mais bon, je chipote, hein !


Un film a été tourné très rapidement après la publication de One Day, et apparemment il n’est vraiment pas à la hauteur du livre, donc si l’histoire vous intéresse, jetez-vous sur le livre, One Day ou Un Jour, est en vente dans toutes les bonnes crèmeries !

Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012)

Faire un film qui retrace la chasse puis l’exécution de Ben Laden était vraisemblablement à prévoir. Que ce soit en plus un film américain, ça laissait présager un certain patriotisme malsain.


Zero Dark Thirty a heureusement été réalisé par Kathryn Bigelow à qui on doit Le Démineur (Hurt Locker en anglais dans le texte) et même si ce n’était pas le film de l’année, il avait de nombreuses qualités qui pouvaient laisser présager qu’on aurait droit à un film décent.


Zero Dark Thirty suit le parcours de Maya, une analyste de la CIA, qui arrive au Pakistan pour tenter d’interpréter les informations qui sont soutirées aux terroristes capturés par le gouvernement américain. De fil en aiguille, il semblerait que Maya ait mis le doigt sur un renseignement qui pourrait la mener jusqu’à la cible ultime, Oussama Ben Laden. Le problème, c’est que ses supérieurs ne sont pas tous d’accord avec elle et qu’elle doit remuer ciel et terre pour essayer de les convaincre d’agir.


Somme toute assez bateau, le scenario n’est pas le point fort du film, surtout quand on sait comment il va se terminer…


Non, ce qui en impose c’est le casting, la mise en scène et l’ambiance, tous trois impeccables.

Jessica Chastain (inconnue au bataillon), Maya, est irréprochable en agent de la CIA à la fois tiraillée par les moyens mis en place pour obtenir les informations (i.e., la torture) mais est totalement crédible dans son interprétation fanatique lorsqu’elle pense avoir trouvé une piste menant à la tête d’Al Qaïda. Parfois Maya fait penser à Carrie de Homeland quand on voit de quelle ardeur l’agent fait preuve pour mener à bien sa mission ; elle est obsédée par un seul et unique but, retrouver un des contacts qui la mènera à Ben Laden. La comparaison entre les deux personnages fictifs s’arrête heureusement au zèle dont elles font preuve. Le film diffère entièrement de la série.

On n’est également pas en reste pour ce qui est des personnages secondaires : Kyle Chandler, Mark Strong, Harold Perrineau (Michael dans Lost), James Gandolfini… bref que du beau monde !

La mise en scène est quant à elle un modèle de sobriété ; à la limite du documentaire, Bigelow projette les images sans connotation laissant au spectateur le soin de juger les actions du gouvernement américain. Je fais évidemment référence ici à quelques scènes de tortures, qui j’ai trouvées n’étaient pas voyeuristes mais filmées avec un détachement qui se vouait plutôt à un caractère informatif que racoleur, ou encore la justification d’exécuter le leader d’un groupe d’extrémistes sans autre forme de procès.

Je pensais également que j’allais être gêné de savoir comment allait se terminer le film (il dure quand même près de deux heures et demie), mais l’histoire est tellement prenante, méticuleuse que même si l’issue est décidée dès le début on prend grand plaisir à voir quels petits détails peuvent amener les analystes à tirer des conclusions qui auront des conséquences dramatiques.


Le film n’a pas spécialement fait de vagues ici outre-manche malgré ses nominations aux Golden Globes (dont Jessica Chastain a empoché celui du meilleur rôle féminin) et aux Oscars.

Je trouve personnellement que le film vaut le coup, et que si le pitch vous a plu, alors foncez !

Food For Thought

Food for thought est une expression anglaise qui signifie donner à réfléchir ou alimenter une réflexion, pour reprendre une métaphore nutritive.


Et pourquoi donc je vous parle de cette expression ici?

Simplement pour donner quelques chiffres que j’ai lus récemment dans un article et en paraphraser l’auteur afin de vous donner, lecteurs, de quoi réfléchir.


Bien que controversé dans un pays comme la France (et de nombreuses autres patries) où le végétarisme est considéré comme une maladie exotique, décider de ne plus manger viande ni poisson (ou bien commencer par en consommer moins) contribue à la fois à diminuer les gaz à effets de serre (ceci ne demande pas d’explication car nos chères petites bêtes de par leur digestion relâchent une quantité loin d’être négligeable) mais aussi à nourrir plus ceux qui n’ont pas la chance d’avoir forcément les moyens de le faire.


Une simple analyse est la quantité de grain nécessaire pour nourrir bétail et volaille. Je reprends l’unité de l’article qui utilise le pound (ou livre (soit environ 450 grammes)). Il faut 3.5 pounds de grain pour fournir 1 pound de poulet ou encore 7.3 pounds de grain pour fournir 1 pound de viande de porc. Le poisson n’est pas en reste car lui aussi, s’il est produit en masse, a besoin jusqu’à environ 5 pounds de grain. On peut se demander pourquoi une production si inefficace est encore un moyen de production les plus répandus aujourd’hui.

Et quand on sait que 97% des 760 million de tonnes de soja produites dans le monde sont pour nourrir le bétail, on se demande aussi pourquoi il n’est pas possible d’en garder 40 million pour mettre fin à une famine mondiale qui pourrait largement être endiguée.


Je finirai par une dernière comparaison. Il suffit d’environ un demi hectare pour nourrir 10 végétaliens (ils vont plus loin que les végétariens, car ils ne consomment pas ce qui provient des animaux, tel que le lait, beurre ou autre) alors qu’il faudrait 13 hectares pour subvenir aux besoins de 10 carnivores, soit 20 fois plus d’espace !


Je ne suis pas moi-même végétarien, mais clairement ces chiffres me font réfléchir ! Tout comme un rapport des Nation Unies qui place l’industrie chargée de la production de viande animale parmi les trois premiers facteurs les plus importants en ce qui concerne les problèmes environnementaux, au niveau global et régional.