[GOne] Blank Wall

A l’occasion de la publication de nos morceaux, mixés avec une qualité professionnelle, sur les plateformes de streaming (Spotify / Deezer / Apple Music / Amazon Music), je reprends la plume pour vous parler un peu des titres au fur et à mesure de leur publication.

Cette semaine : Blank Wall.

La musique de Blank Wall a été composée par Lionel V, et n’a pratiquement pas été retouchée dans sa structure par rapport à la version de démo que nous avons construite ensemble après que j’y a ajouté un chant.

Initialement, Blank Wall devait parler de l’omerta et de la chape de plomb que font peser les mafias sur les populations des régions où elles sévissent. Je ne sais pas pourquoi j’y suis spécialement sensible sans y avoir été exposé moi-même, mais c’est un sujet qui m’afflige à chaque fois que j’en entends parler et j’ai beaucoup de mal avec toutes les productions qui édulcorent la violence systémique des mafias en les rendant cool, classes ou marrantes.

Le texte a toutefois été écrit en 2011, au moment des Printemps arabes, alors qu’on assistait au soulèvement de peuples qui tentaient de se libérer du joug de régimes oppressants : ça a un peu altéré ma propre perception de ce dont parle la chanson. Qu’on soit dans le contexte des mafias ou dans celui des dictatures, Blank Wall parle de la puissance que peut convoyer une parole courageusement portée et exposée, alors que l’oppression cherche à empêcher l’union de ses victimes et à les isoler, chacune dans sa souffrance et dans la peur. A l’ère des réseaux sociaux, le mur sur lequel s’écrivaient ces messages d’espoir, de révolte ou de solidarité au cours des « Printemps » s’est avéré être essentiellement celui de Facebook : un mur virtuel mais qui a l’avantage incommensurable d’être visible de partout, tout le temps. Les révolutions des Printemps arabes ont à peu près toutes avorté, les réseaux ont depuis été détournés pour des usages détestables, mais Blank Wall choisit de conserver, avec son final optimiste, l’espoir que ces messages d’union et de solidarité puissent un jour améliorer le destin des victimes de toutes les oppressions.

Les paroles originales :

The code of silence
Is what keeps us isolated
Alone and powerless
No wonder no one dares to stand

Breathing is hard,
I can’t but hold my breath
This unspoken violence
Weighs too much on my chest
It’s keeping me up
And I can’t seem to get no rest
It’s bringing me down
To the point of overwhelming pain
Pain

But someone wrote this in the main hall
« Don’t fear anything nor anyone !
Let us not fail, let us not fall
And all our fears, let’s face them all”

High, low,
Oppression’s everywhere
And you’d better not move
And you’d better not stare
They’ll threaten your life
And everything for which you care
And instill in your heart
The most deafening and silencing fear
Fear

But I won’t fail, and I won’t fall
Won’t fear anything nor anyone
I will hold still, I will stand tall
And all my fears, I will face’em all

We have to bleed
To throw off the yoke
But that can’t be achieved
By a single bloke
Still what can’t be cleansed
With one drop alone
Will eventually
Be washed away with the flow
The flow
Flow
The flow

So I will sneak in after nightfall
I won’t fear anything nor anyone
And I’ll write this on a blank wall
« Don’t fear anything nor anyone ! »

And still a light will shine on, shine on
Shine on, shine on
Yeah still a light will shine on, shine on
Shine on, shine on
Shine on, shine on

Ma traduction / interprétation :

Comme c’est moi qui ai écrit le texte original, je me sens naturellement assez légitime pour le réinterpréter à l’occasion de cette traduction.

Le code du silence
Est ce qui nous maintient isolés
Seuls et impuissants
De sorte que personne n’ose se rebeller

Respirer est difficile,
Je ne peux que retenir mon souffle
Cette violence qu’on ne peut dénoncer
Pèse trop lourd sur ma poitrine
Elle m’empêche de dormir
Elle me prive de repos
Elle me plonge
Dans une insoutenable souffrance
Souffrance

Mais quelqu’un a écrit sur la place publique
« Ne craignez rien ni personne !
Continuons et tenons bons
Et ceux qui nous terrorisent, affrontons-les tous ! »

En haut, en bas,
L’oppression est partout
Et tu ferais mieux de ne pas bouger
Et tu ferais mieux de ne pas regarder
Ils menaceront ta vie
Et tout ce qui t’est cher
Et instilleront dans ton cœur
La peur la plus assourdissante et la plus paralysante
La peur

Mais je ne faillirai pas, et je ne tomberai pas
Je ne craindrai rien ni personne
Je ne reculerai pas, je me tiendrai droit
Et toutes mes peurs, je les affronterai
Il faut saigner
Pour se débarrasser du joug
Mais ça ne peut pas être accompli
Par un seul Homme
Pourtant, ce qui ne peut être nettoyé
Par une goutte seule
Finira par
Être emporté par le flot
Le flot
Le flot
Le flot

Alors je me faufilerai à la tombée de la nuit
Je ne craindrai rien ni personne
Et j’écrirai ceci sur un mur blanc
« Ne craignez rien ni personne ! »

Et alors il restera une lumière, qui brillera, brillera
Brillera, brillera
Oui, toujours, une lumière brillera, brillera
Brillera, brillera
Brillera, brillera

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