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Les propriétés de l’urine

Avant que nous ne fondions Même Esprit avec Jika et Stoeffler, je tenais déjà un blog perso, Alzheimer Power (toujours avec en tête l’espoir de garder une trace de ce que j’avais vu et fait pour compenser les faiblesses de ma piteuse mémoire). Il me semblait avoir rapatrié tous mes articles quand Même Esprit est né, mais je me suis apparemment trompé, puisqu’un commentaire posté par un bot sur l’un de mes billets a fait remonter ce texte qui ne se trouvait pas encore ici.

Comme j’ai pris plaisir à le relire (et c’est exactement pour ça que j’écris toutes ces lignes), et qu’en plus on a justement abordé le sujet ce week-end avec Ln, je profite de l’occasion pour le reprendre enfin. Le billet original est ici, j’ai actualisé un peu l’intro dans la mesure où le contexte n’a évidemment plus rien à voir.

« Hop un petit billet rapide pour signaler cette page que j’ai trouvé par hasard et qui est écrite de façon assez marrante quoique sérieuse scientifiquement, pour ce que je peux en juger.

Pour la petite histoire, la raison de ma recherche était que pendant notre séjour au Mexique, Marion et moi avions eu un (court) débat sur les vertus et les dangers de l’urine, moi croyant que l’urine était antiseptique (ce qu’elle n’est clairement pas), Marion m’assurant qu’elle était pleine de bactéries provenant de la flore intestinale. Personnellement, je me souvenais qu’elle était utilisée à une époque (fin 18e-début 19e  je crois) en France au moins, comme détartrant pour les dents, et que certains survivants de catastrophe avaient survécu plusieurs jours en buvant leur propre urine à défaut d ‘autre boisson, donc je savais qu’elle n’était pas toxique.

Peut-être que notre expert en la matière (les sciences naturelles, j’entends ;) ) Pierre pourra nous en dire davantage, en attendant voici donc la page: ressourcessceptiques.free.fr/dico/urine.html , et pour vous donner davantage de raisons de la lire, mes passages préférés:

« Le précieux distillat comporte de nombreux avantages, bien entendu, dont son faible coût et sa grande disponibilité. »

« Homer Smith (auteur de Man and His Gods) a déjà écrit que « l’homme est une machine à transformer le vin en urine ».

« Avant de crier haro sur le bidet, souvenons-nous qu’une bonne partie du public pense que l’urine est toxique. En règle générale, c’est tout à fait faux, et personne ne va pâtir en commençant sa journée avec une bonne rasade de sa petite commission, mais il semble passablement injuste de blâmer le corps médical pour cette méconnaissance. En revanche, ce qui n’est pas empoisonné n’est pas nécessairement bénéfique. Les cheveux n’ont rien de toxique non plus, et même s’ils constituent sans doute une bonne source de fibres, on n’aime pas nécessairement en retrouver un dans sa soupe.  »

« Malheureusement, ce n’est pas tout le monde qui peut se taper une bonne vessie pression sans effet indésirable. »

« Certains tenants de la thérapie par l’urine sont également convaincus que le liquide amniotique n’est rien d’autre que de l’urine fœtale. Évidemment, ce qui est bon pour le fœtus est bon pour tout le monde. »

Prometheus (Ridley Scott, 2012)

« Dans l’espace, personne ne vous entendra vous plaindre. »

Franchement, elle est pas digne d'une série B à 3 cents, cette affiche ??!

J’avais déjà prévu mon jeu de mots d’accroche avant de voir le film, me basant sur la forme des réactions que j’avais lues ou entendues, dont il ressortait que le film était soit un pur chef d’œuvre, soit une daube totale… et l’affreuse affiche du film me laissait supposer que mon avis serait de la seconde catégorie (vous savez comme je suis sensible à la qualité des affiches, même si je sais bien que ça n’a en réalité rien à voir avec le film lui-même). Je n’avais d’ailleurs au départ aucune intention de voir Prometheus, dont les promesses de régénération du mythe Alien, portées par un réalisateur qui n’a plus produit un seul bon film depuis 30 ans, me paraissaient davantage relever de l’appel du tiroir-caisse que de celui du génie créatif. M’enfin, ça s’est organisé un peu à l’improviste ce samedi soir, et malgré l’improvisation, on est parvenus à avoir des places et de bons sièges pour voir le film : je l’ai pris comme un signe et une fois assis, j’étais ouvert d’esprit et espérais que Prometheus serait à la hauteur de ses ambitions et me ferait au moins passer un bon moment.

Un topo rapide pour ceux qui n’auraient eu aucun contact avec la civilisation occidentale ces dernières semaines et qui auraient donc échappé au buzz généré par l’approche de la sortie du film (dont deux teasers vidéo conçus spécialement pour cette promo, avec des scènes qui ne sont pas reprises dans le film, la première présentant l’ambition technologique de la Weyland Corporation (la compagnie qui finance les expéditions des vaisseaux dans tous les Alien), et l’autre l’androïde David qui accompagnera l’expédition du Prometheus) : Prometheus est une préquelle d’Alien, le 8e passager, et se déroule donc avant le premier film de la quadrilogie. Réalisé par le réalisateur du film original, Ridley Scott lui-même, il ambitionne de révéler des clés de l’univers d’Alien en revenant sur des événements qui ont précédé ce que nous croyions être la première rencontre de l’humanité avec ces monstres extra-terrestres ; à peu près tous ceux qui ont aimé le ou les films précédents avaient donc assez logiquement envie de retrouver l’ambiance de leur film fétiche, et de savoir ce qu’allait dévoiler Prometheus, espérant qu’en retournant dans l’univers de son premier chef-d’œuvre, Scott retrouverait sa « patte » pour produire une nouvelle merveille.

Les effets spéciaux sont rarement pris en défaut

D’un certain côté, le parti est réussi : visuellement et en terme d’ambiance, il faudrait être de mauvaise foi pour trouver que Prometheus n’est pas un succès. Les images sont vraiment belles, le design (des équipements, tenues, vaisseaux, des environnements, des monstres,…) reprend tout à fait l’esprit de ce qu’on trouvait jusque là dans la franchise, et l’atmosphère angoissante générée par ces images sombres et léchées comme par la bande sonore reste absolument dans la lignée des précédents films.

Par contre, niveau histoire, c’est la débandade. La construction du film, pour commencer, est navrante de banalité, suivant platement le schéma archi-classique de l’expédition qui arrive, fait une découverte, avant qu’un incident se produise, qui dégénère, et que l’expédition se fasse progressivement décimer jusqu’à ce qu’il ne reste que le personnage principal en vie, qui parvient néanmoins à s’enfuir… C’est peut-être un hommage ou un clin d’œil au premier film, mais c’est juste le procédé standard de centaines de films d’horreur parus depuis le premier Alien donc niveau créativité et originalité, c’est déplorable.

Pire, le scénario accumule les invraisemblances au point qu’on peut se demander si les scénaristes (c’est Damon Lindelof de Lost aux commandes… malgré l’affection que j’ai pour le bonhomme, une partie du problème vient peut-être quand même de là) ont pris le temps de relire leur trame avant de lancer la production. Je passe en mode « caché » pour que seuls ceux qui ont vu le film lisent ce qui suit, qui liste toutes les questions auxquelles j’aimerais bien qu’on me donne une explication plausible (sans le moindre espoir qu’elle vienne un jour). Show ▼

Aaaah ! Trop d'invraisemblances ! Mon cerveau fond !!!

Pour ceux qui n’ont pas cliqué sur « Show » pour afficher le spoil, pour vous faire une idée, la taille de mon article double quand on fait apparaître la liste des incohérences…  Malgré le manque de surprise et malgré ces défauts, le film réussit néanmoins à impressionner sur quelques scènes efficaces (on se souviendra forcément de l’auto-opération de l’héroïne dans son caisson, notamment). Prometheus aborde aussi quelques questions intéressantes, comme la relation entre pères et enfants, et au-delà entre créateurs et créatures ; il y a également une tentative de discours sur la foi VS la science (vous noterez que Shaw se fait confisquer sa croix à un moment, mais qu’elle finit par la réclamer), mais les arguments pro-foi sont imparables : « C’est ce que j’ai choisi de croire », visiblement écrit pour devenir une phrase-gimmick… d’une façon générale, ces thèmes ne sont de toutes façons qu’à peine ébauchés dans le film et ce seront plutôt les spectateurs bienveillants qui iront comme souvent imaginer tout un monde d’idées à partir d’éléments du film beaucoup moins profonds (souvenez-vous de Matrix !).

Et au final, à la grande question, simple mais décisive : « est-ce que je recommanderai d’aller voir ce film ? », la réponse elle aussi est claire : c’est non. Même les fans d’Alien, s’ils seront contents de retrouver l’ambiance des précédents films, ne pourront qu’être déçus que Prometheus ne soit pas à la hauteur.

PS. Si vous avez des réponses aux questions que j’ai posées en mode caché, je suis preneur. Ayant du coup pas mal réfléchi au reste des trucs qui *pourraient* paraître invraisemblables (au départ, ma liste était partie pour être bien plus longue, mais j’ai retiré tout ce qui pouvait être éventuellement justifié par des réponses un peu sorties du chapeau par rapport à ce qui est véritablement dans le film, mais néanmoins crédibles), si vous avez des questions, vous pouvez aussi les poster en commentaires (numérotez-les pour que ça reste clair s’il vous plaît !), et je tenterai d’y répondre (et si je n’y arrive pas, je les ajouterai à la liste des questions sans réponses ;) ). Et pour ceux qui ont vu le film, l’Odieux Connard a lui aussi publié un article sur Prometheus, (beaucoup plus long à lire que le mien mais aussi beaucoup plus marrant de par sa mise en scène imagée des invraisemblances du film) dont je recommande la lecture même si comme d’habitude le fait de tirer au lance-flammes sur le film lui fait exagérer sur certains points qui peuvent, en y réfléchissant et en étant de bonne foi (ce qu’il ne prétend pas être), être raisonnablement expliqués.