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Tous les cygnes d’Angleterre appartiennent-ils à la reine?

C’est gracieux les cygnes…

En voilà une drôle de question… lors d’une discussion avec un de nos auteurs, j’étalais sans vergogne ma culture quant aux petites particularité du Royaume Uni. J’affirmais sans autre forme de procès que tous les cygnes du Royaume sont la propriété de la Reine, et ce sans vérifier exactement mes sources.


Après quelques recherches sur le net, il s’avère que je n’ai pas tout à fait raison… ni totalement tort non plus.

Pour débuter, il n’existe pas de reine d’Angleterre (et toc !) mais une reine du Royaume-Uni. Par contre il existe bien un prince de Galles (le fiston) et un duc d’Edimbourg (le conjoint). Le titre de reine d’Angleterre a disparu il y a 300 ans avec Anne Stuart qui fut la dernière monarque à se faire appeler ainsi.


… ou bien gras dans ton assiette.

En ce qui concerne les cygnes, il faut remonter au douzième siècle pour élucider ce le mystère de notre question du jour. A cette époque, le cygne était un met délicieux consommé pendant les banquets et la couronne a donc proclamé la possession de l’ensemble des cygnes muets (aussi appelés tuberculés Show ▼

). Aujourd’hui, plus par tradition qu’autre chose, cette espèce de cygne appartient toujours à la reine à condition que les volatiles soient non marqués (c’est-à-dire pas d’élevage, i.e. sauvages) et vivent en eau libre aux abords de la Tamise, et encore pas tout le long du fleuve. Pas de quoi casser trois pattes à un cygne !


Et surtout, le plus important, cela ne relève pas de la trahison de tuer un cygne sauvage et on ne peut pas être condamné à mort pour cette raison… en tous cas pas de nos jours.


Ouf, je suis sûr que y’en a deux trois qui commençaient à transpirer…

Le Discours d’un Roi (Tom Hooper, 2010)

Affiche du film Le discours d'un roiLe Discours d’un Roi raconte la relation entre le Roi George VI, prince puiné qui n’était pas appelé à devenir Roi, affligé d’un bégaiement qui aurait dû lui interdire toute fonction publique importante, et de l’homme qui parvint à lui faire contrôler son élocution et à lui faire accepter le rôle qu’il devrait jouer pour le Royaume-Uni.

Le film arrivait en France précédé de l’aura du « film à Oscars », film historique à la réalisation classique, nominé entre autres pour la prestation de son acteur principal, Colin Firth, qui a appris à bégayer pour ce rôle ; un film « à papa », quoi, présumé chiant, que je n’avais pas l’intention de voir. La programmation foireuse du MK2 (on était partis pour voir Le Frelon Vert au départ… qui ne passait pas à l’horaire prévu en fait) nous a donné l’occasion que nous n’attendions pas… et en fait, je suis très content d’avoir été poussé par le destin, parce que le film était très chouette au final.

Certes, la réalisation est extrêmement classique : propre, impeccable, mais sans originalité ni qualité esthétique particulière (on ne perdra pas grand chose à le voir sur petit écran, quoi). Mais d’une part, l’anecdote qui sert de point de départ à l’histoire (le bégaiement du prince) permet de redécouvrir un moment de l’Histoire auquel on n’aurait accordé autrement que peu d’importance (pour un Français, les péripéties qui ont conduit au couronnement d’un roi Anglais plutôt que d’un autre, bof bof -personnellement j’ai déjà du mal à retenir l’ordre de succession des rois de France…) et la narration parvient à rendre cet épisode intéressant : je ne me suis pas ennuyé un seul moment durant tout le film. D’autre part, le sujet principal du film est la relation qui se noue entre les deux personnages principaux, le roi en devenir et son thérapeute, et celui-ci est parfaitement traité : les personnages sont attachants (le roi droit et vertueux, carré sur le protocole, redonne du prestige à ces grands principes là où la plupart des films qui traitent de la transition des régimes monarchiques vers la modernité font plutôt adopter au spectateur le point de vue du réformateur en phase avec la société civile ; Geoffrey Rush rend carrément touchant son personnage de thérapeute anticonformiste qui peine à trouver sa place dans le carcan de la société anglaise), et les dialogues fins et spirituels sont bien servis par des acteurs tous excellents.

J’ai été paradoxalement un peu déçu par la toute fin, le discours final manquant du lyrisme que j’imaginais (il s’agit du discours par lequel le roi annonce que le Royaume Uni entre en guerre contre l’Allemagne nazie), et l’après-discours me paraissant superflu : pour moi le film aurait pu (dû) s’arrêter sur la conclusion du discours.

Au final, j’ai trouvé le film très agréable, et je le recommande donc à à peu près tout le monde puisque je pense qu’il est susceptible de plaire à un public vraiment large. Une bonne surprise !

L’Angleterre, complètement timbrée ?

25/01/2011 2 commentaires

Saviez-vous que les timbres anglais sont les seuls du monde à ne pas mentionner le nom du pays d’émission ?

Partout ailleurs, les pays émetteurs de timbres sont tenus d’indiquer leurs noms, mais l’Angleterre est exemptée de cette obligation car c’est à un citoyen anglais que l’ont doit l’invention de ce petit morceau de papier (généralement, on utilise du papier, mais on a pu trouver en fonction des pays et des époques des timbres en vinyle, en métal, en or, en soie, en dentelle, etc.).

C’est effectivement Rowland Hill qui est à l’origine de la très importante réforme postale de 1839 qui révolutionnera le système postal anglais : avant cette date, c’était le destinataire du pli qui réglait le coût du port, avec le risque qu’il refuse tout simplement de régler la somme et que le messager en soit pour ses frais.

Pire que ça, la petite histoire voudrait que Hill prit conscience des effets pervers de ce système pour les revenus des postes lorsqu’un jour, dans une auberge, il remarqua la serveuse recevant d’un facteur un pli de son fiancé. La jeune femme ne pouvant, semble-t-il, se permettre la dépense, Hill se proposa de la régler. Elle lui avoua que pour correspondre gratuitement, son fiancé et elle inscrivaient de petits symboles sur l’enveloppe pour communiquer (cette technique fut reprise pendant de nombreux conflits, les espions et les prisonniers de guerre faisant passer des informations secrètes par des codes sur les enveloppes ou au dos même des timbres).

J’ai indiqué que c’était un citoyen anglais qui avait inventé le timbre ; en fait, Rowland Hill était plus précisément écossais, et on en arrive au deuxième point de cet article : quelles différences entre l’Angleterre, la Grande-Bretagne et le Royaume-Uni ? Trois noms pour un seul pays, ça ne fait pas deux de trop ?

A l’origine, il y avait quatre pays distincts : Angleterre, Ecosse, Irlande et pays de Galle. Depuis l’assimilation de ce dernier au 16ème siècle, puis de l’Ecosse au 17ème, ces trois pays forment la Grande-Bretagne.

Plus tard, au début du 19ème, fut créé le Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande, par annexion de cette dernière. Enfin, depuis 1921-1922, date à laquelle une partie de l’Irlande est redevenue indépendante, on a donc deux pays qui cohabitent sur le caillou outre-manche, l’Irlande (du sud, car c’est la partie redevenue indépendante) et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, (plus communément appelé Royaume-Uni), appellation officielle.