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Justice

Nos deux comparses

Les français sont universellement reconnus pour leur talent en matière de musique électronique. Daft Punk et Air dans les années 90 puis 2000 ont effectué un véritable carton dans le monde et en sont le parfait exemple. Il faut dire que peut être le fait de ne pas chanter dans leur langue d’origine leur a aussi offert l’opportunité de conquérir un public plus large.

Dans la même veine musicale, Justice s’est fait un nom dans le courant des années 2000. Tout comme Air ou Daft Punk, le groupe est composé de deux jeunes hommes, Gaspard Augé et Xavier de Rosnay, cachés derrière de grosses platines.

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J’ai découvert le groupe avec leur remix de Never be Alone originellement interprété par Simian et qu’ils ont sorti uniquement en boite de nuit. J’ai été immédiatement conquis par leur musique composée de basses et rythmes puissants. Conquis au point d’avoir acheté leur premier album, , (ou bien Cross pour Croix en français) après la sortie de D.A.N.C.E leur premier single qui était dans un style musical similaire, assez dansant.

L’album en lui-même nécessite plusieurs écoutes avant de pouvoir bien l’apprécier. Les morceaux sont principalement instrumentaux et divisés en deux catégories avec des chansons funky et club, comme D.V.N.O ou encore D.A.N.C.E, et une autre moitié plutôt sombre et noire. Avec ce premier CD, Justice a posé sa marque de fabrique et un son inimitable avec de gros rythmes et des riffs électroniques envoutants.

Pour ma part, Newjack est un de mes morceaux préférés, avec le diptyque Phantom. D’ailleurs, si vous connaissez la série Misfits, Phantom, Pt.2 a été remixé pour l’occasion et offre une nouvelle version bien terrible !

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Audio, Video, Disco

Fort du succès du premier album, Justice nous revient en 2011 avec un deuxième opus studio, Audio, Video, Disco, dont le concept bien particulier pourra plaire ou bien faire détester. Le CD est toujours imprégné de leur style unique, reconnaissable après quelques secondes, mais le thème de l’album est bien loin de l’électro pure et dure de . Audio, Video, Disco est pour moi un hommage au rock des années 80 et d’ailleurs de nombreux morceaux contiennent des riffs de guitare qui rappellent des solos de groupe de hard de ces années-là (une mention ultime à Helix ou encore New Lands). Quelques autres chansons sortent de cette catégorisation, à commencer par le single de ce deuxième album, Civilization (et qui a été utilisé pour faire de la pub pour un équipementier allemand à trois bandes) ou encore On’N’On très lancinant et sans oublier mon morceau préféré de l’album, Horsepower, dans un style très proche du premier opus et qui arrive à mélanger un sample qui rappelle Thriller, des influences irlandaises tout en gardant des basses très Justice !

Voilà la vidéo de On’N’On assez psychédélique :

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J’ai parsemé cet article de nombreux titres qui vont aiderons peut être à vous faire une idée de ce qu’est Justice. Et si comme moi vous avez été conquis, je pourrais passer les deux albums !

Dans ses yeux (Juan José Campanella, 2009)

Affiche du film Dans ses yeux

Franchement, ça vous donne envie de voir le film, cette affiche ? Je veux dire : si vous n'êtes pas une fille et que vous n'avez pas envie de voir un drame sentimental ?

Dans ses quoi ?

Qu’est-ce que c’est que ce film… argentin?

Son origine explique sans doute pourquoi Dans ses yeux, de Juan José Campanella, n’a bénéficié d’aucune promo (pourtant, ce film aurait pu compter sur une petite notoriété en France puisque c’est lui qui a ravi en mars dernier l’Oscar du Meilleur Film Etranger à Un Prophète de Jacques Audiard). Comme en plus le titre, comme l’affiche, laissent supposer qu’il s’agit d’un mélo, ce film avait toutes les raisons de me passer complètement à côté sans que ma vie en soit affectée.

En fait, il s’agit avant tout d’un film policier, même s’il y a bien une dimension sentimentale avec l’histoire d’amour -forte mais platonique- entre le personnage principal, l’ »inspecteur » (le système judiciaire argentin a l’air un peu particulier, avec les flics et les juges qui travaillent au même endroit, le pouvoir judiciaire se fondant avec l’exécutif : on est un peu perdu au départ dans les rapports hiérarchiques entre les personnages)  Benjamin Esposito (Ricardo Darin) et sa jeune et jolie supérieure (commissaire ?). L’histoire voit l’inspecteur se replonger dans ses souvenirs pour écrire un roman autour d’une affaire qui a marqué (et achevé) sa carrière : le viol et le meurtre d’une jeune femme dont le mari restera obsédé par le besoin que justice soit faite, au point d’y sacrifier sa propre vie… à la différence près que contrairement à pas mal de films prônant la vengeance violente et l’autodéfense, de Charles Bronson dans les années 70 à d’autres films plus récents qui nagent dans des eaux moralement troubles (A vif avec Jody Foster, Death Sentence avec Kevin Bacon, plusieurs Mel Gibson…), aussi bien le flic que le mari de la victime refusent d’user des mêmes armes que leurs haïssables ennemis pour rendre la justice ; et c’est ce qui fait le sel et la subtilité du dénouement de l’intrigue policière, qui semble se conclure sur une défaite décourageante dans le passé avant de rebondir dans le présent… sans qu’on puisse véritablement parler là de victoire pour qui que ce soit (j’espère avoir su rester suffisamment subtil pour évoquer cette qualité du film sans révéler l’intrigue pour autant).

L'"inspecteur" Benjamin Esposito, droit mais désemparé

On peut reprocher au film un certain classicisme dans le fond comme dans la forme, et une esthétique moche assez typique d’un certain cinéma latino (image filtrée avec des couleurs supposément chaudes mais en fait plutôt jaunasses ou rougeâtres, selon) . On peut lui trouver des longueurs (2h09mn) et trouver que le final s’étire un peu trop (la toute dernière scène, notamment, qui conclut un pan de l’histoire sur une note positive mais plutôt balourde -on aurait pu s’en passer).

Mais Dans ses yeux est un film assez émouvant, touchant par ses personnages qu’il prend le temps de rendre attachants jusqu’aux seconds rôles, et glaçant par ce qu’il traduit -pourtant avec une parfaite sobriété- de l’histoire souvent violente de l’Argentine de la fin du XXe siècle. Pour ses qualités, c’est un film que je recommanderais d’aller voir -même si je ne pense pas que j’aurai envie/besoin de le voir une deuxième fois pour autant.