Dark Shadows (Tim Burton, 2012)

Je ne suis pas un fan inconditionnel de Tim Burton (« Quoi !? Comment c’est possible !! Et le chocolat, t’aimes pas ça non plus le chocolat ? »). Pour tout dire, je n’adhère pas réellement à ses films malgré un univers très particulier et bien léché, que je pourrai apprécier par ailleurs (qui n’apprécie pas de se faire particulièrement bien lécher ?)(ok je sors).

Je n’ai par exemple pas ultrakiffé « Edward aux mains d’argent » (ouuuuh ouuuuh c’est pourtant dlaballe, ouuuuh ouuuuh), et j’avais même trouvé le dernier Burton que j’ai vu, « Sweeny Todd », parfaitement diabolique et barbant (attention, jeu de mots sophistiqué).

Bref, je ne vais pas voir un Tim Burton parce que c’en est un, et en l’occurrence, si j’ai poussé Marjorie à aller voir Dark Shadows, c’est parce que les bandes annonces (et dans une moindre mesure, le pitch) étaient prometteuses : les dialogues avaient l’air drôle, les situations cocasse et même la photographie m’avaient donné envie de retenter l’aventure Burton via cette gothique et romantique comédie.


A propos, savez-vous accorder l’adjectif correctement après l’expression « Avoir l’air » ?

Il faut voir dans quel sens est employée l’expression  pour pouvoir accorder correctement l’adjectif qui suit :

  • Avoir l’air signifie « sembler, paraître »

Quand avoir l’air signifie « sembler, paraître », il s’agit d’une locution verbale de même type que les verbes d’état être, sembler, demeurer, etc. L’adjectif est attribut du sujet avec lequel il s’accorde : « lLes stagiaires ont eu l’air ravis de recevoir ce document », ou  » Je me fie à ces rapports qui ont l’air vraiment complets ».

  • Avoir l’air signifie « avoir la mine, l’apparence »

Quand avoir l’air signifie « avoir la mine, l’apparence », l’expression se compose du verbe avoir suivi d’un complément d’objet direct l’air. L’adjectif est épithète de air avec lequel il s’accorde en genre et en nombre. Les stagiaires avaient l’air ravi de ceux qui ont réussi (= « ils ont le même air ravi que ceux qui… » : ravi s’accorde avec le nom air dont il est épithète).

Perso, j’ai appris un truc, là.


Le pitch du film est relativement classique : tout commence en 1760, lorsque la famille Collins émigre de Liverpool pour s’installer dans le Maine (aux Staïtes, donc) où elle fonde la ville de Collinsport et crée une industrie de pêche florissante. Barnabas Collins, jeune aristocrate, entretient une liaison avec Angélique, une domestique, mais refuse de s’engager sérieusement avec elle et l’éconduit, poliment mais fermement. Las !, Angélique s’avère rapidement être une dangereuse sorcière, et elle tue les parents de Barnabas par vengeance. Quelques temps après, Barnabas décidant d’épouser Josette, elle transforme le nobliau en vampire, pousse Josette au suicide et fait enfermer Barnabas vivant dans un cercueil enterré au milieu de la forêt.

Deux siècles plus tard, en 1972, Barnabas est libéré de son cercueil par accident et part à la découverte du monde : les voitures, la télé, les beatniks, et surtout, surtout… qu’Angélique est encore là et a mené les Collins, ses descendants, à la ruine. Après avoir tant bien que mal fait la connaissance et réintégré sa famille, il se lie avec Julia, la psychiatre alcoolique employée à domicile par les Collins et tombe fou amoureux de Victoria, la toute nouvelle gouvernante (il a quitté le paradis !).

Barnabas éconduisant de nouveau Angélique, devenue Angie, la guerre recommence de plus belle entre la sorcière et notre héros, aidé cette fois par sa famille.


Le film commençait très très bien : les premières minutes, où Barnabas nous raconte son arrivée, enfant, sur le nouveau continent, ses amourettes avec Angélique puis sa rencontre avec Josette, et surtout la fin dramatique de son idylle, sont extrêmement bien rendues. Mieux encore, lorsqu’en 1972 Barnabas tombe nez à nez avec un Mac Donald’s, la scène est très drôle et pleine de promesses pour la suite. Hélas, ces promesses ne seront qu’à moitié tenues.


De bons côtés, et de moins bons :

Il y a tout d’abord plusieurs scènes remarquables (notamment une scène de cul mémorable) ; il y a également un jeu d’acteurs talentueux (Johny Depp toujours aussi bon dans toujours le même rôle, qui soigne ici sa 8ème collaboration avec Burton ; Eva Green, la sorcière sexy, parfaite ; Michelle Pfeiffer, méconnaissable mais toujours aussi bonne actrice) ; il y a également de chouettes musiques qui cadrent tout à fait avec le film (Dany Elfman est aux manettes, à qui l’on doit déjà 6465² génériques de séries ou musiques de films ; mais également du rock plus pêchu, comme Alice Coopers, qui fait d’ailleurs une apparition dans le film) ; il y a également et surtout un univers propre à Burton que j’ai pris plaisir à retrouver, avec une imagerie très particulière.

Mais il y a également quelques acteurs qui sont à mon sens en deçà de ceux énumérés ci-dessus : l’adolescente rebelle qui en fait trop ; le cadet de la famille qui n’en fait pas assez (ok, c’est son rôle) ; la psychiatre pénible et qui m’a énervé tout du long… Il y a également une fin bâclée en quelques minutes alors que la trame originale de l’histoire, une histoire d’amour, est complètement mise de côté jusque dans les 25 dernières secondes (« ha oui, c’est vrai, on a commencé par une love story, alors il faut qu’on en remette une couche à la fin ! »).

Il y a également quelques incohérences dans le film, mais que je ne relèverai pas ici (je suis un connard, certes, mais je ne suis pas odieux. A moins que ce ne soit l’inverse ?), mais tout de même, à la réflexion, je me suis demandé d’où sortaient les descendants de Barnabas Collins vu qu’il est a priori fils unique…

Malgré quelques longueurs, Dark Shadows reste une comédie gothico-romantique qui se laisse voir. Nous avons passé un bon moment, mais même si je suis peut-être réconcilié avec Tim Burton, j’avais pensé rire tout du long des 1h52, alors que je n’ai finalement ri que quelques fois (mais souri la plupart du temps) : en attendant le probable Dark Shadows II ?




Une réflexion sur “ Dark Shadows (Tim Burton, 2012) ”

  1. Gattaca
    Gattaca sur

    Effectivement, le film se laisse regarder, avec toujours un univers timburtonien bien marqué… mais des longueurs, et surtout un scénario inexistant sur fond d’histoire d’amour avec la gouvernante quasiment absente… On aurait aimé sentir un semblant de flamme entre Barnabas et Josette, découvrir par quelles formidables idées il allait redonner la fortune et la flamboyance à la famille Collins (au lieu de ça, on va dire qu’on ne peut pas faire plus basique…), que le père du gamin mette le souk dans la famille en découvrant le secret de Barnabas, + une fin en eau de boudin, à nouveau décevante… Sans parler des incohérences !

    Allez voir Blanche-Neige si vous êtes fan des effets spéciaux, des beaux décors, paysages et costumes ! L’histoire, librement revisitée, a aussi quelques longueurs, mais du point de vue esthétique et de la photographie, j’ai trouvé le film magnifique et d’une noirceur assez rafraîchissante ! Charlize Theron est très convaincainte en reine diabolique proche de l’internement, et Kirsten Stewart tient à peu près le rôle de la belle Blanche-Neige, mais toujours à sa manière un peu agaçante de « petit oiseau tombé du nid » (sauf à la fin où elle manque définitivement de charisme !)

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