Cette semaine, c’est le 8 mai. Tout comme le 1er, ce jour est férié en France, et nous autres pauvres travailleurs sommes donc bien désappointés lorsqu’ils tombent un jour déjà non travaillé (comme cette année, et malheureusement comme la prochaine également… Pensez donc d’ores et déjà à poser vos lundis 30 avril et 7 mai 2012 ; en plus, pas la peine de garder des congés de côté, je vous rappelle qu’en décembre 2012, ce sera la fin du monde). En passant, sachez juste que le 8 mai n’a pas toujours été chômé depuis 1945, puisque le caractère férié de ce jour fut supprimé entre 1959 et 1981.
Le 8 mai n’est donc pas travaillé en France, et comme chacun sait, on célèbre effectivement la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie ; mais plus précisément, que fête-t-on ? La signature du traité de paix ? La capitulation de l’Allemagne ? Celle du Japon ? L’armistice ? Quelles différences entre tous ces termes ?
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Saviez-vous qu’en prévision de ces commémorations, le service communication de l’Elysée lui-même a confondu ces termes, ce qui a déclenché une mini-polémique ? Car effectivement, si l’on peut comprendre que le citoyen lambda ignore les nuances entre des mots relativement proches, c’est plus grave lorsque ce sont les personnes mêmes qui sont susceptibles de devoir un jour signer un armistice ou une capitulation qui ne font pas la différence…
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Capitulation et armistice signifient souvent dans la pratique l’arrêt des combats mais n’ont pas la même signification : la capitulation est une décision militaire, reconnaissance d’une défaite majeure. Cette décision peut être prise par un chef d’armée et est lourde de conséquences, pour l’armée concernée (mise hors de combat), pour le territoire voire le pays tout entier et pour le chef qui capitule : la capitulation peut être considérée comme un acte de trahison, puni de mort (et l’histoire est riche de chefs d’armées à avoir été considérés comme des traîtres pour cette raison, comme des poltrons).
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Saviez-vous, d’ailleurs, d’où vient le mot poltron ? Une explication voudrait que sous l’empire romain, pour éviter le service militaire, certains hommes se coupaient le pouce, et devenaient donc des pollex truncatus, ce qui donna poltron par contraction.
Et le signe « V », pour « Victoire » ? Selon certaines sources, ce signe remonterait à la guerre de cent (seize) ans : durant plusieurs batailles, les archers jouèrent un rôle décisif dans la stratégie militaire anglaise. À tel point que lorsque les Français capturaient un archer anglais, ils lui sectionnaient l’index et le majeur, car ces deux doigts sont essentiels pour tirer à l’arc (mais qui n’empêche pas le paysan enrôlé de force de continuer à travailler la terre). En signe d’insulte, les archers anglais auraient pris l’habitude avant la bataille de faire le signe « V » à l’adresse des Français. La paume tournée vers soi, ce geste est devenu une insulte courante en Angleterre (merci Stoeffler :-).
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Pour en revenir à notre actualité, on distingue la capitulation, décision militaire, de l’armistice qui est une décision politique : l’armée est toujours en état ou en train de combattre (au moins officiellement et théoriquement). C’est la négociation politique qui fixe le résultat (selon que l’armistice est offert ou demandé, les conditions de l’armistice, etc.). Même si la situation militaire est telle que tout ou partie du territoire est occupé par l’ennemi, il reste théoriquement sous administration du vaincu (comme ce fut le cas sous l’Occupation en France).
Le 8 mai, on fête donc en France la capitulation allemande survenue en 1945 (la fin de la Seconde Guerre Mondiale aura lieu avec la capitulation du Japon le 2 septembre suivant).
Ce fut l’occasion de manifestations dans le monde entier, tout comme au début mai 68 à Paris et les première barricades. Tous ceux qui ont connu ces évènements se souviennent du « C.R.S. S.S. » repris maintes et maintes fois par la suite (comme quoi, il y a des choses qui ne changent pas, et je vous laisse choisir ce qui n’a pas changé).
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Ce slogan, comme tant d’autres était alors clamé sur l’air des lampions, tout comme c’est sur l’air des lampions que vous scandez « une autre » ou un « remboursez » à la fin d’un concert, selon qu’il a été plaisant ou nul, ou « on a gagné » à la fin d’un match de foot (non perdu, de préférence).
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Tout d’abord, rappelons que le « lampion », venu de l’italien « lampione » (grosse lanterne), a d’abord surtout désigné une lanterne de bateau. Ensuite, à la fin du XVIIe siècle, son usage s’est restreint à l’appellation d’un godet à huile dans laquelle une mèche trempait, permettant ainsi de faire un lumignon avec lequel, entre autres utilisations, on pouvait illuminer les bordures de fenêtres.
C’est au milieu au XVIIIe que le mot désigne également des lanternes vénitiennes, comme celles en papier plissé que les enfants maintiennent accrochées au bout d’un bâton lors de défilés festifs nocturnes.
Le premier air des lampions résonna en 1848, alors que Louis-Philippe venait d’être chassé par une insurrection à la suite de laquelle la République fut proclamée. Les républicains montrèrent leur joie en illuminant leurs fenêtres ; mais, comme il y avait finalement peu de ces éclairages spontanés, les bourgeois étant dérangés par les émeutes, les gens dans les rues se mirent à scander « des lampions ! des lampions ! » qui firent augmenter le nombre de fenêtres éclairées.
Victor Hugo écrivit d’ailleurs à ce propos : « En un clin d’oeil, la ville fut illuminée comme pour une fête. »
C’est de cet appel répétitif, d’une seule note et de trois syllables qui nous vient notre expression.
Sympa, non ? A la prochaine manif’, vous scanderez moins bêtement :-)
#1 by Jika at mai 5th, 2010
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Je suis tombé par hasard sur une jolie photo un peu en rapport avec l’article : « faites l’amour, pas la guerre », « flower power, tout ça »…
#2 by Stoeffler at mai 5th, 2010
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Ha, ha… la prochaine photo, ca devrait etre la gamine qui se prend des coups de pieds dans la tronche!