Sucker Punch (Zack Snyder, 2011)

 

J’ai pas mal réfléchi à comment tourner cet article, tant ce film est singulier.

On sait ce qu’on attend d’un bon polar, d’un film de pirates  ou d’une comédie, mais je me demande ce qu’en attendaient les spectateurs qui sont allé voir Sucker Punch (perso, c’était mon tour d’aller voir un film non choisi par moi ; le coup d’avant, j’avais imposé « L’Agence » parce que j’aime bien Matt Damon, alors je pouvais bien accepter d’aller voir quelques bonasses se trémousser)…

 

Zack Snyder, à qui l’on doit déjà « L’armée des morts », « 300? et « Watchmen », que j’ai plus ou moins apprécié, signe là son premier film « original », qui ne soit ni un remake ni une adaptation. Et visiblement, il s’est fait plaisir, il a tout lâché, pour le meilleur comme pour le pire.

 

 

Sucker Punch, donc. L’histoire assez basique retrace une tentative d’évasion : internée contre son gré par son meurtrier de beau-père dans un asile psychiatrique, Babydoll entraîne 4 autres prisonnières dans son projet. La gestion de l’asile est assurée par Blue, un type malfaisant qui utilise les filles lors de shows érotiques et qui n’hésite pas les prostituer, selon le bon plaisir des notables de la ville, et l’encadrement des filles et leur apprentissage de la danse sont assurés par Mme Gorski, matrone à la fois complice de Blue et bienveillante envers ses protégées.

Après l’avoir acceptée dans leur groupe, les 4 copines de Babydoll la suivront jusqu’au bout de son projet :  Rocket, la fille garçon manqué, Sweet Pea, sa sœur et ancienne leader du groupe, Blondie la brune et Amber la geek.

L’histoire, pourtant, n’est pas si simple, car Sucker Punch emprunte très rapidement une voie fantastique : afin de supporter une tournure des évènements plus que catastrophiques (la mort de sa mère, celle de sa sœur, son internement dans un asile transformé en prison/bordel, promise à une lobotomie en règle dans les 5 jours), Babydoll se réfugie dans son imaginaire ; dès lors qu’elle danse, elle se projette ainsi dans un monde virtuel ou avec ses copines elle peut lutter et vaincre -facilement- d’horribles créatures.

Elle se réfugie effectivement dans son imaginaire, où elle mène avec ses amies des missions qui leur sont confiées par le Sage, un personnage mystérieux et bienveillant. Lorsque les 5 filles se retrouvent plongées dans l’imaginaire de Babydoll pour par exemple dérober un plan secret durant la première guerre mondiale, c’est en fait le plan de l’asile où elles sont enfermées qu’elles recherchent ; lorsqu’elles combattent un dragon, c’est en fait le briquet d’un des gardiens qu’elles s’accaparent, etc. Je reviendrai plus tard sur l’esthétique du film en général, mais les scènes nées de l’imagination sont de vraies réussites tant au niveau décors qu’au niveau des combats, ultra dynamiques et bourrins.

Un sujet télévisé sur le film le comparait à un gros succès de 2010, Inception. S’il est exact que le principe du film repose sur la même mécanique – un personnage en entraîne d’autres dans ses rêves / son imaginaire pour influer sur la réalité au terme de missions spectaculaires et risquées –, la comparaison s’arrête là, à mon avis. Je ne pense pas qu’il faille chercher dans Sucker Punch la profondeur d’Inception, ni sa double, voir triple lecture du film. Je le vois plus comme le délire d’un scénariste nourri aux mangas et aux jeux vidéos, éléments que l’on retrouve tout au long du film (zombies nazis, dragons, samouraïs, méchas, etc.).

 

Et en même temps, il y tout de même quelques éléments disséminés ici ou là dans le film qui en font un peu autre chose qu’un gros délire plein de nichons et de cascades, comme par exemple le personnage du Sage, ou les réminiscences architecturales de Babydoll dans ses missions imaginaires. Mais que l’on ne s’y trompe pas, on a tout de même l’impression tenace d’assister à une partie de jeu vidéo, avec des levels, des objets magiques à récupérer, des combos et des boss de fin de niveau…

 

Pour finir sur une note positive sur ce film qui ne m’aura pas laissé un souvenir indélébile (à peine une tâche suspecte sur mon jean, finalement), j’en ai particulièrement bien apprécié l’esthétique. Et je ne parle pas des actrices en plastique dans leurs petites tenues affriolantes… Mais autant le film souffre de défauts énormes (l’impression par exemple que le scénario n’a été relu par personne), autant j’ai vraiment accroché sur le style glauco-gothique du film, qui n’était pas sans rappeler celui de Tim Burton (et à y penser, « 300? et même « Watchmen » se distinguaient déjà par une esthétique assez particulière et que je trouve pour ma part intéressante).

 


2 réflexions sur “ Sucker Punch (Zack Snyder, 2011) ”

  1. Jika sur

    Ptain, on a perdu toute la discussion sur la profondeur du film :p

  2. stoeffler sur

    Vu!

    Bon essentiellement, la premiere partie du film est bien (si on s’arrete aux images, parce que le scenario et les dialogues sont un peu indigestes).
    Je suis d’accord que l’intro du film avec la musique a fond est tres reussie, et les deux premieres scenes oniriques sont tres sympas, visuellement et la maniere dont c’est filme, cependant le reste du filmk je pense n’etait pas assez inventif et je me suis fait un peu chie pour etre honnete.
    La fin etait assez bien fichue je trouve, la maniere dont on est ramene a la realite et les changements que ca apporte.

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