Rock en Seine 2026 (journée du dimanche)

Si la journée du samedi avait été placée sous le signe du gros son, le thème de la programmation générale du dimanche était manifestement le chill, avec des artistes au style plus calme. On a suivi cette tendance en se faisant un programme plus léger que la veille avec « seulement » 5 concerts (et finalement que 2 concerts et 2 demi-concerts…)

J’avais prévu de commencer la journée par Dry Cleaning, mais en réécoutant quelques titres le matin-même pour faire découvrir à Marion ce qu’on allait voir ce jour-là, je n’ai plus été emballé du tout, même par ceux que j’avais pourtant likés dans mon appli musicale… Du coup on s’est offert plutôt une heure de chill supplémentaire à la maison.

Slowdive****

On a tellement chillé que je me suis trompé dans mon calcul de l’heure à laquelle il fallait qu’on parte pour arriver au festival pour le début du concert de Slowdive... et du coup on n’a vu que les 3 derniers morceaux :/

Heureusement ils avaient bien sûr gardé le génial When the Sun Hits pour le final (quoi que ce n’était pas l’ultime morceau). Le son était puissant, j’ai ressenti les basses et les guitares saturées dans mon corps : on n’a donc entendu qu’une petite partie du concert, mais pour ma part j’ai quand même eu ce que j’étais venu entendre, et j’étais donc très content malgré tout.

Wolf Alice**

Le nom de Wolf Alice m’est familier parce qu’ils jouent assez régulièrement à Rock en Seine me semble-t-il, et je crois que Mimiche a écouté au moins à un moment quand il était dans une phase où il aimait écouter des chants féminins aux voix très aériennes. Je m’étais dit que ce serait l’occasion de découvrir le groupe, et effectivement ça m’a permis de voir que leur musique ne me plaît pas du tout. Ça ne m’empêche pas de reconnaître le talent évident de la chanteuse, techniquement admirable même si son timbre ne me touche pas trop par contre.

On n’est restés le temps de 5 titres ; les 5 étaient dans des registres assez différents (pop, folk, pop-rock… on restait quand même vraiment dans le chill hardcore), mais pas un ne m’a plu et l’un m’est carrément sorti par les oreilles tellement c’était de la soupe (Just 2 girls apparemment). Pour autant ça a été un des moments les plus sympas du concert parce que la chanteuse a fait monter sur scène deux jeunes filles du premier rang du public pour remplacer les danseuses qui sont normalement avec le groupe sur ce morceau – tiens, c’est d’ailleurs ça que je vais vous mettre en illustration pour que vous ayez à la fois le côté mignon des deux gamines qui ont dû vivre le rêve de leur vie, et en même temps l’horreur de cette soupe.
Pas pour moi, donc.

Interpol****

On doit approcher de la dizaine de fois où on a vu Interpol en concert Marion et moi, mais ça reste un plaisir à chaque fois. Bon, la musique d’Interpol n’est pas dans son meilleur écrin en plein jour, et clairement, une bonne partie des gens qui étaient dans les premiers rangs, restés statiques pendant tout le concert, étaient juste des fans de Cure qui n’avaient rien à foutre d’Interpol et attendaient juste que le temps passe – ce qui est un poil agaçant et vraiment pas respectueux ni des artistes, ni du reste du public. Comme Interpol jouait sur la Grande Scène, je ne me faisais pas trop d’illusion sur ce que vaudrait le son, mais j’ai été très agréablement surpris ; le fait qu’on était étonnamment bien placés (suffisamment bien pour que même Marion puisse voir distinctement la scène et les artistes de bout en bout) a pu jouer, mais en tout cas les conditions étaient vraiment top pour nous. Ils ont joué pas mal de titres que je ne connaissais pas, dont un du tout nouvel album This Mirror Weighs a Ton. J’ai pensé que tous ces morceaux que je découvrais étaient extraits de ce 8e opus, mais je réalise en rédigeant cet article que j’ai loupé la sortie de deux autres albums entre-temps (il faut dire que comme souvent avec les groupes qui ont une grande longévité, on a tendance à plutôt réécouter les premiers albums qu’on avait adorés plutôt que les derniers sortis…). En l’occurrence, ces « nouveaux » titres m’ont bien plu et j’ai trouvé cool de les découvrir en live dans ces bonnes conditions d’écoute : je vais réécouter les albums « récents », je suis manifestement passé à côté de bons morceaux.

The Cure****

On aurait pu rester à l’emplacement idéal sur lequel on se trouvait pour le concert d’Interpol, et être ainsi hyper bien placés pour The Cure. Marion avait sous-estimé l’affluence que je savais bien qu’il y aurait pour ce concert, et pensait qu’on arriverait à se faufiler pour bien se placer de nouveau. De mon côté, je savais que si on partait c’était cuit, mais je sais que Marion n’est pas particulièrement fan du groupe et qu’elle me fait chaque fois le plaisir de m’accompagner (comme la veille sur les Deftones) malgré tout, et donc le fait qu’elle prenne elle aussi plaisir à l’événement (ce qui signifie en partie pour elle : manger des trucs chouettes et boire des coups) est plus important pour moi que le fait de tenir à tout prix une place, quel que soit le concert. Résultat : on s’est retrouvés quand même assez loin de la scène et on a surtout vu le concert au travers des écrans géants ; néanmoins, comme le son était étonnamment bon (une fois encore, ce qui va peut-être me faire revoir mon jugement sur la Grande Scène), on a tous les deux quand même pleinement profité du concert.

The Cure était LA grosse attraction du festival cette année, au point d’entraîner la disparition presque immédiate des billets pour la journée du dimanche : on a failli ne pas avoir de places, et c’est à force de retourner voir occasionnellement sur le site du festival qu’on a fini par les dégoter, quittes à payer un peu plus que nécessaire puisque la seule opportunité qui s’est présentée à nous a été de prendre des billets jeudi+samedi+dimanche alors qu’on savait qu’on n’irait pas le jeudi (il y a des gens qui travaillent, hein !). Je découvre en rédigeant cet article que la raison de cet engouement est qu’en fait ça faisait 16 ans qu’ils n’avaient plus sorti d’album (le temps passe VRAIMENT trop vite…) et que beaucoup pensaient donc sans doute ne plus avoir d’occasion de les voir jouer.

Je dois dire que je ne suis pas très fétichiste des artistes eux-mêmes : même quand je suis archi-fan d’une œuvre, je ne crois pas qu’il y ait d’artiste dont je sois fan, au sens où j’adorerais passer une journée avec eux ou que je crie de joie en les voyant. Du coup, j’étais content de voir que Robert Smith a gardé ce timbre de voix qui fait une partie de son charme, ainsi que l’essentiel de sa capacité vocale, mais je n’étais pas extatique de voir l’homme lui-même (bon, surtout vu la distance) comme pouvaient l’être beaucoup de gens venus pour ce concert.

The Cure fait partie de mes groupes fétiches, donc ça me faisait très plaisir de les voir pour la première fois sur scène. Jusque là je ne m’étais pas battu pour le faire parce que ce dont je suis fan, c’est plutôt la période de 1979 (Three Imaginary Boys, premier album) à 1994 (sortie de Burn sur la BO de The Crow après la sortie de Wish en 1992) ; je suis vraiment moins emballé par les balades qui ont commencé à parsemer leurs albums depuis Disintegration (1989). J’ai aussi beaucoup écouté leurs lives, et je n’aime pas beaucoup l’espèce de son de kazoo qu’ils donnent à leurs synthés sur des morceaux que j’adore comme The Walk.
Autant dire que je me serais facilement passé de la moitié des morceaux que je savais qu’ils joueraient pendant le concert, mais bon c’est le jeu ma pauvre Lucette : on n’a rien sans rien. Avoir l’occasion de vivre Fascination Street, A Forest, Close to Me, Lullaby, ou From the Edge of the Deep Green Sea (j’ai même versé une petite larme sur cette dernière) en live aura largement compensé les moments un peu barbants (le concert a commencé par 4 morceaux de cette famille : autant dire que je ne suis pas rentré dedans tout de suite), et cette soirée me restera en mémoire (enfin, vous savez ce qu’elle vaut…) comme une très bonne expérience. Très bonne édition du festival, cette année 2026 !

La setlist du concert se trouve ici pour celles et ceux qui l’auraient manqué (c’était pourtant diffusé en direct sur France 4 ; vous pourrez vous rattraper en replay à partir du 10 septembre semble-t-il).

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