Rock en Seine 2026 (journée du vendredi)

Obtenir des places pour Rock en Seine n’a pas été facile cette année : la venue de The Cure a visiblement causé un rush et toutes les places du dimanche ont été prises en très peu de temps. Comme le prix des billets est dégressif en fonction du nombre de jours qu’on prend (le festival dure 5 jours du mercredi au dimanche) et que la programmation était vraiment chouette cette année sur les 3 journées principales, on aurait voulu prendre un billet 3 jours (du vendredi au dimanche), mais ça a été totalement impossible. La façon dont fonctionne leur système de billetterie n’est pas parfaitement clair, mais de nouvelles places ont fait leur apparition et on a d’abord pu prendre des billets pour jeudi-samedi-dimanche, puis quelques mois plus tard, pour le vendredi seul. On a donc payé trop cher, mais on couvrait comme ça les 3 jours qui nous intéressaient, et la programmation valait vraiment le coup : même à environ 100€ la journée, quand on va voir au moins 4 concerts par jour, le prix du concert reste acceptable par rapport au prix d’un concert seul hors festival.

Pour cette première journée pour nous, les attractions principales étaient les concerts de Biffy Clyro (que j’ai découverts justement à Rock en Seine il y a… 15 ans de ça) et de Franz Ferdinand. Pour ce récit, je ne nommerai plus les scènes, elles portent désormais les noms de sponsors (ce qui m’emm.. déjà en soi), et ces noms ne donnent plus aucune idée de la taille ni de l’emplacement de la scène.

Biffy Clyro****

J’avais vraiment bien aimé le groupe la première fois que je les avais vus en concert en 2015, j’ai tout de suite aimé leur son et plusieurs de leurs morceaux, et j’avais été impressionné par l’originalité de leurs compositions, en particulier ces passages avec des arythmies qui semblent impossibles à mettre en place mais qu’ils tiennent toujours à la perfection (je vous mets Living is a Problem Because Everything Dies en illustration, ça devrait être plus parlant si vous ne voyez pas de quoi je parle) – un exploit d’autant plus remarquable que le public qui tente de suivre en tapant des mains (ce qui n’est donc pas possible) ne leur rend pas vraiment service.

Je n’avais pas retrouvé la même énergie sur leurs albums, mais la sortie de l’excellent Revolutions : Live at Wembley a comblé mes attentes, en restituant cette fameuse énergie tout en constituant un parfait « Best of » de leurs titres : je vous le conseille si vous ne l’avez pas déjà écouté.

Le line up m’a surpris puisque le trio normalement composé du chanteur Simon Neil et des deux jumeaux Johnston à la batterie et à la basse était remplacé par une escouade de 5 musiciens, encore renforcée de 2 violonistes sur de nombreux titres. J’ai appris en préparant cet article que le bassiste était en cure de désintoxication, et donc off pour un temps. Le concert était néanmoins très bon, et comme ils étaient programmés tôt (17h), nous avons pu profiter de la moindre densité de la foule pour assister au concert en étant à moins de 20 mètres de la scène, ce qui était bien agréable.

Wet Leg***

Wet Leg a fait pas mal le buzz semble-t-il en 2021 (au point de dissuader les gens qui fuient les mouvements de masse comme Stoeffler (ou moi) de s’y intéresser), mais ce buzz n’a pas atteint les frontières de l’Hexagone ou en tout cas j’y ai totalement échappé, et j’ai pour ma part découvert le duo et son tube Chaise Longue seulement en 2023 quand nous l’avons repris avec mon groupe. Je ne les ai pas suivis de près, mais j’avais jeté une oreille au reste de leur musique et j’avais trouvé ça très bien, avec pas mal de morceaux assez catchy et pétillants, pop dans l’esprit mais avec un son rock malgré tout. J’ai découvert à l’occasion du concert que Wet Leg avait fait un peu de chemin entre temps puisque le duo féminin initial est maintenant renforcé par trois musiciens supplémentaires (mais on voit sur leurs vidéos que les gars étaient déjà là depuis le départ, ils ne faisaient juste pas officiellement partie du groupe).

Le groupe jouait sur la Grande Scène, et on n’a pas eu le courage de traverser la foule pour les voir de près, d’autant que sur la Grande Scène, à moins d’être vraiment très près on ne voit pas vraiment mieux la scène, et que le son est souvent moins bon quand on s’approche… Le prix à payer bien sûr, c’est qu’on était moins immergé dans le concert du coup, le son était moins fort et on ne voyait ce qu’il se passait sur scène à peu près qu’au travers des écrans géants. Bref, du coup le concert était sympa, mais pas délirant non plus et les conditions ont fait qu’on est restés un peu en-dehors. Les titres que j’ai entendus m’ont malgré tout donné envie de jeter une nouvelle oreille à leur musique, qui garde les qualités que je lui avais déjà trouvé lors de mes premières écoutes.

The Black Keys***

Je connais un peu moins bien The Black Keys, dont j’aime bien le son blues-rock garage et notamment la voix du chanteur Dan Auerbach, mais dont les chansons ne m’ont jamais vraiment accroché sans que je puisse expliquer pourquoi. La tendance du moment était respectée puisque le duo guitare-batterie s’est présenté sur scène… à six musiciens, avec un percussionniste, un bassiste, un deuxième guitariste et un clavier. Ça enrichit certes le son, mais ce format dissipe un peu ce qui fait l’originalité (même si c’est devenu relativement courant depuis) de l’épure du duo initial. Comme on était situé à peu près aussi loin que pour le concert précédent (avec un son quand même meilleur), nous sommes restés encore une fois un peu extérieurs au show, qu’on a trouvé agréable mais qui ne nous a pas entraînés.

Franz Ferdinand****

J’ai été un fan de la première heure de Franz Ferdinand, et je reste amoureux de leur extraordinaire premier album, mais j’ai été moins convaincu par la suite de leurs productions, et je pensais avoir définitivement perdu mon intérêt pour eux lorsqu’ils ont remplacé le jeu de guitare sautillant de Nick McCarthy par des sons électro. Je n’avais notamment pas du tout apprécié leur précédent concert sur la Grande Scène de Rock en Seine en 2017, où j’avais trouvé que le chanteur en faisait trop, et que le groupe ne jouait plus vraiment du rock. Je venais donc les voir cette fois sans vraie attente… et j’ai été hyper agréablement surpris. En frontman aguerri, dans un smoking élégant, Alex Kapranos a su cette fois parfaitement entraîner le public, la musique était bonne (pas de secret : la moitié de la playlist était issue du premier album), le son était bon, le public répondait, l’ambiance était bonne : tout était au top.

La vidéo de This Fire jouée ce soir-là que je mets en illustration n’est pas de très bonne qualité, mais elle traduit bien l’énergie que le groupe, et le chanteur en particulier il faut bien le reconnaître, ont su insuffler dans cet excellent concert qui m’a vraiment réconcilié avec le groupe. Meilleur concert de la journée, bien placé pour rester le meilleur du festival, record à battre !

Nick Cave and the Bad Seeds***

J’ai essayé d’écouter Nick Cave à l’époque où je m’intéressais au gothique, dont le chanteur Australien reprend en partie l’esthétique mais pas vraiment le style musical. Je n’ai jamais vraiment accroché à son œuvre certes originale mais que je trouve un peu morne (oui je sais : c’est thématique) et justement, pas très musicale.

J’ai trouvé que ça fonctionnait un peu mieux ce soir-là en live, où l’habillage de la scène (avec un grand rideau en soie de pompes funèbres), le look de croque-morts destroy octogénaires des musiciens, et le chœur de gospel ajoutaient à l’ambiance ce que je trouve qu’il manque sur les albums, le petit plus qui rend convaincante l’atmosphère dérangeante et compense le relatif manque d’attrait de la musique elle-même.

On n’est restés que le temps de trois morceaux pour diverses raisons (entre autres : on s’embarque pour trois jours de festival et mine de rien, c’est fatigant !), mais j’ai mieux compris avec ce show pourquoi des gens pouvaient trouver le groupe intéressant.

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