[GOne] Mirror, Mirror

A l’occasion de la publication de nos morceaux, mixés avec une qualité professionnelle, sur les plateformes de streaming (GOne sur Spotify / GOne sur Deezer / GOne sur Apple Music / GOne sur Amazon Music / GOne sur SoundCloud), je reprends la plume pour vous parler un peu des titres au fur et à mesure de leur publication.

Cette semaine : Mirror, Mirror.

L’instrumental de cette chanson a été écrit en 2013, par Prun L. (a.k.a. Mr Yeelo sur ses réseaux), qui avait rejoint GOne en décembre 2012, prenant la relève à la basse d’Alexandre P, parti explorer de nouvelles activités. Du fait de divergences artistiques et de tempérament, Prun (avec qui j’ai ensuite fondé le projet Undercover avec lequel on s’éclate encore aujourd’hui), ne sera pas resté très longtemps au sein de GOne, mais il nous aura laissé cette pépite qui est sans doute notre titre le plus catchy, avec lequel on arrive à faire danser même celles et ceux qui entendent le morceau pour la première fois, ce qui n’est pas un mince exploit.

Le titre de cette chanson fait évidemment référence au conte de Blanche-Neige et au miroir magique auquel la reine demande chaque jour qui est la plus belle femme du royaume. On pourrait aussi y voir un lien avec la chanson Man in the Mirror de Michael Jackson, au sens où le dialogue qui se noue dans les deux chansons n’est pas tant avec le miroir qu’avec la personne qui s’y reflète : le narrateur de Mirror, Mirror, n’interroge pas le miroir, mais lui donne son avis sur le monde tel qu’il va – et manifestement, il ne va pas très bien.

Je crois me souvenir que l’œuvre qui m’a réellement inspiré ce texte est en réalité Rear-view Mirror, de Pearl Jam. J’ai réécouté la chanson récemment et le propos n’a en fait rien à voir, mais l’image que ce titre m’avait évoquée était celle d’un monde qui regarde dans le rétroviseur, cherchant dans son passé les mêmes réponses à apporter à des problèmes que ces réponses n’ont pas résolu.

On sortait à l’époque de la crise bancaire de 2008, dite des subprimes, qui avait montré le danger fatal que représentait la spéculation incontrôlée et la nécessité d’exiger que les banques séparent leurs activités spéculatives de leur rôle de coffre-fort des économies des épargnants. Cette séparation éviterait que les économies des épargnants ne risquent de s’évaporer subitement quand les activités de spéculation conduisent les banques à perdre tout l’argent avec lequel elles ont spéculé.
Cette crise a été résolue… en sauvant les banques grâce à un endettement massif des états – donc de tout le monde – que nous payons encore aujourd’hui. Si vous ne vous souvenez pas de cette crise, ou si vous étiez trop jeunes pour l’avoir connue, je vous recommande très chaudement l’excellent film The Big Short, qui réussit l’exploit d’être un film ludique, drôle, avec des vedettes comme Christian Bale, Steve Carell, Ryan Gosling, tout en décrivant de façon parfaitement claire et compréhensible les mécanismes de cette crise, et ce qui parait assez évident qu’il faudrait changer pour que ça n’arrive plus… Mais nos gouvernants eux, ont préféré revenir au business as usual comme s’il n’y avait eu aucune leçon à tirer de cette histoire.

Des années sont passées depuis l’écriture de Mirror, Mirror, mais avec la crise du Covid et le confinement qui nous a fait envisager de nouvelles façons de vivre, plus sobres, nous avons eu une occasion encore plus criante de nous reposer les mêmes questions. Les réponses qui se sont dessinées impliquaient une révolution culturelle qui paraissait inimaginable quelques mois plutôt, mais qui devenait subitement évidente et incontournable face à la contrainte : il allait falloir vivre autrement, et c’était faisable…
On sait quelle a été l’issue de cette nouvelle crise : le retour à la normale dès que ça a été possible (avec quelques transformations sociétales quand même, mais pas tout à fait celles espérées !).

Aujourd’hui, à l’heure où les gens semblent avoir oublié ce que signifie de mettre au pouvoir des régimes haineux et où on se dirige tranquillement vers une répétition de l’Histoire à un siècle d’intervalle, le message de Mirror, Mirror reste on-ne-peut-plus d’actualité : nous ferions mieux de chercher de nouvelles réponses, plutôt que de nous tourner vers celles du passé.

A noter : Prun a eu l’envie de réinterpréter Mirror, Mirror à sa manière en 2025 : on s’est retrouvés chez lui pour enregistrer une nouvelle version du morceau, que vous pourrez écouter sur son SoundCloud (ou via le lecteur hébergé ci-dessous). Personnellement, ça m’a fait très plaisir de chanter à nouveau ce titre, qui à mon sens est un véritable tube pop-rock et mériterait d’être bien plus largement connu. Dites-moi en commentaires ce que vous pensez de ces deux versions et si vous en percevez les différences subtiles !

Paroles originales :

There’s trouble out there
Looks like we’re getting nowhere
We feel the need for new directions
But we’re only facing repetition
And now I know, I know
Nobody will believe what I saw
I saw the dawning of a grand new era
Saw it shrinking in the rear-view mirror

Mirror, mirror
I am looking for answers
But from my humble point of view
It ain’t you that one should look to
Mirror, mirror
The past is not the answer
We’ve got to change our point of view
And imagine the world anew

The situation calls for sound reflection
A clear meaning, and a clear vision
We need a change, a change in perspective
The one you send back is all so twisted

Mirror, mirror
We’re all looking for answers
And from my humble point of view
It ain’t you that we should look to
Mirror, mirror
The past is not the answer
We’ve got to change our point of view
And imagine the world anew

When I look back the patterns forms a circle
And I see us framed in the dead angle
When I look back the patterns forms a circle
And I see us framed in the dead angle

Mirror, mirror
We can’t stall forever
Now I know what we must do
We’ve gotta look further and through
Mirror, mirror
We can’t stall forever
Mirror, mirror
It’s now or never

Ma traduction / interprétation :

Comme c’est moi qui ai écrit le texte original, je me sens naturellement assez légitime pour le réinterpréter à l’occasion de cette traduction, ne vous offusquez donc pas si la traduction n’est pas tout à fait littérale.

Il y a des choses qui ne vont pas
Et on fait du sur-place
On ressent le besoin de prendre de nouvelles orientations
Mais on assiste à une éternelle répétition

Maintenant je sais, je sais
Personne ne croira ce que j’ai vu
J’ai vu l’aube d’une nouvelle époque formidable
Je l’ai vue s’éloigner dans le rétroviseur

Miroir, miroir
Je cherche des réponses
Mais de mon humble point de vue
Ce n’est pas vers toi qu’il faut se tourner
Miroir, miroir
Le passé n’est pas la réponse
Nous devons changer notre point de vue
Et imaginer un nouveau monde

La situation appelle davantage de réflexion
Un sens clair, et une vision claire
Nous avons besoin d’un changement, d’un changement de perspective
L’image que tu renvoies est tellement déformée

Miroir, miroir
Nous cherchons tous des réponses
Et de mon humble point de vue
Ce n’est pas vers toi que nous devrions nous tourner
Miroir, miroir
Le passé n’est pas la réponse
Nous devons changer notre point de vue
Et imaginer un nouveau monde

Quand je regarde en arrière, je vois qu’on tourne en rond
Et je nous vois coincés dans l’angle mort
Quand je regarde en arrière, je vois qu’on tourne en rond
Et je nous vois coincés dans l’angle mort

Miroir, miroir
On ne peut pas tergiverser éternellement
Maintenant, je sais ce qu’on doit faire
On doit regarder plus loin et au-delà
Miroir, miroir
On ne peut pas tergiverser éternellement
Miroir, miroir
C’est maintenant ou jamais

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